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Olivia Phélip

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Passionnée par l’information et les nouvelles technologies, voyageuse dans l’âme, expatriée intermittente, Olivia Phélip a d’abord été une journaliste de presse écrite, avant de se lancer dans l’aventure du web et de diriger différents médias, par...

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OTAGE EN SYRIE

Mobilisons-nous pour la libération du journaliste James Foley

Alors que le reporter de guerre James Foley, correspondant de Global Post/JOL Press en Syrie a disparu depuis plusieurs semaines, Olivia Phélip ainsi que toute la rédaction s’associent à sa famille qui a lancé une pétition en ligne pour exiger sa libération. Une disparition emblématique du conflit syrien, qui a choisi l'opacité et le muselage de la communication pour poursuivre ses exactions sans témoins.

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James Foley, Aleppo, Syria – 11/12. Photo : Nicole Tung.

C’est un appel que lance la famille de James Foley, journaliste américain correspondant de notre partenaire Global Post en Syrie avec un site internet lancé le 2 janvier dédié à sa cause : « Nous voulons que Jim soit en sécurité et rentre à la maison, ou au moins que nous puissions lui parler pour savoir s’il va bien. S’il vous plaît, contactez-nous afin que nous puissions travailler ensemble à sa libération », écrit son père.

Il faut libérer le journaliste Foley

Le site appelle aussi à signer une pétition en ligne pour soutenir la mobilisation. Un appel que nous relayons tout particulièrement, car James est l’un de nos correspondants phares, via notre partenaire Global Post. >lire notre article sur la mobilisation

Une mystérieuse disparition

James Foley a été enlevé le 22 novembre 2012 à Taftanaz, une localité du nord-ouest de la Syrie, dans la province d’Idlib. Il se dirigeait vers la frontière avec la Turquie quand son véhicule aurait été intercepté par des hommes armés. Depuis ce jour, plus aucune nouvelle, ni aucune revendication. Comme l’a déclaré Philip S. Balboni, le président co-fondateur de GlobalPost dans un communiqué :  « Au cours des dernières six semaines, nous avons travaillé étroitement avec les États-Unis et le Moyen-Orient pour assurer une libération prochaine de Jim Foley, afin qu'il puisse rentrer chez lui retrouver sa famille. Jim est un journaliste courageux et dévoué, qui a passé une grande partie de l'année écoulée à couvrir la guerre civile syrienne, convaincu, comme la plupart de ses collègues, qu'il était important que le peuple américain soit informé sur ce qui se déroulait là-bas. Nous demandons instamment à ses ravisseurs de le libérer. » >lire l’article sur la disparition de James Foley

Un reporter hors pair

C’est grâce à lui que nous avons pu suivre les évènements de Syrie avec une particulière acuité. Grâce à lui que cette guerre qui a fait d’ores et déjà plus de  60 000 morts (chiffres ONU, 2 janvier 2013) porte le visage d’une population et non les stigmates abstraits d’une ligne de dépêche. Nous avons regroupé dans un dossier quelques-uns des reportages les plus marquants que James nous a transmis ces derniers mois. Dans l’enfer du siège d’Alep, au coeur des combats, il nous a livré des récits sans effets inutiles. Les faits, rien que les faits, un statement si cher au journalisme anglo-saxon. Dans ces situations tragiques, tout effet de style serait indécent. Est-ce parce qu’il était l’un des rares à oser se placer en première ligne, au milieu des populations, qu’il était devenu un témoin gênant ? >lire le dossier sur les récents reportages de James Foley

Plusieurs disparitions inquiétantes de journalistes en quelques mois

James Foley n’est hélas pas le seul otage du conflit syrien. Un autre confrère américain, Austin Tice a disparu depuis le 13 août 2012, alors qu’il couvrait les événements dans la banlieue de Damas pour le Washington Post, Al-Jazeera English et McClatchy.

