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O BREIZH, MA BRO

Bretagne: Tout va très mal, Madame la Marquise...

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"Il n’y a plus de Bretagne, et c’est dommage !", se lamentait madame de Sévigné qui, par son mariage, possédait le château des Rochers, près de Vitré, en Bretagne… 1675 : La révolte des Bonnets Rouges, révolte du peuple breton, déjà accablé d’impôts et auquel on inflige de nouvelles taxes (pour  financer la guerre de Louis XIV contre… la Hollande… Eh oui !)…

Révolte des villes d’abord, Rennes et Nantes en particulier ; répression et ensuite embrasement des campagnes de Basse-Bretagne. Là aussi, répression féroce : pendaisons, massacres, galères ; et la Bretagne est quadrillée par des cohortes de missionnaires qui vont lui imposer une religion de soumission et de terreur de l’enfer, dont elle commence à peine à se libérer actuellement !

A Quimper le 2 novembre 2013 (crédit: Barbara Viollet)

 Oh ! La divine Marquise ne compatit guère aux malheurs des Bretons… La répression et les massacres : "La penderie me paraît maintenant un rafraîchissement… Je trouve tout fort bon, pourvu que les quatre mille hommes de guerre qui sont à Rennes ne m’empêchent pas de me promener dans les bois". Ce qui l’importune, c’est que la noblesse devra aussi supporter la punition imposée par Louis XIV, évidemment de nouvelles taxes !

Bafouée, humiliée, méprisée...

 Madame la Marquise, la Bretagne est toujours là !!! Au fil des siècles, bafouée, humiliée, méprisée, elle tient toujours bon… Et pourtant, on l’a maintenue dans un effarant ilotisme, doublé d’une déculturation et d’une acculturation forcenées et ignobles ; on lui a interdit son histoire (géniale riposte de cette histoire, avec ces bonnets rouges qui fleurissent sur nos têtes !) ; on lui a interdit sa langue par des brimades et des traumatismes qui ont pu faire dire à certains que ce fut un véritable "génocide culturel" : "Défense de cracher par terre et de parler breton… Il est chic de parler français"

Le temps du sursaut...

 A partir des années 60, grand sursaut économique, puis culturel quelque temps plus tard… Et cela parce que - las d’attendre des solutions venues d’ailleurs- les Bretons ont pris en mains leur destinée… Mais le "miracle breton" a vécu, me semble-t-il. L’agriculture intensive, en particulier, a eu des conséquences fâcheuses et néfastes sur l’environnement… Depuis longtemps on tirait le signal d’alarme, mais les Bretons eux-mêmes ont laissé pourrir la situation. On n’a pas su-ou voulu- prendre les mesures qui s’imposaient, regarder en face les mutations économiques nécessaires ; la mondialisation, les pratiques déloyales - voire honteuses- de certains pays, n’ont guère amélioré cet état de choses. De plus, la centralisation excessive et les lourdeurs administratives imposées par Paris n’ont pas tenu compte des réalités, de la mentalité et de la sensibilité bretonnes.

War-sav Breizh !

 Je précise que je ne suis pas un tribun, que je n’ai aucune compétence dans le domaine économique, que je ne suis pas "encart" dans quelque parti que ce soit… Ce que je dis vient du cœur et, en ces jours, mon cœur souffre de constater l’état pitoyable de certains secteurs de ma Bretagne et la détresse de tous ceux qui perdent leur travail (avec tous les drames intimes que cette situation provoque déjà !).

 War-sav Breizh ! Debout Bretagne ! Enthousiasme et intelligence, les Bretons n’en manquent pas… Dépassant cette "maladie atavique" des Celtes, l’individualisme, il nous faudra dépasser les clivages, travailler ensemble, quelles que soient les opinions politiques ou autres ; ce ne sera sans doute pas facile, mais c’est nécessaire, capital, vital même… Foin des jérémiades et des soupirs !

"Le Printemps des Bonnets Rouges"

 Au début des années 70, le poète breton Paol Keineg a écrit une pièce de théâtre : "Le Printemps des Bonnets Rouges", dont le prologue dit :

"Ecoutez

l’histoire d’un peuple rebelle

Qui nous décoche

Cette gerbe de lumière"

 A la fin de la pièce, Bécassine (cet autre symbole, honni, de la Bretagne moquée et humiliée) est seule en scène et déclame :

"Assez de mélancolie

assez de complaisance

de lamentations.

Il nous reste les immensités

de l’enthousiasme et de l’intelligence.

Il nous reste

Le parfum violent d’une patrie à construire

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