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Dans le rétro

Les temps forts de l’année 2011: de janvier à mars

À l’heure des bilans, 2011 a été particulièrement riche en actualité. Il est encore un peu tôt pour tirer tous les enseignements des événements de l’année, pour envisager leurs suites et leurs portées. Avant tout, nous vous proposons un court voyage de quelques mois en arrière, afin de passer en revue ces grands, heureux ou malheureux, moments de l’année. Première étape : de janvier à mars…


>Un printemps en hiver : le « réveil arabe »


L’étincelle tunisienne

A Sidi Bouzid
À Sidi Bouzid, Mohammed Bouazizi, vendeur ambulant de 26 ans, s’immole par le feu après une altercation avec une policière. Ce suicide suscite une vague de colère qui, rapidement, s’étend à l’ensemble du pays. « Ben Ali, dégage ! » scande la foule en français. Le pouvoir menace, réprime, mais, dès le 14 janvier, Zine el-Abidine Ben Ali, au pouvoir depuis 23 ans, prend la fuite, direction l’Arabie Saoudite. La « Révolution de jasmin » n’est pas, pour autant, terminée.


Début février, des milliers de Tunisiens fuient vers l’île italienne de Lampedusa et l’Union européenne. Le 27 février, après de nouvelles manifestations violentes, le Premier ministre Mohammed Ghannouchi est remplacé par l’ancien ministre de Bourguiba, Béji Caïd Essebsi. Le 3 mars, le président par intérim Fouad Mebazaa annonce l’élection d’une Assemblée constituante, le 24 juillet.


L’effet domino

Le 19 janvier, l’Égyptien Amr Moussa, secrétaire général de la Ligue arabe déclare : « Les citoyens arabes sont dans un état de colère et de frustration sans précédent ».  Les raisons : des pouvoirs sclérosés et des difficultés économiques avec, notamment, un fort chômage des jeunes.
Dix jours plus tard, de nombreux pays arabes sont touchés : Jordanie, Algérie, Soudan, Oman, Mauritanie, Maroc…
Au Yémen, les premiers rassemblements se déroulent le 29 décembre 2010 pour demander le départ du président Saleh. Le 2 février, celui-ci annonce qu’il ne sollicitera pas de nouveau mandat en 2013. Les manifestations s’intensifient.
À Bahreïn, les manifestants, notamment, des Chiites, discriminés, se réunissent place de la Perle à Manama. Le 14 mars, des forces venues des autres pays du Golfe interviennent pour mater la révolte. Réussi !


Place Tahrir au Caire…

Place Tahrir au Caire
Des manifestations massives débutent en Égypte, le 25 janvier. Le mouvement est durement réprimé, les moyens de communication sont suspendus, un couvre-feu est instauré. La place Tahrir, au cœur du Caire, est occupée jour et nuit et, le 1er février, huit millions d’Égyptiens descendent dans la rue. Les Frères musulmans, organisation islamiste, rejoignent le mouvement mais restent discrets.
Le 11 février, Hosni Moubarak, au pouvoir depuis 30 ans, démissionne et transmet la gestion du pays au Conseil suprême des forces armées. Les manifestations et les grèves se poursuivent. Deux jours plus tard, le parlement est dissous et la Constitution est suspendue – avant d’être réformée par référendum le 19 mars.


Vers la guerre civile en Libye

Dès le déclenchement du soulèvement en Tunisie, le colonel Kadhafi adopte des mesures préventives pour éviter la contagion. Le 15 février, la contestation éclate à Benghazi. Une manifestation y est réprimée à l’arme de guerre. L’est du pays s’enflamme en premier mais, six jours plus tard, tout le pays est touché, y compris Tripoli.

Le 23 février, l’est passe sous le contrôle des insurgés. Un Conseil national de transition (CNT) est formé le 27. Depuis la Place verte à Tripoli, Mouammar Kadhafi dénonce un complot d’Al-Qaïda. À partir du 6 mars, ses forces regagnent du terrain. Devant la violence des exactions commises, le Conseil de sécurité de l’ONU est saisi et vote une zone d’exclusion aérienne pour empêcher l’aviation libyenne de bombarder les civils. Deux jours plus tard, la coalition, constituée notamment de la France, des États-Unis, du Royaume-Uni et du Qatar, commence ses frappes.


