Connexion

Réchauffement climatique

L’Agence internationale de l’énergie s’alarme

Réchauffement climatique ou pas et, si oui, dans quelle mesure ? L’AIE publie mercredi 9 novembre ses derniers chiffres. Pas de quoi se réjouir. Les climato-sceptiques n’apprécieront pas et crieront sans doute, une fois de plus, à la conspiration…

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) est une antenne de l’OCDE qui œuvre pour la production d’une énergie propre, sûre et accessible pour ses 28 pays membres, et pour les pays non membres. Fondée pour faire face au choc pétrolier de 1973/1974, elle avait pour mission d’aider ses membres à coordonner une réponse collective aux perturbations graves des approvisionnements en pétrole.
Aujourd’hui, elle se situe au cœur du débat mondial sur l’énergie et le réchauffement climatique.

Vers une hausse de 20 % des émissions de CO2

L’AIE s’attend à une hausse de 20 % des émissions de dioxyde de carbone d’ici à 2035, avec, pour conséquence, une augmentation de la température de la planète sur une trajectoire de plus de 3,5 degrés Celsius. C’est la conclusion de son rapport publié mercredi 9 novembre.
Cette hausse de 20 % des émissions de CO2 les porterait à 36,5 gigatonnes en 2035, si bien que les émissions cumulées de CO2 de 2010 à 2035 représenteront les trois quarts des émissions des 110 dernières années.

L’objectif d’un réchauffement de 2 degrés d’ici à 2035 semble désormais illusoire

« La porte des deux degrés » de hausse de la température dans le monde, qui est l’objectif de la communauté internationale, « est fermée » si les gouvernements n’engagent pas de nouvelles actions d’ici à 2017, prévient l’AIE.
La marge de manœuvre est étroite car 80 % des émissions de CO2 autorisées d’ici à 2035 pour rester sur la trajectoire des 2 degrés sont déjà là, dans des usines, des centrales électriques ou des bâtiments en fonctionnement ou en construction.

Il faut investir pour réduire la facture

L’AIE invite donc les États à investir « sans tarder » pour réduire la facture. Sinon, pour 1 dollar d’investissement dans les technologies « propres » qui ne sera pas dépensé avant 2020, il en coûtera 4,30 dollars supplémentaires pour compenser l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre.
Une des options clés pour réduire les émissions est la mise en place des techniques de capture et stockage de CO2, redit l’AIE qui met en garde contre les barrières législatives ou techniques à ces solutions, alors que l’utilisation du charbon va grimper de 65 % d’ici à 2035.

L’abandon du nucléaire est prématuré

L’AIE met en garde les pays, comme l’Allemagne ou la Belgique, tentés de se désengager, trop vite, entièrement ou partiellement, du nucléaire.
Si aucune nouvelle centrale n’est construite dans les pays de l’OCDE, si la durée de vie des centrales est réduite de cinq ans et si les pays non membres de l’OCDE disposent, à l’horizon 2035, de la moitié de leurs capacités anticipées, les capacités de production nucléaires mondiales pourraient chuter de 15 % en 2035. La part du nucléaire dans la production d’électricité baisserait donc de moitié, passant de 13 % à 7 %.
Or, la consommation mondiale d’énergie – hydrocarbures, nucléaire, renouvelables – va continuer d’augmenter d’environ un tiers d’ici à 2035, tirée par les pays non membres de l’OCDE, qui représentent 90 % de cette demande.
Que les pays tentés par le charbon ou le gaz se méfient, ces méthodes émettent bien plus de CO2 que le nucléaire. De plus, sans le nucléaire, l’indépendance énergétique des pays producteurs serait « mise en péril » parce que leurs sources d’énergie seraient moins diversifiées et dépendantes à nouveau de zones géopolitiques sujettes à déstabilisation.

Pas vraiment le choix…

Et si les États renonçaient aux actions promises, la planète suivrait une trajectoire de hausse de la température de 6° C, ajoute l’AIE. Un scénario digne d’un film-catastrophe hollywoodien...

Noter
0