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ÉQUILIBRE DU MONDE

Brésil, porte-parole proclamé des pays émergents

Peu de nations peuvent se targuer d’entretenir de bonnes relations aussi bien avec le Venezuela de Chavez, les Etats-Unis du président Obama que l’Iran de Ahmadinejad et la France du président Hollande… C’est la grande force du Brésil, celle de véhiculer une image positive, sympathique, qui inspire confiance loin des préjugés stéréotypés d’instabilité politique qui englobent les pays d’Amérique Latine.

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Luiz Inácio Lula da Silva, en novembre 2003 au Mozambique. Photo : Ricardo Stuckert / Agência Brasil

"La grande compétence du Brésil est d’être ami avec tout le monde", Celso Amorim.
 
Cet engouement pour le Brésil qui dépasse le cadre des frontières du "pays continent" ne s’est pas fait du jour au lendemain. Combien de personnes auraient misé sur la patrie de Gilberto Freyre ou de Chico Buarque il y a 30 ans ?
En France, longtemps notre pays est resté accroché à cette phrase dont on n’a toujours pas bien compris qui de Clémenceau ou du Général de Gaule en était l’auteur "Le Brésil est le pays de l’avenir et il le restera".
 

La mise en place de nouveaux réseaux dynamiques mal explorés

Pourtant, en quinze ans, le Brésil a bien mûri et il le doit en partie à son ancien président Lula. A son intronisation, Lula avait annoncé la formation d’une nouvelle diplomatie agressive basée à la fois sur la volonté, d’accélérer l’intégration régionale du continent sous le leadership brésilien (grâce au Mercosur) mais surtout, de devenir le porte-parole proclamé des pays émergents.
 
Durant ces deux mandats, la diplomatie brésilienne s’est engagée à entreprendre la mise en place de nouveaux réseaux dynamiques mal explorés (Afrique, Asie, Moyen-Orient) tout en renforçant ses relations avec les partenariats traditionnels (Union Européenne, Etats-Unis et Japon). L’idée est de faire du Brésil une puissance mondialement reconnue capable d’organiser des évènements planétaires (Coupe du monde, Jeux Olympiques), de résoudre des crises mondiales (don de 100 milles dollars pour Haïti) dans le but d’obtenir un siège au conseil de sécurité de l’ONU.
 

L’Atlantique sud : zone d’intégration stratégique de la diplomatie brésilienne

Pour mener à bien sa nouvelle stratégie, le président Lula va multiplier les voyages officiels tout au long de ses deux mandats. Rien qu’entre 2003 et 2004, l’ancien leader du PT a effectué plus d’une vingtaine de voyages ! Cette même année 2003, le Brésil innove avec ses partenariats stratégiques signés avec l’Afrique du Sud et l’Inde. Ce forum de dialogue qui ressemble à un G3 de pays émergents sera appelé l’IBAS.
 
Quelque mois plus tard, ce partenariat joua un rôle déterminant lors de la Conférence de Cancun permettant au Brésil de s’affirmer mondialement sur de nouveaux thèmes notamment l’environnement.
La formation du forum de dialogue ne reste pas un cas isolé, le Brésil change, ses relations aussi. Lula a fait le choix du Sud et l’Afrique sera le fer de lance de la diplomatie brésilienne. En quelques années, les relations avec l’Afrique vont s’intensifier considérablement, on parlera même d’Âge d’or.
 
Le choix de l’Afrique n’est pourtant pas propre à Lula. Rendons à César ce qui appartient à César ; c’est le président Cardoso qui en 2000 avait lancé un rapprochement entre le pays continent et le continent africain. Le président Lula a accentué intensément, lors de son premier mandat, les échanges entre les deux voisins de l’Atlantique sud. Dans cette optique, le Brésil a décidé d’annuler les dettes bilatérales au Mozambique et en Angola.
 

Un ministère des Affaires étrangères consacré seulement au continent Africain 

 
Petit à petit l’Afrique devient "LE" pôle de l’influence brésilienne bien aidé par la CPLP (communauté des pays de langue portugaise) et les liens historiques qui rattachent Brésil et Afrique.
"C’est grâce au travail et au sang des Africains que la société brésilienne a vu le jour", Lula.
 
Cette "dette historique" que détient le Brésil envers l’Afrique va se matérialiser par un accroissement des échanges dans l’agriculture, l’énergie, la défense et l’éducation avec la formation de jeunes ingénieurs aux technologies de pointe propres au pays (l’éthanol par exemple). De nombreuses entreprises brésiliennes vont s’implanter comme la Vale spécialisée dans le minerai ou encore la Petrobras (pétrole) permettant la création d’emplois.
 
Les transferts de technologie se multiplient à leur tour par le biais de la Banque nationale de développement (BNDES) ou encore l’Embrapa (entreprise spécialisée dans la recherche agronomique et l’élevage) implantée à Accra au Ghana en 2007. En deux mandats, 17 ambassades ont été ouvertes en Afrique, 7 tournées diplomatiques ont été réalisées et un ministère des Affaires étrangères consacré seulement au continent Africain a été créé.
 
L’activisme du président Lula a permis de faire évoluer positivement l’image du Brésil dans les quatre coins du globe. Reconnu comme la personne la plus influente au monde en 2010 selon le magazine Time,  l’ancien ouvrier métallurgiste a su remporter la plus belle victoire en faisant du Brésil une puissance moderne, une terre d’accueil à l’écoute de la détresse des pays sud.
 
"J’ai été le premier président du Brésil à visiter tous les pays d’Amérique latine et du Sud. J’ai été 33 fois en Afrique. J’ai été le premier président brésilien, depuis l’empereur Pedro en 1846, à me rendre au Liban. Je suis même allé au Timor-Leste. J’ai convoqué une réunion entre le monde arabe et les pays d’Amérique Latine, au Brésil, et une autre entre les pays africains et les Sud-Américains. Pour les 500 ans de l’Amérique latine, tous les pays d’Amérique latine et des Caraïbes se sont réunis, sans les États-Unis", Lula
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