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GUERRE ANTHROPOPHAGE

En Centrafrique, recrudescence d'actes de cannibalisme

La Centrafrique en guerre est le théâtre d'actes de pillage et de lynchage de plus en plus fréquents. Il n'est pas rare que, dans certains quartiers de Bangui, ces scènes se terminent par des actes de cannibalisme.

Depuis plusieurs jours, les faits de cannibalisme semblent de plus en plus nombreux en Centrafrique. De nombreuses scènes ont été rapportées par la presse internationale qui s’inquiète des scènes de lynchage de plus en plus violentes dans certains quartiers de la capitale centrafricaine.

Les pillards se partagent les corps de leurs victimes

« La scène s’est déroulée devant moi mardi dernier au quartier Modoua », raconte un témoin, dont les propos ont été retransmis par TF1. « Un sujet musulman se trouvant dans un taxi-bus descendait à Pétévo pour laisser passer un autre passager. Mais il a été surpris par un groupe de personnes qui l’ont lynché et découpé à la machette », poursuit encore Jean-Sylvestre Tchya, 35 ans.

« L’un des individus ayant pris possession d’un bras est allé acheter du pain et s’est mis à mordre dans la chair, l’accompagnant de son pain. La scène a fait vomir plusieurs personnes, dont certaines poussaient des cris d’horreur », finit par dire cet habitant de Bangui.

« Un autre individu, âgé, s’est procuré la tête et s’est employé à l’emballer soigneusement, promettant de s’en régaler », complète encore un étudiant, également témoin de cette scène.

Un acte de vengeance

Quelques jours plus tard, un cas similaire a également alerté l’opinion. Ouandja Magloire, un Centrafricain qui se fait surnommé « Mad Dog », a témoigné d’une autre scène à la BBC, une scène dans laquelle il a lui-même été acteur d’un acte de cannibalisme.

C’est à la suite de l’assassinat de sa femme enceinte, de sa belle-sœur et du bébé par des musulmans qu’Ouandja Magloire a voulu se venger. Il s’en est alors pris à un homme de confession musulmane, sans lien avec les précédents meurtres, et l’a pris en chasse dans la rue.

« Une fois descendu du bus, j’ai traîné ma cible dans la rue pour ensuite la poignarder à la tête. Je l’ai ensuite aspergée d’essence avant d’y mettre le feu », raconte Ouandja Magloire avant de décrire comment il s’est ensuite emparé d’une des jambes de sa victime et de la dévorer.

Le pays du cannibalisme ?

Ces actes de cannibalisme semblent devenir fréquents dans certains quartiers de la capitale, durant les scènes de pillage qui font le quotidien des habitants depuis plusieurs semaines. Une tendance à laquelle le président centrafricain par intérim semble décidé à mettre un terme. Dans une allocution, Alexandre-Ferdinand Nguendet s’est montré menaçant. « Aux ex-Séléka, aux anti-balaka et aux amoureux du pillage, je vous lance une mise en garde sévère, c’est terminé la récréation ».

Ces actes de cannibalisme ne sont pas sans rappeler les rumeurs qui avaient circulé sur l’ancien président centrafricain Jean-Bedel Bokassa. Ces rumeurs prétendaient que le président s’adonnait au cannibalisme et lui avaient même valu le surnom de « l’Ogre de Berengo ». Ces accusations ont été rejetées lors de son procès et jugées improbables par les nombreux enquêteurs dépêchés sur place à la suite de son renversement.

Certaines versions affirment même que cette histoire aurait été inventée par les services secrets français pour ajouter du crédit à l’image de monstre donnée à Bokassa à l’époque, afin de justifier son renversement.

> Lu sur TF1 et LaLibre

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