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A travers le monde

Un calendrier électoral dense en 2012: quels enjeux?

Après la pression de la rue, la pression des urnes... 2012 est une année électorale particulièrement chargée. A la fin de l'année, au sein du seul G20, Etats-Unis, Russie, France et Mexique, qui en assure la présidence, auront vu leurs chefs d'Etat remettre leurs mandats en jeu. Ces élections majeures, JOL Press les suivra évidemment avec vous. Mais, au programme, il y a bien d'autres scrutins qui pourraient donner lieu, a fortiori dans les circonstances exceptionnelles que traverse le monde, à des bouleversements significatifs. Voici les grands enjeux de ces principaux scrutins.

 

Nous vous proposons le calendrier des principaux scrutins programmés en 2012 à travers le monde et les principaux enjeux de chacune de ces élections. Nous reviendrons ultérieurement, et régulièrement, sur ces scrutins, tout particulièrement ceux qui concernent les Etats-Unis, la Russie, la France... Un absent majeur... un grand, très grand pays qui changera, lui, à coup sûr de dirigeant en 2012 : la Chine. Hu Jintao cédera sa place à son vice-président Xi Jinping en octobre 2012 mais, évidemment, les Chinois n'auront pas leur mot à dire.

3 janvier – Début des primaires républicaines aux Etats-Unis

Le caucus de l’Iowa marque le lancement des primaires républicaines. D'ici à juin, dans chaque Etat, les électeurs républicains choisiront leur champion, celui qui affrontera le président démocrate sortant, Barack Obama, lors de l'élection du mardi 6 novembre 2012. Au sein du Great Old Party, s'affrontent modérés, ultra-conservateurs et libertariens.

Pour tout savoir sur ce processus, consultez notre dossier spécial Elections USA et notre article Les primaires : comment ça marche ?

> 3 et 10 janvier – Dernière phase des élections législatives en Egypte

Près de quinze millions d'électeurs égyptiens sont appelés à voter mardi pour leurs députés dans le dernier tiers du pays, un scrutin-marathon dominé de manière écrasante par les formations islamistes. La troisième et dernière zone de vote pour l'Assemblée du peuple (chambre des députés), comprend notamment le Sinaï, région instable frontalière avec Israël et la bande de Gaza, qui abrite aussi de vastes complexes touristiques en pleine crise, comme Charm el-Cheikh.
Des gouvernorats de Haute et Moyenne-Égypte, à forte population chrétienne copte, comme Minya ou Qena, sont également appelés aux urnes dans un climat marqué ces derniers mois par de multiples tensions avec la population musulmane. 
Les résultats enregistrés jusqu'à présent dans les deux premiers tiers du pays se traduisent par une domination sans appel des islamistes, qui recueillent environ 65% des voix toutes tendances confondues.

L'élection des députés sera suivie à partir du 29 janvier de celle des sénateurs. Le futur Parlement égyptien sera chargé de désigner une commission qui rédigera une nouvelle Constitution. L'armée, qui a pris le pouvoir à la chute du président Moubarak en février, doit remettre les rênes du pays à un pouvoir civil après une élection présidentielle prévue avant la fin juin.

> 22 janvier et 5 février – Présidentielle en Finlande : un nouveau président à Helsinki

Le président finlandais est élu pour 6 ans. Le sortant, Tarja Halonen, ayant déjà servi deux mandats, n’est pas autorisé à se représenter. Huit candidats se présentent aux suffrages finnois. Pour autant, Sauli Niinistö, candidat du Parti de la coalition nationale, mouvement libéral et conservateur, est largement en tête dans les sondages. Politique expérimenté, ancien ministre des finances et président de l’assemblée nationale, il est même parfois donné vainqueur au 1er tour.

> Du 28 janvier au 4 mars – Sept Etats indiens élisent leur assemblée

La plus grande démocratie au monde compte 713 millions d’électeurs. Dans la plupart des Etats fédérés, l'exercice démocratique s'y exerce avec une certaine maturité malgré la violence des affrontements partisans. Deux élections seront sur le devant de la scène indienne : le renouvellement des parlements dans sept Etats fédérés et l'élection présidentielle.