En Syrie, la machine totalitaire se met en branle

À partir du 15 mars, des manifestations quotidiennes se déroulent en Syrie : Damas, mais aussi Dara, Homs, Banias, des noms qui finiront par s’habituer aux Unes de la presse mondiale. Le pouvoir de Bachar al-Assad répond  avec toutes les armes totalitaires dont il dispose... et n’entend pas lâcher prise...


>Catastrophes : comme si la nature rappelait les hommes à l’ordre


Dès les premiers mois de l’année, la nature donne le ton. Janvier apporte son lot de catastrophes naturelles 


Le déluge au Brésil

Les Brésiliens sont les premiers touchés. Pendant plusieurs jours, des pluies diluviennes s’abattent sur le pays, provoquant inondations et glissements de terrain. Le bilan pourrait avoir atteint les 1 000 morts. La présidente Dilma Rousseff promet des aides fédérales.


Secousse aux antipodes

La Nouvelle-Zélande subit en moyenne 15 000 secousses par an, pourtant, personne ne s’attendait au séisme qui a frappé la ville de Christchurch le 22 février. Victime d’un tremblement de terre de magnitude 6,3, la deuxième ville du pays subit de graves dommages, chiffrés à 8 milliards d’euros. Le 12 mars, le bilan est de 166 morts.


Le spectre de Tchernobyl plane sur Fukushima


Mars restera un mois de deuil dans de nombreuses mémoires japonaises. Le 11 mars, un séisme de magnitude 9 se déclenche dans le Pacifique, le tremblement de terre le plus violent que connaît le pays depuis 140 ans. Un tsunami s’abat ensuite sur les côtes de l’île de Honshu, une vague pouvant atteindre jusqu’à 30 mètres et s’enfonçant jusqu’à 10 km dans les terres. Ce tsunami ravage tout sur son passage. Puis c’est la catastrophe nucléaire de Fukushima qui achève le sort des Japonais. Parmi les centrales nucléaires touchées par les éléments, celle de Fukushima Daiichi est particulièrement ébranlée. Les réacteurs 1 et 2 perdent leurs systèmes de refroidissement. Jusqu’au 15 mars, plusieurs explosions viennent détruire les structures internes et externes des réacteurs touchés. Le 16 mars, le bilan provisoire des victimes annonce 4 316 morts et une projection définitive envisage un bilan de 10 000 victimes. Trois mois plus tard, le bilan définitif est en fait de 23 500 morts dont 8 000 n’ont jamais été retrouvés.


>Pendant ce temps-là, autour du monde... 


1er janvier

Union européenne – L’Estonie devient le 17e membre de la zone euro


BrésilDilma Rousseff est investie présidente de la République fédérative du Brésil



G8 La France prend la présidence tournante


18-19 janvier - Hu Jintao à Washington : concurrent ou partenaire ?

Il y a cinq ans, le président chinois Hu Jintao avait trouvé un peu sommaire l’accueil que lui avait réservé le président George W. Bush… Cette fois-ci, c’est une visite d’État en bonne et due forme à laquelle il a droit : souper en tête-à-tête avec Barack Obama, accueil officiel ponctué des 21 coups de canon traditionnels et suivi d’entretiens bilatéraux, d’une conférence de presse commune et d’un dîner d’État à la Maison Blanche. Une visite qui n’est pas dépourvue de tensions, malgré la volonté affichée des deux grandes puissances d’aplanir leurs différences après une année marquée par de nombreux accrochages, et au début d’une année de nouveau cruciale pour les relations sino-américaines.


Sujets de tensions : le déficit budgétaire américain et la surévaluation du yuan chinois, la modernisation de l’armée chinoise et la présence croissante des Américains en Extrême-Orient… et la question des droits de l’Homme.


3 février

Chine – Début de l’année du Lapin


17 février

Belgique – Manifestations alors que le pays est sans gouvernement depuis 249 jours, un record de vacance du pouvoir jusqu’alors détenu par l’Irak



23 février

Grèce – Journée de grève générale contre la politique d’austérité du gouvernement de George Papandréou. De violents affrontements se produisent entre manifestants et forces de l’ordre.


23 mars

Portugal – Le Premier ministre socialiste José Socrates remet sa démission au président de la République


États-Unis – Décès de l’actrice Elizabeth Taylor



 
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