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ÉLYSÉE 2012

Le gouvernement de François Hollande sera-t-il paritaire ?

« Le féminisme, le combat pour l’égalité est un enjeu national ». Si François Hollande respecte ses promesses, le principe de parité parfaite pourrait faire son entrée au gouvernement. Si l’Europe est attachée à cette égalité hommes/femmes, qu’elle considère comme un fondement de la démocratie, les pays européens ne sont pas nombreux à accorder la même place aux femmes dans leurs gouvernements.

Photo : Parti Socialiste
François Hollande l’avait promis, mais le fera-t-il ? La parité gouvernementale est un cheval de bataille du Parti socialiste et le candidat vainqueur à l’élection présidentielle compte bien constituer un gouvernement où hommes et femmes travailleront ensemble et à parts égales.

« Avoir autant d'hommes que de femmes dans un gouvernement »

Le 2 mars dernier, en pleine campagne présidentielle, le candidat socialiste dévoilait ses propositions en termes d’égalité des sexes et de droits des femmes, assurant qu’il s’engagerait à former un gouvernement mixte pour diriger la France, s’il était élu.

« Ce serait un bon principe que d’avoir autant d’hommes que de femmes dans un gouvernement », déclarait-il précisant, « cela ne veut pas dire que les responsabilités seraient les mêmes ».

Le successeur de Nicolas Sarkozy veut prendre exemple sur le parti politique qui l’a porté au pouvoir et qui, selon lui, respecte des principes de stricte égalité entre les hommes et les femmes depuis cinq ans. « Depuis 2007, le Parti socialiste respecte la loi et ne paie pas d’amendes. »

« Le féminisme, le combat pour l’égalité est un enjeu national et international. »

Non élu à l’époque, celui-ci avait conclu en affirmant que s’il devenait Président, il « constituerait un gouvernement qui serait paritaire et qui rétablirait le ministère du Droit des Femmes ».

Suède et Finlande, champions d’Europe de la parité gouvernementale

Si le féminisme est un enjeu international pour François Hollande, le nombre de pays respectant à la lettre le principe de mixité dans les gouvernements est faible. Aujourd’hui en Europe, seules la Suède et la Finlande sont en mesure de se vanter d’avoir un gouvernement où hommes et femmes se partagent les tâches de manière égale.

Les derniers chiffres de la Fondation Robert Schuman, centre de recherche et d’études sur l’Union Européenne, en date du 23 avril 2012, dessinent une Europe qui, si elle promeut l’égalité des sexes comme fondement de la démocratie, rencontre de nombreuses difficultés pour mettre en place ce principe.

La Suède reste, à ce jour, un pays modèle pour l’Union Européenne. Sous la direction de Fredrik Reinfeldt, le gouvernement suédois, en place depuis le 19 septembre 2010, est composé de 24 ministres dont 13 femmes. Celles-ci sont donc représentées à 54,17%.

Plusieurs portefeuilles ministériels « importants » ont donc été confiés à des femmes. Ainsi, le ministère de la Défense est tenu par Karin Enström, la Justice est entre les mains de Béatrice Ask, l’Emploi est dirigé par Hillevi Engström tandis qu’Ewa Björling gère le portefeuille du Commerce.

Si la Finlande n’est pas en tête de liste, l’équilibre de son gouvernement est néanmoins très respectable. Le pays s’est d’ailleurs déjà fait remarqué pour son zèle en termes d’égalité hommes/femmes. En 2009, le gouvernement finlandais était constitué de 20 ministres dont 12 femmes. Aujourd’hui, et depuis le 17 avril 2011, 19 ministres constituent le gouvernement, parmi eux, 9 femmes, soit une représentation de 47,37%. À la tête de ce gouvernement, Jyrki Katainen a notamment confié les portefeuilles des Finances, de la Justice et de l’Intérieur à des femmes.

La France, 18ème dans le classement européen de la parité

En troisième position, l’Autriche qui a confié six ministères sur 14 à des femmes. Le chancelier fédéral Werner Faymann a nommé des femmes, depuis le 13 avril 2011, aux Finances, à l’Intérieur, à la Justice mais aussi à l’Enseignement, aux Transports et bien entendu à la Condition féminine.

Le Danemark et la Belgique ferment la marche de ce top cinq des pays, bons élèves de l’Europe en termes de parité. La Première ministre danoise Helle Thorning-Schmidt a nommé 9 femmes dans son gouvernement constitué de 23 ministres, pour une représentation de 39,13%. Derrière elle, la Belgique, et son gouvernement récemment constitué par Elio Di Rupo, compte cinq femmes parmi ses 13 ministres.

Dans l’Europe des 27, les femmes sont représentées à 23,30% dans les gouvernements nationaux. Une moyenne qu’est bien loin d’atteindre la France, classée en 18ème position, avec 16% de femmes dans son gouvernement.

Quelques personnalités féminines autour de François Hollande

Le défi est de taille pour François Hollande et déjà, quelques noms féminins, quelques personnalités se sont fait remarquées et seraient susceptibles d’intégrer le nouveau gouvernement du président.

En tête de liste, la première secrétaire du PS et maire de Lille, Martine Aubry, pourrait briguer le poste de Premier ministre. Si d’autres lui sont préférés, elle serait sans doute envoyée dans un grand ministère. Ségolène Royal, ancienne compagne du président, longtemps pressentie pour devenir présidente de l’Assemblée Nationale, pourrait se voir attribuer un portefeuille ministériel.

Najat Vallaud-Belkacem, la petite jeune du PS et porte-parole de François Hollande durant sa campagne, est également pressentie pour prendre les rênes d’un ministère ou d’un secrétariat d’État. Marisol Touraine, députée d’Indre-et-Loire s’est largement imposée durant cette campagne et pourrait bien être récompensée lors de la formation du premier gouvernement du mandat de François Hollande.

D’autres personnalités comme Delphine Batho, députée des Deux-Sèvres, Aurélie Filippetti, députée de Moselle ou encore Christiane Taubira, députée de la Guyane et ancienne candidate à l’élection présidentielle de 2002, pourraient bien faire leur première entrée dans le gouvernement de François Hollande.

Le nouveau président prendra ses fonctions lors de la passation de pouvoir organisée le 15 mai prochain. S’il peut compter sur ces sept femmes, présentes durant sa campagne, arrivera-t-il à respecter ce principe de mixité si cher à son programme ?

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