Rahul, le fils de Sonia et Rajiv gandhi, prend la relève
Pour ce qui est du renouvellement des parlements dans sept Etats fédérés, certains Etats seront décisifs Parmi ces Etats, l’Uttar Pradesh, dont la population dépasse, à lui seul, celle du Brésil. Les résultats y sont toujours observés avec attention compte tenu du nombre important de sièges dont il dispose dans les deux chambres fédérales, mais aussi parce qu’on y trouve historiquement les sièges de la dynastie Nehru-Ghandhi. Comme pour toutes les élections en Inde, ces scrutins se déroulent sur plusieurs phases. Le mode de scrutin est uninominal à un tour, comme dans la plupart des anciennes possessions britanniques.

En ce qui concerne l'élection présidentielle, elle devrait se tenir le 25 juillet 2012.  Le chef de l’Etat est élu au suffrage indirect pour une durée de cinq ans par un collège électoral spécial composé de membres de la Rajya Sabha, de la Lok Sabha et des Assemblées législatives des Etats. Certains présidents indiens ont exercé des responsabilités politiques avant d'être élus, la plupart au sein du Congrès national indien, cependant le rôle du président est essentiellement cérémoniel, le pouvoir exécutif étant du ressort du Cabinet que dirige le Premier ministre. L'actuelle présidente de l'Inde est Pratibha Patil, la première femme à occuper ce poste.

> 26 février – Présidentielle au Sénégal : le vieux président face au chanteur

A 85 ans, le président Abdoulaye Wade briguera un troisième mandat à la tête du Sénégal. Sa candidature est jugée anticonstitutionnelle par l’opposition : élu une première fois en 2000, et mettant ainsi fin à 40 ans de régime socialiste, il a été réélu pour 5 ans en 2007 en conséquence d’une réforme introduisant un quinquennat renouvelable une fois ; un an plus tard, en 2008, il rétablit le septennat.

En réaction, lundi 2 janvier, le chanteur Youssou N’Dour a rendu publique sa décision de se présenter. Fin novembre, il avait mis entre parenthèse sa carrière musicale pour lancer son mouvement politique, « Fekke Maci Boolé » (« Je suis engagé » en wolof). Pour sa campagne, il pourra s’appuyer sur le groupe de presse qu’il dirige.
Des manifestations ont eu lieu un peu avant Noël et la situation se tend au Sénégal.

> 4 mars – Présidentielle en Russie : Poutine résistera-t-il à la pression de la rue ?

Vladimir Poutine tentera de retrouver le Kremlin après 4 ans à la Maison Blanche - la résidence du premier ministre russe. Les fraudes qui ont entâché le scrutin législatif du 4 décembre ont entrainé une vague de manifestations à la fin de l'année. une fois passée la trêve du Noël orthodoxe, la contestation s'amplifiera-t-elle ? L'opposition, fortement divisée, parviendra-t-elle à se réunir pour présenter un candidat alternatif ou, au moins, mettre Poutine en ballottage ?  

> 10 mars – Législatives anticipées en Slovaquie

En octobre 2011, dans le cadre de la crise de la dette, la coalition de droite au pouvoir depuis juin 2010 est tombée sur le refus des libéraux de voter l’augmentation du FESF. Un accord a été trouvé entre les Chrétiens-démocrates et les Sociaux-démocrates, à une condition : l’organisation d’élections anticipées.
Les Slovaques vont donc, ce jour-là, renouveler les 150 membres de la chambre basse de leur parlement.

> 1er Avril - Législatives partielles en Birmanie : le retour d'Aung San Suu Kyi

Aung San Suu Kyi
Le 1er avril 2012 est la date retenue par les autorités birmanes pour organiser les élections législatives partielles.
Au moins 48 sièges seront disputés, dont 40 dans la chambre basse, six dans la chambre haute et deux dans des assemblées régionales.
La chef de l'opposition Aung San Suu Kyi, qui se présente dans une circonscription au sud de Rangoun, pourrait faire son entrée au parlement.
Le parti proche des militaires dispose d'une très large majorité aux assemblées. La junte militaire birmane, au pouvoir depuis 1962, a laissé place en mars à un pouvoir civil à la suite d'élections législatives en novembre 2010.

> Avant la fin avril – Des élections anticipées en Grèce : Lucas Papademos remercié ?