Le 20 août 2012, Cüneyt Ünal et Bashar Fahmi Al-Kadumi, deux journalistes de la chaîne américaine Al-Hurra ont disparu à Alep, alors que le journaliste jordanien Bashar Fahmi Al-Kadumi, aurait lui-aussi été enlevé. Seul Cüneyt Ünal est apparu dans une vidéo diffusée par la chaîne pro-Assad  Al-Ikhbariya, dans une mise en scène d’autocritique, rappelant les pires heures du totalitarisme de guerre. Le ministère syrien de l’Information a publié un communiqué affirmant que le journaliste jordanien n’était pas détenu par les autorités syriennes, alors que son beau-frère affirme l’inverse… >lire l'article : 2012, l'année noire pour les journalistes en Syrie

Les journalistes interdits de cité en Syrie ?

L’association Reporters sans frontières dénonce le triste sort réservé également aux journalistes syriens : « Où sont d’ailleurs les 31 journalistes et citoyens-journalistes syriens qui croupissent actuellement dans les geôles du régime ? Leurs détentions arbitraires s’apparentent à des disparitions forcées. Où se trouvent notamment Mazen Darwich, directeur du Centre syrien pour les médias et la liberté d’expression (SCM), Hussein Ghreir, blogueur arrêté également lors du raid contre le SCM en février 2012, Ali Mahmoud Othman, responsable du Centre des médias de Bab Amr à Homs, arrêté le 28 mars dernier ? Aucune nouvelle également depuis la mi-août d’Ahmed Sattouf, correspondant à Homs de la chaîne de télévision iranienne en langue arabe Al-Alam et de la chaîne pro-régime Al-Ikhbariya, ni de Talal Jambakeli de la télévision officielle syrienne, kidnappé à Damas par une katiba de l’Armée syrienne libre le 5 août dernier. »

Dans l’enfer du siège de Homs en mars 2012, on se souvient de la folle équipée d’Édith Bouvier et William Daniels, les deux journalistes français piégés neuf jours durant à Homs, dans le quartier de Baba Amr, qui ont été sauvés et ont pu rejoindre la France grâce au soutien des insurgés de l'Armée syrienne libre. Ces images semblent bien lointaines. 

Depuis l’été 2012, il devient de plus en plus risqué pour les journalistes de travailler sur le terrain en Syrie. Plus aucune structure ne les protège. De toutes parts, qu’il s’agisse des partisans du régime de Bachar Al-Assad, ou de certains groupes d’action d’opposition, il semblerait que nombreux sont ceux en Syrie qui cherchent dans l’opacité l’impunité de leurs actions. Comment ne pas s’étonner que lorsque Bachar Al-Assad lui-même accusait ses opposants d’actions terroristes qu’il ne laisse pas alors les journalistes en témoigner ? 

Lorsqu’un conflit s’enlise dans une violence aux contours de plus en plus tortueux, lorsque les journalistes deviennent les témoins gênants d’une guerre arbitraire, lorsque la désinformation et la manipulation font partie aussi de l’arsenal des armes, alors on sait que cette guerre-là est l’une des pires, car elle ne cherche pas seulement à combattre ses ennemis, elle s’en prend aux populations civiles, et interdit de parole ses témoins.  

Défendre James Foley pour défendre la liberté

La position de Reporters sans Frontières est claire « Le régime de Bachar Al-Assad, comme l’Armée syrienne libre et les autres composantes de l’opposition, doivent savoir qu’il ne sert à rien de faire disparaître des journalistes si l’on veut occulter la réalité. Au contraire, ces méthodes jettent une lumière plus crue encore sur toutes ces disparitions d’hommes, de femmes et d’enfants sous le feu d’armes de guerre. »

Si James Foley a voué sa vie au reportage de guerre, c’est parce qu’il sait que le témoignage journalistique est le meilleur rempart contre les dérives les plus extrêmes. Sa disparition, comme celle de tous les journalistes est une offense aux droits humains et à la liberté. Pour lui, pour tous et pour la liberté, nous ne pouvons que nous associer à sa famille dans son combat pour que James Foley nous revienne sain et sauf.

>Merci de signer la pétition

Un reportage de James Foley pendant l'été 2012 à Alep

> Retour au dossier : James Foley, journaliste de guerre, victime du conflit syrien

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