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ÉCONOMIE NUMÉRIQUE

Délocaliser ne créé pas d’emplois dans les pays concepteurs

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Le digital s’est engouffré dans tous les secteurs de l’économie classique. Quel est aujourd’hui son poids ? Si elles sont dynamiques, les entreprises de haute technologie ne sont pas forcément créatrices d’emplois, en tout cas dans leurs pays d’origine.

Les protagonistes du Net aiment bien comparer le poids de l’économie numérique avec celui de l’économie traditionnelle. Ainsi, grâce au développement d’applications, Facebook aurait créé près de 240 000 postes aux Etats-Unis, et 232 000 en Europe : 22 000 en France pour 1,9 milliard de bénéfices. Évidemment ces résultats montrent le puissant impact de l’économie digitale sur l’économie en général. Les avancées technologiques entraînent des résultats positifs en matière de création d’emploi et de croissance. Ainsi, Internet est devenue une industrie à elle seule et pas juste une branche industrielle. Son développement est le marqueur d’une importante mutation à la fois économique et sociale. Si l’économie digitale est longtemps restée cantonnée, aujourd’hui, elle s’est propagée dans tous les domaines d’activités de l’économie classique. Si cela est vrai, on peut aussi se demander quel est son véritable poids et comment elle va évoluer ?

Les start-ups représentent-elles une solution miracle ? Ce n’est pas évident. Mais évidemment, créer des emplois et réduire le chômage à long terme est inconciliable avec le renflouage d’entreprises traditionnelles en perte de vitesse. Il est essentiel de construire un maillage de jeunes sociétés. Les postes bien payés aujourd’hui ne résultent pas d’entreprises anciennes, mais des start-ups, oui. Les entreprises récentes, c’est à dire, créées il y a moins de 5 ans, cumulent deux tiers des postes qui se créent en une année. Toutes ne sont pas des start-ups, mais la réserve d’emplois est principalement le fait des petites et moyennes entreprises.

En revanche, à elles seules, les start-ups sont incapables de créer un nombre d’emplois important dans le domaine du High-Tech. Pourquoi ? Parce que le franchissement à un niveau industriel est compliqué mais obligatoire pour valoriser l’innovation. Malheureusement, cette évolution est difficile. Par exemple, elle n’existe quasiment plus aux Etats-Unis. C’est un problème majeur car tant que cela perdurera, investir dans des start-ups qui délocalisent à l’étranger est vain. En effet, les emplois créés dans les pays d’origine touchent finalement peu de personnes même si elles sont très diplômées.

Les Etats-Unis ne sont pas un cas unique. Cela est valable en Europe où les dirigeants pensent que les nouvelles sociétés qui travaillent dans le secteur de la haute technologie, sont synonymes de redémarrage industriel et créatrices d’emplois, ce qui reste à prouver. À l’image des Etats-Unis, le challenge de l’Europe est d’imaginer puis de mettre sur le marché des produits aussi porteurs que l’Iphone ou des concepts comme Facebook. Et surtout, de les mener à un stade industriel.

Si l’industrie manufacturière a été délocalisée en Chine, ce n’est pas une conséquence négative de la globalisation, mais plus une décision liée à une idéologie. Par exemple, Apple, qui génère 78 milliards de dollars de bénéfices ne les réinjecte pas aux Etats-Unis. Parler de protectionnisme est une idée has-been pour les sociétés High-Tech globalisées, mais on peut se demander si elles n’ont pas perdu en route leur implication sociale ? Quel retour finalement apportent-elles dans leur pays d’origine aux personnes qui leur ont permis de générer tant d’argent ?

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