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ASSASSINAT POLITIQUE

Qui se cache derrière le meurtre des trois activistes kurdes?

La communauté kurde de France, qui compterait environ 150 000 membres, a été la cible d’un triple meurtre, jeudi 10 janvier. De nombreuses pistes sont explorées pour comprendre qui pourrait être à l’origine de l’assassinat de ces trois militantes du PKK, des pistes qui pourraient bien conduire à un mobile politique.

Photo : Capture d'écran vidéo

Dans le 10ème arrondissement de Paris, l’enquête de la police démarre et les enquêteurs chargés de trouver les auteurs du meurtre, jeudi 10 novembre, de trois activistes kurdes, vont sans doute se retrouver face à une organisation de très grande ampleur.

Le Turquie commanditaire ?

Trois théories sont étudiées pour le moment. La première est celle que les Kurdes mettent eux-mêmes en avant. La Turquie, qui mène en ce moment des pourparlers de paix avec la communauté kurde de Turquie, serait responsable de ce meurtre.

Pour les Kurdes de Paris, il n’y a aucun doute sur cette question et quelques heures après le meurtre, les manifestants réunis devant l’immeuble où les trois activistes ont été tuées, scandaient les slogans de : « Turquie assassin, Hollande complice ! » et de « Nous sommes tous PKK ! »

Même son de cloche chez Kendal Nezan, président de l’institut kurde de Paris interrogé sur BFM TV. Selon ce dernier, il s’agit « évidemment […] d’un assassinat politique puisque la principale personne visée est une responsable du PKK, une figure connue tant en Turquie qu’en Europe. »

En effet, Parmi les trois victimes figure Sakina Canzig, co-fondatrices du PKK et proche d’Abdullah Ocalan, le principal dirigeant du mouvement séparatiste emprisonné à vie en Turquie depuis 1999.

L’extrême droite kurde contre la paix avec la Turquie

Pour la Turquie, qui a rejeté toute responsabilité dans ce triple meurtre, le complot viendrait de l’intérieur du PKK. Pour être exact, de la banche droite de ce mouvement séparatiste qui serait farouchement opposé aux négociations de paix qui se déroulent actuellement entre le PKK et les autorités turques.

Comme le confirment certains experts, la Turquie n’aurait pas d’intérêts à mettre un terme à des négociations qui doivent apporter la paix dans un conflit qui dure depuis 1984.

« Nous savons bien que, depuis des années, il y a des sensibilités différentes au sein du PKK. Il y a une aile radicale qui ne croit pas au compromis et veut mener la lutte armée jusqu’au bout, » indique ainsi Didier Billot, spécialiste de la question turque à l’Institut des relations internationales et stratégiques (Iris) sur France 24.

L’extrémisme kurde est également présent au sein du mouvement des Loups Gris. Ces extrémistes de droite pourraient également vouloir saboter le processus de paix.

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