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Catalogne : Rajoy fait appel à l'article 155 de la constitution

Lors d’un conseil des ministres extraordinaire, le chef du gouvernement espagnol a annoncé un recours à la mise sous tutelle de la Catalogne via l'article 155 de la constitution espagnole. Dans le même temps, des centaines de milliers de personnes ont défilé samedi soir dans les rues de Barcelone pour dénoncer un « coup de force ».

La tension vient de monter d’un nouveau cran en Espagne. L’exécutif national a pris des mesures draconiennes pour empêcher la Catalogne de faire sécession. Invoquant l'article 155 de la Constitution, jamais encore utilisé, le chef du gouvernement espagnol a demandé au Sénat de lui autoriser à dissoudre le parlement catalan, destituer le président du gouvernement, Carles Puigdemont, et de ses ministres régionaux. Ces derniers sont par ailleurs tous mis en examen pour "désobéissance, abus de fonction et malversation de fonds publics".

Les fonctions exécutives de la région seront exercées "en principe par les ministères (nationaux) aussi longtemps que durera cette situation exceptionnelle" a-t-il précisé. Au terme de cette prise de pouvoir, Mariano Rajoy s’est engagé à "convoquer des élections dans un délai maximum de six mois". Afin de rassurer les catalans, très attachés à l’indépendance de leur région, obtenue après la fin de la dictature de Francisco Franco en 1975, il a ajouté que "ni l'autonomie catalane ni la gouvernance autonome ne sont suspendues".

Autre mesure très ferme : Le ministère espagnol de l’intérieur prendra le contrôle direct des opérations de police régionale. Le chef des forces de police catalnes, les "Mossos", est actuellement mis en examen pour sédition. En cas de besoin, Madrid pourra leur substituer "des effectifs des forces et corps de sécurité de l’Etat". Carles Puigdemont a réagi dans la soirée, dénonçant "la pire attaque" contre sa région depuis la dictature franquiste, estimant que Madrid se plaçait "hors de l’Etat de droit". Il pourra faire valoir ses arguments mardi et mercredi, avant le vote du Sénat le lendemain.

A Barcelone, plusieurs centaines de milliers – 450 000 selon la police – de personnes sont descendues dans les rues. A l’origine, ce rassemblement était prévu pour demander la libération de deux leaders séparatistes (Jordi Cuixart, d’Omnium Cultural, et Jordi Sánchez, de l'Assemblée nationale catalane), placés en détention dans le cadre d’une enquête sur les violences lors de manifestations en septembre dernier. Il est devenu une marche pour dénoncer l’initiative du gouvernement, et l’attitude jusqueboutiste de Madrid.

Pour autant, selon un sondage paru le 20 octobre dans le quotidien El Periodico, 68,6 % de Catalans "seraient d’accord avec la convocation de nouvelles élections pour essayer de résoudre le conflit" qui oppose la région au gouvernement national.

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