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VINCENT, BRUNO ET LES AUTRES

Premier mariage entre personnes de même sexe: une volonté, une réforme. Notre histoire.

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Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Cette phrase fonde notre nation. Elle fait partie de notre patrimoine historique, mémoriel et sociétal. Nous la connaissons toutes et tous et nous pensions naïvement qu'elle faisait notre fierté commune. Durant ces derniers mois et jusqu'à dimanche dernier, elle a été foulée au pied des opposants au mariage pour toutes et tous, ceux-ci réclamant, certains avec le sourire et une forme de bonne humeur et d'allégresse, d'autres avec leurs poings et des insultes, le maintien d'une discrimination étatique.

Vincent Autin et Bruno Boileau se sont dit "oui" (capture d'écran)

Merci Monsieur le Président !

Monsieur le Président, vous avez dû faire face, non pas à un débat démocratique, construit et argumenté, mais à un mouvement hétéroclite dont le but, sous ce vernis honorable et respectable de la défense de valeurs familiales, n'était que d'être le porte-voix d'une homophobie trop longtemps intériorisée.

Qu'a-t-on entendu durant ces mois ? Des insultes, des amalgames honteux, des dérapages indignes mais pourtant volontaires. La ligne rouge a été dépassée à de très nombreuses reprises.

Des partis républicains flirtant bon avec l'extrême droite, prenant la responsabilité manifestement assumée de brouiller ainsi les frontières traditionnelles et républicaines. Mais au jeu des petits et médiocres calculs politiciens, qui s'en est soucié ?

Est-ce que ces personnes ont mesuré l'impact de leurs paroles et de leurs injures sur les homosexuels? Assurément pas.

Est-ce que ces personnes ont compris que leurs paroles légitimaient la violence homophobe ? Prétendre le contraire serait un mensonge. Oseront-elles se draper dans cette confortable cape du débat passionné pour légitimer leurs injures qu'ils auront à cœur de qualifier de simples excès ?

Monsieur le Président, il fallait tenir. Comme un capitaine de navire qui affronte la tempête.

Ce n'était pas simple et vous l'avez fait. Vous l'avez fait avec détermination, humanité et dignité, ne laissant pas percevoir la colère et le bouillonnement intérieur qui devaient être vôtre quand vous entendiez les invectives et les mensonges de certains, ne tombant pas dans le piège lancé par d'autres de la provocation facile.

Pourquoi ? Parce que vous êtes un homme d'Etat. Un Etat où les mots Liberté, Egalité Fraternité ont un sens, un vrai sens, un sens concret.

Nous sommes persuadés que les opposants d'un jour sauront avec le temps reconnaître la légitimité de cette réforme. Parce que cette réforme n'est pas faite pour les homosexuels. Elle a été faite pour le progrès. Pour la France. Pour le pays des Droits de l'Homme. Pour ce pays que nous aimons et surtout pour tous les Français. Quand on donne un droit supplémentaire à une partie de la société, c'est la société dans son ensemble qui s'élève !

Mais assez parlé ! Désormais, Monsieur le Président, regardez avec fierté ces moments de bonheur et d'amour, cette joie et ces sourires ! Nous vous en devons une grande partie. Monsieur le Président.

> Cette tribune a été publié initialement par le Huffington Post

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