Lucas Papademos
Mardi 27 décembre, le premier ministre Lucas Papademos, à la tête d’un gouvernement d’union nationale, annoncé que des élections anticipées se tiendraient entre Pâques et la fin avril. Avec une économie en pleine récession, le gouvernement a de plus en plus de mal à atteindre ses objectifs d'assainissement des finances publiques et certains au sein du cabinet commencent à suggérer que d'autres mesures d'austérité seront nécessaires.
Jusqu'ici, la Nouvelle Démocratie, la droite dirigée par Antonis Samaras, qui figure en tête des sondages en vue des élections, insistait pour que le scrutin ait lieu en février.  
Sur le front de la crise de la dette, l’avenir du pays se décidera entre le 16 janvier et les deux ou trois semaines suivantes, au cours des négociations sur le nouveau programme d'aide de la zone euro, dont le plan de refinancement de la dette.

> 22 avril & 6 mai / 10 & 17 juin – Présidentielle et législatives en France 

Les deux rendez-vous majeurs qui rythment la vie politique française tombent désormais tous les cinq ans à un mois et demi d'écart.
Primauté à la présidentielle : s'il n'a pas encore officiellement confirmé son intention de solliciter un second - et dernier - mandat, comme l'y autorise la Constitution, les observateurs considèrent comme très probable la candidature du président Nicolas Sarkozy. Le parti socialiste a choisi pour le représenter, aux termes de primaires citoyennes, François Hollande, ancien premier secrétaire et député de Corrèze. Y aura-t-il, comme lors de précédentes élections, un troisième "homme" ? Ce troisième sera-t-il une femme ? A ce jour, les sondages créditent de scores élevés la candidate du Front National, Marine Le Pen. Dernier candidat au podium en ce début d'année, le candidat centriste François Bayrou. La liste définitive des candidats sera connue en mars, une fois confirmée l'obtention des 500 signatures de grands élus, indispensables à la candidature. 

> 1er juillet – Mexique : le retour du Parti révolutionnaire institutionnel ?

En vertu de la constitution mexicaine de 1917, le président Felipe Calderon, candidat du Parti d’action nationale (PAN), élu en 2006, n’est pas en mesure de se représenter.
A l’heure actuelle, les sondages prédisent une large victoire du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI), qui a gouverné sans partage, avec autoritarisme et clientélisme, de 1929 à 2000. Son candidat Enrique Pena Nieto frôle les 40% contre 25% pour ses principaux adversaires, Josefina Vasquez Mota, du Parti d’action nationale (PAN) et Andres Manuel Lopez Obrador, du Parti de la révolution démocratique (PRD, gauche). Le PRI serait donc sur le point de reconquérir le pouvoir cédé, durant deux sexennats, aux présidents conservateurs, Vincente Fox et Felipe Calderon. Le PRI garde l’image d’une structure forte, garante de l’ordre public alors que, depuis que le président Calderon a déclaré la guerre aux cartels de la drogue, l’insécurité a explosé. En politique étrangère, le PRI est moins dogmatique que le PAN et peut entretenir à la fois de bonnes relations avec les Etats-Unis et Cuba.

> Octobre - Chine - Hu Jintao devrait céder son poste de secrétaire général du Parti communiste chinois à Xi Jinping

Transaction programmée et en douceur entre Hu Jintao et, a priori, Xi Jinping. Avant de prendre les rênes de l'Etat, le premier représentant de la cinquième génération de dirigeants chinois s'installe aux commandes du PCC. Le choix du successeur d'Hu Jintao aura, d'ici là, fait l'objet d'apres négociations entre les différents clans du parti unique, défendant chacun des orientations politiques divergeantes, même si aucune ne remet en cause le contrôle du pays par le Parti. 

> 6 novembre – Etats-Unis : Election Day aux Etats-Unis… et de deux pour Barack Obama ?

Barack Obama est candidat à un second mandat de quatre ans. Face à lui, il aura pour principal adversaire le représentant du parti républicain. Celui-ci est choisi dans le cadre des primaires qui ont commencé mardi 3 janvier par le caucus de l'Iowa.

>Consultez notre dossier spécial : Elections USA 2012

> 19 décembre – Présidentielle en Corée du Sud : tel père, telle fille ?

