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LA FRANCE EN RÉCESSION... ET PAS PRÈS D'EN SORTIR

Croissance nulle et déficit non contrôlé = chômage en hausse, dérapage de la dette et du déficit public

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La France est en récession, et il est illusoire d'imaginer qu'elle puisse en sortir à courte échéance. Retrouver la croissance et, mieux encore, retrouver le niveau de croissance permettant d'envisager un retournement de conjoncture et une sortie de la récession ne se décrète pas et ne saurait être que le résultat de choix de politiques économiques et financières cohérents. Les membres du Cercle Pierre Robes estime que le président de la République, François Hollande, et son gouvernement font fausse route. Leur argumentaire.

Le portail fermé de l'Élysée sur la rue du Faubourg Saint-Honoré à Paris

Un premier préalable essentiel : pour avoir un solde stable d’emploi en France, il faut une croissance annuelle d’au moins 1%. Et pour avoir des chances d’avoir un solde positif de création d’emplois, il faut au moins une croissance de 1,5% par an.

Un second préalable essentiel : la croissance ne se décrète pas. Surtout dans une économie ouverte et mondialisée. Elle s’obtient avec trois leviers :

-          Avoir une fiscalité intérieure modérée afin que les ménages consomment et que les entreprises investissent ;

-          Être compétitif à l’exportation en abaissant le coût des produits fabriqués ;

-          Réduire les dépenses publiques en réformant l’État afin de ne pas s’endetter pour payer du fonctionnement.

Si on a une mauvaise politique économique et financière intérieure, on ne peut pas espérer prendre des parts de marché et récupérer une partie de la croissance mondiale, qui est réelle.

Une croissance quasi nulle

Le gouvernement annonce +0,1% en 2013 et +1,2% pour 2014, et +2% en 2015. Dès leur annonce, ces chiffres sont jugés décalés par rapport à toutes les autres prévisions. Le FMI annonce une régression de 0,1% en 2013 et 0,9% en 2014. Le Haut Conseil des Finances Publiques (instance indépendante présidée par le premier président de la Cour des Comptes et qui fait la synthèse des analyses de tous les prévisionnistes) annonce "un léger recul du PIB en 2013 et une croissance sensiblement inférieure à 1,2% en 2014 et une hausse incertaine de 2% en 2015".

Le scénario financier présenté à Bruxelles est d’ailleurs contesté par le Haut Conseil des Finances Publiques non seulement sur les hypothèses mais aussi sur les leviers proposés par le gouvernement qui pointe les "nombreux aléas". Le gouvernement s’appuie en effet sur une reprise des exportations (qui pourraient être contrarié par les meilleurs efforts de compétitivité de nos concurrents), l’investissement des entreprises ("qui reste conditionné à l’amélioration des perspectives d’activit"), la consommation (qui pourrait être "contrariée par les craintes liées à l’élévation du chômage… la perspective de nouvelles hausses de prélèvements obligatoires prévues en 2014).

La croissance nécessaire pour inverser la courbe du chômage ne sera donc là ni en 2013, ni en 2014. Ce n’est pas 1/10e de point en croissance qui manque mais 15 fois plus. On imagine les conséquences en matière de chômage.

La réalité micro-économique confirme ce jugement global. De nombreuses PME sont étranglées par la baisse des chiffres d’affaires et le rétrécissement des marges. De plus, les acteurs étrangers et notamment les principaux investisseurs et entreprises jugent aujourd’hui que la France est en situation de crise politique ; de ce fait, ils décident pour la plupart de geler la plus grande partie des opérations qu’ils envisageaient dans notre pays, les annulant, les reportant sine die ou les faisant glisser vers d’autres pays.

Autrement dit, la France est en récession actuellement et sans perspective notable d’amélioration d’ici deux ans. Et la politique gouvernementale est incapable de redresser cette situation.

Un dérapage de la dette et du déficit public associé au matraquage fiscal

La France dérape complètement sur son déficit public et sa dette. Trois chiffres sont particulièrement instructifs :

  • La dette globale est de 1833 milliards d’euros. Cela nous coûte 47 milliards d’intérêts chaque année. Et cette dette représente 90% de notre richesse nationale. Dans la zone Euro, seules l’Espagne, l’Italie, la Grèce le Portugal, l’Irlande et la Belgique ont un taux supérieur ;  
  • Le taux de prélèvement obligatoire atteint 44,9% en 2012, soit le plus haut niveau depuis 1999. Et il sera de 46,3% en 2013, soit un record absolu en France. Et il serait de 46,5% en 2014. C’est le résultat du matraquage fiscal pratiqué par le gouvernement ;
  • La dépense publique représente 56,6% du PIB en 2012 et 56,9% en 2013. C’est le résultat de l’incapacité du gouvernement à réformer l’État qui n’a proposé aucun projet nouveau de réforme structurelle depuis un an et ne fait pas d'économies sur les effectifs de fonctionnaires.

Ceci se traduit évidemment sur le niveau du déficit. Selon l’Insee, le déficit public de la France n’a été ramené en 2012 que de 5,3% à 4,8% du produit intérieur brut, en dérapage par rapport à l’objectif du gouvernement qui visait 4,5%.

L’objectif de déficit à 3% du produit brut à fin 2013 est donc impossible à tenir. La France devra en conséquence solliciter auprès de la Commission européenne un délai (d’un an) pour y parvenir. Un tel accord de la Commission suppose de ramener le déficit nettement sous les 3% à fin 2014.

Cet objectif de déficit fin 2014 est-il soutenable ?

On rappellera que la Commission européenne prévoit que le déficit de la France atteigne 3,7% du PIB fin 2013 et 3,9% fin 2014 si aucune mesure nouvelle n’est prise. La dette atteindrait selon elle 93,4% du PIB fin 2013 et 95% fin 2014.

Pour le moment, le Gouvernement envisage de s’engager à ramener le déficit de 4,8% en 2012 à 3,7% du PIB en 2013 et à 2,9% à fin 2014. Un tel engagement suppose :

  • Un nouveau train de mesures fiscales pour 2014
  • Que l’évolution du PIB soit conforme aux prévisions actuelles du gouvernement : + 0,1% en 2013, + 1,2% en 2014 (et +2% par an au-delà).

Or, on vient de voir que le Haut Conseil des Finances Publiques comme le FMI contredisaient les prévisions du gouvernement.

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