Nous vivons dans une drôle d’époque : aujourd’hui, le buzz, les récits imaginaires et les détails anodins sur les changements de look ont remplacé la réalité du débat politique. Prenez les récits de politique- fiction qui deviennent le nouveau divertissement à la mode. Ils se présentent comme de petits exercices de style qui se prétendent être des récits romanesques, mais qui, faute d’inspiration, capturent l’identité des personnalités réelles pour donner corps à leurs médiocres scénarios.
Il suffit de quelques noms célèbres, si possible encore au pouvoir, de quelques histoires rocambolesques, pourvu qu’elles semblent mâtinées des ors de l’Etat, le tout dans un tempo pré-électoral, et le tour est joué ! C’est Guignol au pays de la République. Le livre est en général médiocre, l’éditeur célèbre et l’auteur… en mal de reconnaissance. Dominique Paillé, qui vient de sortir Panique à l’Elysée ( Grasset ) n’échappe pas à la règle du genre. Sa politique-fiction se veut pleine d’esprit, elle est lourde de poncifs; elle se dit visionnaire, elle est juste invraisemblable.
Dans son livre, Dominique Paillé joue avec l’hypothèse que Nicolas Sarkozy et François Hollande seraient, tous les deux, éliminés au premier tour de l’élection présidentielle. Et s’affronteraient alors au second tour, François Bayrou et Marine Le Pen… au bénéfice du premier, bien entendu. L’expression « prendre ses rêves pour de la réalité », n’aura jamais été aussi juste. Car depuis qu’il a tourné le dos à Nicolas Sarkozy, dont il fut le porte parole et qu’il s’est rallié à François Bayrou, Dominique Paillé essaie de tout faire pour servir sa nouvelle « idole».
Au passage, notre auteur mal inspiré me prête le rôle de celle qui aurait écrit un livre à charge contre mon ex-mari, par désir de lui nuire… Au grand dam de Monsieur Paillé, je dirais que si je devais écrire quelque chose sur Nicolas Sarkozy, cela ne pourrait être qu’élogieux. Je l’ai du reste déjà fait dans ma contribution sur l’optimisme paru chez Stephanie Marohn et Dawson Church, aux Etats-Unis, où j’évoque toute mon admiration pour le grand homme positif et visionnaire qu’il est.
J’aimerais surtout dire à ce Monsieur, qu'il est bien abusif et peu courageux, de s'emparer des noms des personnalités publiques pour leur prêter des idées et des comportements faux et injurieux sous couvert d'être imaginaires. Et que quand on n’a pas la stature d’un grand homme politique, ni le talent d’un romancier, il me semble qu’on a la décence de ne pas essayer d’être l’un ou l’autre , et de ne pas déshonorer l’un et l’autre...
Ce qui est désolant est de voir qu’aujourd’hui la fiction devient instrument politique. Désormais, tout est autorisé pour faire dire ce que l’on veut à qui l’on veut. Alors que les campagnes politiques devraient servir le débat d’idées, de convictions, de programmes, elles deviennent de vulgaires et futiles conjectures. Le manque de sérieux est un danger pour la démocratie. Car alors, le fond est masqué par une forme détournée de son but premier, qui est d' informer l’électeur. Pour ma part, je respecte trop « la chose publique » pour trouver amusants ces mauvais textes qui décrédibilisent la politique.
1 Commentaire
Feliicitations
Bravo Madame pour cette mise au point d'un tout petit individu!