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FACE À LA CRISE

Au Royaume-Uni tout augmente, sauf la pinte de bière...

Le ministre britannique des Finances, George Osborne, a maintenu le cap des restrictions budgétaires. Mercredi 20 mars, il présentait le budget 2013, réduisant de moitié les prévisions de croissance, et annonçant de nouvelles coupes budgétaires… Tout en abaissant le prix de la bière.

"Noyez votre chagrin", à la une de "The Guardian", le 21 mars 2013

Alors que le Royaume-Uni a perdu son triple A le mois dernier auprès de l’agence de notation Moody’s, le chancelier de l’Échiquier britannique, qui présentait mercredi son quatrième budget depuis l’arrivée au pouvoir de la coalition des conservateurs et des libéraux-démocrates, en 2010, continue sa politique de rigueur et d'austérité.

Une croissance revue à la baisse

"chaque budget, [George Osborne] arrive devant la Chambre et les choses sont pires et non meilleures [...]. Sous ce gouvernement, les mauvaises nouvelles n’arrêtent pas", a lancé Ed Miliband, numéro un des travaillistes.

Concernant la prévision de croissance pour 2013, celle-ci a en effet été revue à la baisse, et réduite de moitié – 0,6% contre 1,2% en décembre dernier. "Les problèmes à Chypre cette semaine sont une nouvelle preuve que la crise n’est pas finie et que la situation reste inquiétante", a rappelé George Osborne, affirmant cependant que le gouvernement "réglait les problèmes économiques [...] doucement mais sûrement".

Des mesures populistes ?

Et afin de faire passer la pilule des sévères coupes budgétaires, le ministre des Finances a employé la méthode douce et mis en place quelques mesures favorables à l’opinion publique. "George Osborne réduit de moitié les prévisions de croissance, remet à plus tard la réduction de la dette, et évite d'avoir à annoncer une augmentation du déficit grâce à des coupes budgétaires de dernière minute. Mais... il abaisse le prix de la bière", résume The Independent, à la une de l’édition du 21 mars.

"Un budget pour noyer votre chagrin", à la une de The Independent, le 21 mars 2013

De son côté, The Guardian rappelle qu’en plus de la baisse du coût de la bière, le ministre a prévu la hausse du seuil d’exemption de l’impôt sur le revenu, un gel de la taxe sur les carburants, et des nouvelles mesures en faveur de l’achat de logements, "pour stimuler le marché immobilier".

Touche pas à ma pinte

"En Grande-Bretagne, la bière est beaucoup plus qu'une simple boisson", analyse Pete Brown, toujours dans The Guardian. "Osborne s'est rendu compte que s'il voulait que son budget soit convaincant, il devait au moins arrêter de taper sur la bière et les pubs", ajoute-t-il, tout en rappelant que "David Cameron a une brasserie dans sa circonscription qu'il contribue à promouvoir à l'étranger, et la famille royale n'hésite pas à vider une pinte pour montrer sa proximité avec ses sujets".

Les pubs anglais ne supporteraient pas un nouveau passage à tabac en augmentant la taxe sur la bière. "Mais même si nous n’allons pas au pub aussi souvent que nous l'avons fait, nous souhaitons qu’il reste. Cela fait partie de ce que nous sommes. Le pub est plus qu'un simple bar, et la bière est tellement plus qu'une boisson savoureusement enivrante. C'est agréable de voir qu’Osborne semble réaliser cela. Si un jour il visite un pub, il sera le bienvenu", conclut Pete Brown.

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