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SYRIE

Vers un début de solution : Damas accepte le plan Annan

Le gouvernement syrien a accepté le plan en six points de Kofi Annan. Pour l’émissaire de l’ONU et de la Ligue arabe, cette décision est une « étape initiale importante » pour mettre fin à la violence. Vers un début de solution ?

Kofi Annan et Bachar al-Assad - samedi 10 mars
Depuis un an, que dure la contestation contre le régime de Bachar al-Assad, jamais ne s'était produit une avancée telle que celle que constitue l'acceptation par le régime de Damas d'un plan de médiation en six points, porté par l'ancien secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan

Une avancée considérable

« Le gouvernement syrien a écrit à l'envoyé spécial conjoint Kofi Annan pour accepter son plan en six points, approuvé par le Conseil de sécurité des Nations unies », a indiqué le porte-parole de Kofi Annan, Ahmad Fawzi, dans une déclaration écrite. « M. Annan a écrit au président Assad pour exhorter le gouvernement syrien à mettre immédiatement en vigueur ses engagements », a-t-il ajouté. Pour l’ancien secrétaire général des Nations Unies, la décision de Damas est « une étape initiale importante qui pourrait mettre un terme à la violence et à l'effusion de sang ».

Cette avancée devrait permettre de répondre aux souffrances et créer un environnement propice à un dialogue politique qui répondrait aux aspirations légitimes du peuple syrien.

Un plan en six points

Ce plan, présenté par Kofi Annan lors de sa visite à Damas les 10 et 11 mars, a été accepté par le Conseil de sécurité des Nations Unies le 21 mars. Il comporte six points :

> DIALOGUE POLITIQUE : mettre en place un « processus politique ouvert, dirigé par les Syriens » pour répondre aux préoccupations légitimes de la population et désigner un « interlocuteur » disposant des pouvoirs nécessaires lorsque l'envoyé en fera la demande.

> FIN DE LA VIOLENCE : cesser les combats et assurer de toute urgence, sous la supervision de l’ONU, un arrêt effectif de toutes les formes de violence armée par toutes les parties.

> AIDE HUMANITAIRE : assurer l'acheminement de l'aide humanitaire « en temps voulu » dans toutes les zones touchées par les combats et, à cet effet, approuver et mettre en œuvre, à titre immédiat, une « pause humanitaire quotidienne de deux heures ». Coordonner l'heure et les modalités exactes de cette pause dans le cadre d'un mécanisme efficace, y compris au niveau local.

> FIN DES DETENTIONS ARBITRAIRES : accélérer et multiplier les mesures d'élargissement de personnes arbitrairement détenues, ainsi que communiquer sans tarder une liste de tous les lieux où ces personnes sont détenues et prendre immédiatement des dispositions en vue d'assurer l'accès à ces lieux.

> LIBERTÉ POUR LES JOURNALISTES : assurer aux journalistes la liberté de circulation dans tout le pays et mettre en place une politique de visas non discriminatoire à leur égard.

> LIBERTÉS POUR LES SYRIENS : respecter la liberté d'association et le droit de manifester pacifiquement.

Appels à Moscou et Pékin

Kofi Annan, qui a déjà visité Moscou ce week-end pour obtenir l'appui de la Russie à son plan, a souligné mardi à Pékin qu'il « a besoin de l'aide » de la Chine pour résoudre la crise en Syrie, lors d'un entretien avec le Premier ministre chinois Wen Jiabao.

« Je ne peux pas faire ce travail tout seul, j'ai besoin d'aide et de soutien, et de soutien et de conseils de pays comme le vôtre et c'est pourquoi je suis ici » dans la capitale chinoise, a déclaré Kofi Annan au Grand palais du peuple de la capitale chinoise.
Le chef du gouvernement chinois a pour sa part estimé que la déclaration de l'ONU appelant à la fin des violences, votée par Moscou et Pékin, reflétait « le niveau élevé d'inquiétude et l'important consensus auquel est parvenue la communauté internationale sur la question syrienne ».

La Russie et la Chine, fidèles alliés de Damas, avaient bloqué deux résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU condamnant la répression en Syrie. Mais Moscou et Pékin avaient par la suite voté une déclaration (forme moins contraignante que la résolution) à l'ONU appelant à la fin des violences, exhortant Bachar al-Assad et ses opposants à « appliquer immédiatement » le plan Annan.

En Syrie, les combats se poursuivent

Sur place en Syrie, des combats entre soldats des forces régulières et déserteurs de l'Armée syrienne libre (ASL) ont fait rage dans la nuit de lundi à mardi, entraînant la mort d'au moins neuf personnes, dont cinq civils, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
Bachar al-Assad se trouvait mardi à Homs et s'est rendu dans le quartier de Baba Amr, un bastion rebelle assiégé et pilonné pendant des semaines avant d'être repris le 1er mars par l'armée, a rapporté la télévision publique.
Au même moment, plusieurs centaines d'opposants syriens étaient réunis mardi à Istanbul pour envisager l'après Bachar al-Assad et discuter des propositions du Conseil national Syrien (CNS), principale coalition de l'opposition, pour bâtir une « république démocratique ».

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