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ASIE

La Birmanie, elle aussi, veut jouer à la guerre

Depuis 1981, les Etats-Unis et la Thaïlande organisent chaque année le plus grand exercice militaire au monde, le Cobra Gold. S’ouvrant peu à peu à la démocratie, la Birmanie aimerait elle aussi rejoindre la partie, mais son passé autoritaire pourrait l’en empêcher.

Débarquement de troupes lors de l'exercice Cobra Gold (Photo : defenseindustrydaily.com).
Selon une dépêche de l’agence de presse japonaise Kyodo, la Birmanie pourraient rejoindre l’une des plus grandes simulations de conflits en Asie : l’exercice Cobra Gold. Une rencontre annuelle qui a pour objectif de décourager toute forme d’agression, de promouvoir la paix et d’encourager la prospérité et les idéaux démocratique.

Organisée par les Etats-Unis et la Thaïlande, l’un des premiers pays asiatiques à avoir contracté une alliance sécuritaire avec les Etats-Unis, l’opération fait montre, pendant une semaine, de l’étendue de la force de frappe américaine : exercices de tirs réels, opérations de recherche et sauvetage, débarquement avec véhicules amphibies et avions de combat. De nombreux alliés asiatiques des Américains – Japon, Corée du Sud, Singapour, Indonésie – ont rejoint l’exercice et s’entraînent ensemble pour trouver des solutions efficaces aux défis communs.

La Birmanie a-t-elle une chance d’être invitée ?

Cérémonie d'ouverture de Cobra Gold 2011 à Chiang Mai, en Thailande (Photo : Thai Army).
Les derniers mois nous ont appris à voir arriver l’impensable dans ce pays qui vient tout juste d’entrer dans un processus démocratique. Ses liens avec les Etats-Unis se sont vite réchauffés après la visite de Hillary Clinton en décembre dernier. L’envoi d’un secrétaire d’État au Myanmar (nom officiel de la Birmanie), toujours sous le coup de sanctions pour ses abus militaires, était encore impensable il y a deux ans.

Pour beaucoup, la rencontre entre la secrétaire d’État et Thein Sein, le nouveau président réformateur birman, est politiquement acceptable. Mais voir les troupes américaines marcher à l’unisson avec une armée réputée pour le travail forcé, les bombardements sur des villages ethniques et qui ouvre le feu sur les manifestants ne l’est pas. Dans l’esprit d’une majorité d'observateurs internationaux, l’armée birmane reste le mal incarné.

La Birmanie peut toujours espérer profiter d’une opportunité moins controversée, comme l’envoi de troupes afin d’observer la simulation. Mais des Marines américains prenant d’assaut une colline aux côtés d’un commando birman ? Même dans le cadre d’un exercice militaire, cela reste impensable.

GlobalPost/Adaptation Antoine Le Lay pour JOL Press

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