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MAROC

Renault inaugure une usine low-cost à Tanger

Le numéro 1 français de l'automobile inaugure à Tanger, jeudi 9 février, une nouvelle usine destinée au développement de sa gamme low-cost. Pour la première fois depuis 1998, le groupe ouvre un nouveau site de production. Mais cette usine pilote, qui se veut un modèle en matière d'environnement, ne constitue-t-elle pas une menace pour la production et les emplois dans l'Hexagone ?

L'usine de Renault s'étend sur une surface de 300 hectares à proximité du port de Tanger.

Un projet géant sur un emplacement stratégique

Résultat d’un investissement de 1 milliard d’euros par le groupe automobile et ses partenaires, l’usine Renault de Tanger s’étend sur 300 hectares. L'emplacement permettra facilement au groupe de fournir ses points de vente à travers le monde, notamment ceux du bassin méditerranéen. L’usine est située à 30 kilomètres du port de Tanger et à quelques kilomètres des côtes de l’Espagne.

Sa capacité de production annuelle est de 170 000 véhicules, mais elle devrait rapidement atteindre les 400 000 unités

Une usine de production de véhicules low-cost

La production est dédiée aux véhicules développés à partir de la plateforme B0 (plateforme Logan). Un monospace de cinq à sept places, baptisé "Logfy", sera le premier modèle conçu sur ce site. Il devrait être commercialisé à partir de 10 000 euros, soit deux fois moins que la Scenic, sous la marque Dacia en Europe et dans le pourtour méditerranéen, et ailleurs sous la marque Renault. Cette orientation low-cost se justifierait par les tendances les plus récentes observées chez les consommateurs.

Un site pilote : zéro carbone, zéro rejet de liquide industriel

Les émissions de CO2 de l’usine de Tanger sont réduites de 98 % par rapport à une usine équivalente, asssure le groupe Renault. Ainsi 135 000 tonnes de CO2 seraient évitées par an, grâce à l’optimisation des consommations d’énergie et l’utilisation des énergies renouvelables. Les tonnes restantes seraient compensées soit par l’achat de crédit carbone, soit par la production d’énergie renouvelable sur le site.

L’engagement de l’Etat marocain

Le projet, lancé en 2007 a été, sans surprise, très bien accueilli par les autorités marocaines. D’un point de vue marocain, il pourrait faciliter le développement de l’industrie automobile, jusqu’alors insignifiante dans le pays – avec une seule usine Somaca à Casablanca. Le site Renault permettra le recrutement de 6 000 personnes et devrait créer 30 000 emplois dans le secteur de l’équipement.

Le gouvernement marocain a financé, à hauteur de 8 millions d’euros, un centre de formation dédié au personnel de Renault. L’Etat marocain a aussi versé au groupe français une prime d'investissement de 60 millions d'euros et construit une autoroute et une voie de chemin de fer reliant directement l'usine au port de Tanger Med. De plus, Renault jouit d’une exonération des impôts sur les bénéfices et des taxes sur les exportations pendant cinq ans.

Les inquiétudes quant aux effets sur la production en France

Comme le groupe Renault s'y était engagé en recevant trois milliards d'euros de prêt de l'Etat début 2009 pour amortir les effets de la crise, il n'a ni licencié ni fermé de site. Pourtant, il y a eu des départs négociés et des plans de départs volontaires. Début janvier, la plupart des usines de groupe en France était placées en chômage partiel.

L'ouverture de cette nouvelle usine ne risque-t-elle pas, malgré les promesses du groupe, d’affecter la production française ? Comment la production de l'usine marocaine ne finirait-elle pas par venir faire concurrence à celle de France ? Le site de Tanger ressemble fort à une "usine de tous les dangers".

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