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NORVÈGE

Contre-expertise: Anders Behring Breivik n'est pas fou

Anders Behring Breivik, l’auteur des attaques du 22 juillet 2011 en Norvège, ne serait pas fou et peut être considéré comme pénalement responsable de ses faits et gestes. Ce sont les conclusions d’une nouvelle évaluation psychiatrique qui vient contredire les résultats d’une première expertise officielle à la fin de l’an dernier. À six jours de l’ouverture de son procès, le débat sur le sort du meurtrier est ainsi relancé.

Anders Behring Breivik
Le 22 juillet 2011, Anders Behring Breivik a tué 77 personnes en ouvrant le feu sur des jeunes militants travaillistes réunis en camp d’été sur l’île d’Utoeya, juste après avoir fait exploser une bombe près du siège du gouvernement. Une première expertise, publiée le 29 novembre dernier, avait conclu que le jeune fanatique d’extrême-droite souffrait de « schizophrénie paranoïde ». Alors, Anders Behring Breivik, fou criminel ou criminel fou ? Mérite-t-il un internement psychiatrique ou une peine de prison ?

D’après la contre-expertise, Breivik n’est pas fou

Des médecins lui ont fait subir une nouvelle série de tests, dix employés d’un hôpital psychiatrique l’ont observé en permanence pendant plusieurs jours et leur verdict ne laisse pas l’ombre d’un doute : Anders Behring Breivik, ne souffre pas de psychose.

Le terroriste « n'était pas psychotique au moment des faits », ont expliqué les deux experts psychiatres, lors d'un point de presse. « Il y a un risque élevé de récidive », ont précisé Agnar Aspaas et Terje Toerrisen qui estiment avoir disposé « d'autant, voire plus de matériels » que leurs confrères pour évaluer la santé mentale d’Anders Behring Breivik. « Nous sommes aussi sûrs (de nos conclusions, ndlr) que cela est possible », ont-ils dit.

Leur épais rapport s'appuie notamment sur onze entretiens avec l'accusé, trois semaines d'observation permanente et les procès-verbaux des auditions par la police.

Un rebondissement à six jours du procès

Cette contre-expertise a été commandée après le tollé soulevé par la première expertise. Elle est publiée six jours seulement avant l'ouverture du procès de l'extrémiste. Comme la première, la nouvelle expertise est provisoire et n'a qu'une valeur consultative.

En dernier ressort, il reviendra aux juges du tribunal d'Oslo, dans leur verdict attendu en juillet, de trancher l'épineuse question de la responsabilité pénale d’Anders Behring Breivik, laquelle déterminera son sort : la prison ou l'asile.

Anders Behring Breivik se déclare responsable mais pas coupable 

Les nouvelles conclusions confortent la ligne de défense des avocats d’Anders Behring Breivik qui, à sa demande, vont s’efforcer de faire reconnaître sa responsabilité pénale.

Se déclarant en croisade contre l'« invasion musulmane » et le multiculturalisme en Europe, Anders Behring Breivik estime en effet qu'être déclaré irresponsable invaliderait son idéologie, résumée dans le manifeste qu'il avait diffusé le jour des attaques.

S’il a reconnu être l'auteur de l'attentat à la bombe contre le siège du gouvernement norvégien le 22 juillet, et de la fusillade, peu après, contre le rassemblement de jeunes sur l'île d'Utoeya, près d'Oslo, s'il reconnaît ces faits, Anders Behring Breivik refuse en revanche de plaider coupable. Il estime qu'il s'agissait d'un acte de guerre et que son geste était « atroce mais nécessaire ».

La peine maximale prévue par la loi norvégienne pour ce type d'affaires est de 21 ans de prison. Toutefois, une forme de rétention de sûreté permet de maintenir un détenu derrière les barreaux tant qu'il est considéré comme dangereux.

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