Le président de la République est élu pour un mandat de cinq ans au suffrage universel direct, à un seul tour de scrutin, par l'ensemble des citoyens âgés de plus de 20 ans. Il n'est pas rééligible. Les candidats à l'élection présidentielle doivent être âgés d'au moins 40 ans. La campagne officielle dure trois semaines, du 27 novembre au 18 décembre. Le président Lee Myung-bak a annoncé qu'il ne se représenterait pas conformément à la constitution de la Corée du Sud.

Park Geun-hye
A un an du scrutin, de nombreux sondages d’opinions donnent la victoire à Park Geun-hye du Grand Parti National au pouvoir. Le cas échéant, elle serait la première femme présidente de la Corée du Sud.
Si son style politique est perçu comme rafraîchissant, c’est une personnalité bien connue puisqu’elle est la fille de l’ancien dictateur Park Cheung-hee,  un héros national parmi les partisans de la droite radicale qui, d’une poigne de fer, a dirigé la Corée du Sud de 1963 à 1979, à la suite du coup d’état de 1961, avant d’être assassiné par son chef des renseignements. Sa fille est fière de son héritage, qui marqua le début du boom économique sud-coréen.
En 2007, Park avait perdu les primaires de son parti face à Lee. Si elle l’emporte cette fois, ce ne sera pas tant à cause de son héritage que de son charisme et de son sérieux. Elle serait plutôt Margaret Thatcher qu’Eva Peron ou Sarah Palin. La gauche l’accuse, pour sa part, d’avoir les mêmes ambitions autoritaires que son père.

>Zimbabwe : des élections avant la fin mars ?

Début décembre 2011, lors d’un Congrès de son parti, le ZANU-PF, le vieux président zimbabwéen, Robert Mugabe, 87 ans, au pouvoir depuis 1980, a insisté sur la tenue d'élections générales en 2012 pour mettre fin à la cohabitation avec son opposant, le Premier ministre Morgan Tsvangirai. Sans successeur désigné au sein de son parti éminemment divisé, Robert Mugabe entend se représenter. L’opposition, victime depuis 2000 de violences à son encontre à chaque scrutin, insiste de son côté sur la réalisation de réformes avant les élections.

>Tunisie : une nouvelle Constitution et des élections ?

L’assemblée constituante élue le 23 octobre a pour principal mandat de rédiger une nouvelle Constitution pour la Tunisie. Les plans seraient d’achever ces travaux dans le courant de l’été afin de permettre l’élection de nouveaux pouvoirs législatif et exécutif, en vertu de la nouvelle loi fondamentale au cours du dernier trimestre 2012 ou, au plus tard, début 2013.

>Italie : Mario Monti tiendra-t-il la route ?

Le terme normal du mandat législatif en cours en Italie est fixé à 2013. Mais, Mario Monti saura-t-il conserver l’appui de ses soutiens jusque-là ? La droite berlusconienne ou la gauche démocratique n’auront-ils pas intérêt à un moment ou à un autre de provoquer des élections générales anticipées ? Combinazione, combinazione…  

>Royaume-Uni : et si Cameron tentait un coup de Trafalgar ?

David Cameron
Petit pari pour finir. 2012 est une année importante pour le Royaume-Uni, les Jeux Olympiques à Londres, mais aussi les 60 ans de règne de la reine Elizabeth II. Et si toutes ces célébrations dopaient le moral des britanniques, et si la croissance repartait un peu à la hausse, et si la fermeté de David Cameron sur la scène européenne faisait également grimper sa cote de popularité... et si David Cameron était tenté, à l'automne, un peu plus de deux ans après la formation d'une coalition avec les Libéraux-démocrates au lendemain des élections de mai 2010, d'obtenir seul une majorité absolue ? Un pari risqué et courageux mais pas impossible...

>Un clin d'oeil pour finir : ce dessin comique de Kal dans The Economist du 31 décembre 2011

 

On y voit justement les mascottes des pays du G20 où se dérouleront des élections en 2012. La souris mexicaine commence : "J'ai horreur des années électorales". Le coq français poursuit : "Tous ces torrents de boue déversés..." Vient le tour de l'aigle américain : "Ces milliards de dollars dépensés !" puis l'ours russe : "Toutes ces urnes à bourrer". Le dragon chinois boit tranquillement son thé. Sous ses pattes, écrasés, des petits chinois : "Au moins, vous avez des élections à détester..." A méditer...

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