Connexion

CRISE DE LA DETTE

Grèce : Berlin ne transigera pas sur l'austérité

Les difficultés de la population grecque risquent fort de ne pas émouvoir Angela Merkel. L'Allemagne n'envisage pas d'alléger les mesures d'austérité imposées par l'Europe.

Un euro grec. (dullhunk/cc)
Berlin ne transigera pas sur l'austérité : récession ou pas, l'Allemane entend bien s'assurer que les mesures de rigueur décidées pour la Grèce soient mises en application intégralement avant d'accorder un second prêt.

Le ministre des Finances allemand, Wolfgang Schäuble, s'est exprimé à propos du « problème grec » devant la télévision publique ZDF : « Nous sommes mieux préparés qu'il y a deux ans. Venir en aide à la Grèce efficacement est possible, mais évidemment, il faut qu'Athènes le souhaite vraiment... »

Le sous-entendu est clair : si la Grèce veut recevoir l'aide de Berlin, il lui faudra accepter l'austérité préconisée par l'Europe. En mai 2010, le plan de sauvetage avait permis au pays de recevoir un prêt de 110 milliards d'euros pour se maintenir à flot. Alors que s'ouvre une cinquième année de récession d'affilée, Athènes nécessite une fois encore l'aide de ses voisins.

Des remèdes qui pourrait tuer le malade

Malgré les critiques de Berlin sur l'inefficacité grecque face à la crise, le Parlement d'Athènes a approuvé une nouvelle série de mesures d'austérité profondément impopulaires afin de réduire la dette colossale de l'Etat.

Suscitant la colère de la rue et le scepticisme de Berlin, le gouvernement grec tente de persuader son créancier allemand de l'utilité d'un nouveau prêt. Du côté du Bundestag, on redoute que celui-ci s'avère très couteux sans parvenir à éviter une banqueroute de la Grèce. Les plus pessimistes parlent déjà d'un défaut de paiement lorsque tombera la prochaine échéance de remboursement au milieu du mois de mars (14,5 milliards d'euros).

Le plan de sauvetage prévu par la troïka FMI-BCE-Commission européenne et supervisé par Berlin vise à réduire le déficit du pays à 120 % du PIB, contre 160 % actuellement. Mais l'austérité à la grecque pourrait finir par asphyxier le pays : en 2011, le quatrième trimestre a vu l'économie grecque se contracter de 7 % par rapport à l'année précédente.

GlobalPost/Adaptation Emmanuel Brousse pour JOL Press

Noter
0