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SOMMET EUROPEEN

600 millions d'euros débloqués pour le chômage des jeunes en France

Sous l’impulsion de François Hollande, la quasi-totalité des dirigeants européens se sont réunis, mardi 12 novembre, à Paris afin de faire front commun pour lutter contre le chômage des jeunes. Avec plus de 5,6 millions de jeunes chômeurs dans l’UE, il y a en effet urgence. L’Union Européenne va débloquer, le 1er janvier 2014, six milliards d’euros pour le chômage des jeunes, dont 600 millions pour la France.

L’enveloppe de six milliards d’euros, sur deux ans, pour 5,6 millions de jeunes chômeurs apparait dérisoire face à l’enjeu.- euronews-fr/Dailymotion (capture d'écran)

A l’exception de David Cameron, la quasi-totalité des dirigeants européens ont répondu présents à l’invitation de François Hollande pour ce deuxième sommet dédié aux à l’emploi des jeunes mardi 12 novembre. Cette rencontre s'inscrit dans la continuité du premier qui s'était déroulé à Berlin, le 3 juillet dernier. Elle devrait précéder un troisième sommet prévu, soit en Italie, soit en Grèce. "Le chômage des jeunes, c’est le sujet européen le plus important du moment" a affirmé le président de l’Union, Herman Van Rompuy à l'occasion de cette réunion.  

Douze régions bénéficiaires en France

Afin d’éviter le saupoudrage, ces six milliards d’euros seront débloqués, le 1er janvier 2014, pour les régions dont le taux de chômage des jeunes actifs dépasse 25 %. En France, douze régions – huit en métropole et 4 en outre-mer –, soit 300 000 jeunes sont concernés.

"Nous aurons à veiller à la bonne application du dispositif" a souligné le président François Hollande. Il a également précisé que cette aide venait s’ajouter, et non se substituer, aux emplois d’avenir et aux contrats de générations.

La "garantie jeunesse"

Selon Le Figaro, l’argent ne sera disponible que si les Etats mettent en œuvre la "garantie jeunesse" adoptée au niveau européen - inspirée de l’Autriche et de la Finlande -, qui vise à ne pas abandonner un jeune plus de quatre mois, en lui offrant un emploi, une formation, un stage ou un apprentissage de qualité.

En septembre dernier, la France a lancé sa propre "garantie jeunesse", égale à taux plein au plafond du RSA (483 euros). Elle vise avant tout les jeunes précaires sans formation, ni travail. Avec un taux de 26,1 %, la France devrait donc sans aucun mal toucher sa part de 600 millions d’euros sur l’enveloppe des six milliards, auxquels s’ajoutent 100 millions obtenus lors du dernier Conseil européen.

Une enveloppe insuffisante

L’enveloppe de six milliards d’euros, sur deux ans, pour 5,6 millions de jeunes chômeurs apparait dérisoire face à l’enjeu. Dans douze pays de l’UE, le taux de chômage des jeunes dépasse 25 % de  la population active, il atteint 26 % en France, et franchit la barre des 55 % en Espagne (56 %) et en Grèce (61,5 %). Seules l’Allemagne (7,7 %) et l’Autriche (8,6 %) réussissent à tirer leur épingle du jeu. 

Par ailleurs, l’Union européenne bénéficie d’une faible marge de manœuvre, les politiques d’emploi relevant avant tout des Etats et des entreprises. De plus, l’essentiel est bien la croissance. Et si la conjoncture européenne s’améliore, le taux d’emploi ne devrait pas augmenter de plus de 1 % en 2013 et 2014. Pas assez pour faire baisser le chômage… 

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