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La discrimination à l’embauche est une réalité en France selon l’Ifop

Selon les résultats d’une étude Ifop, près de quatre demandeurs d’emploi sur dix déclarent avoir déjà été victimes d’une discrimination à l’embauche. Cette dernière peut prendre plusieurs formes, apparence physique, sexe, origine… et avoir lieu à différents stades du recrutement - au moment de l’étude du CV, lors de l’entretien d’embauche. Alors qu’en est-il vraiment de la discrimination à l’embauche en France ?

La discrimination à l'embauche est une réalité qui concerne de nombreux chômeurs - Photo : alainalele/Flickr/cc

37%. C’est bien le pourcentage de chômeurs, selon l’enquête Ifop, qui estiment avoir déjà subi personnellement une discrimination à l’embauche. Ce chiffre est bien sûr extrêmement élevé. Que ces personnes aient réellement subi une discrimination ou que ce ne soit qu’une impression infondée, il reste tout à fait significatif.

Un phénomène relativement courant

Le sondage de l’Ifop pour le Défenseur des Droits - établissement indépendant chargé du respect des droits et libertés - a été réalisé sur un échantillon de plus de mille demandeurs d’emploi. Ces résultats attestent de la perception d’une discrimination à l’embauche extrêmement répandue en France. Près d’un chômeur sur quatre estime avoir déjà subi personnellement une discrimination à l’embauche.

L’étude, dont les résultats ont été publiés ce lundi 7 octobre, fait également ressortir l’importante relative des différents types de discrimination. Les quatre facteurs considérés comme les plus discriminants et pointés du doigt par plus de 20% des personnes interrogées sont l’apparence physique, le fait même d’être chômeur, le sexe et les origines (couleur de peau, nationalité, accent…).

Sans surprise d’autres critères tels que l’âge, le lieu d’habitation ou encore le handicap sont également cités, bien que moins fréquemment. Enfin, les personnes interrogées n’évoquent que très rarement comme facteur de discrimination l’orientation sexuelle ou les opinions politiques.

Des résultats différents pour les résidents des zones urbaines sensibles (ZUS)

L’autre enseignement notable de cette étude est que les résultats diffèrent très fortement si l’on prend uniquement les habitants des zones urbaines sensibles ou les personnes interrogées sur l’intégralité du territoire.

Pour 48% des résidents des ZUS, l’origine est le premier critère discriminant cité alors que ce critère ne vient en première position que pour 23% des demandeurs d’emploi pris sur la France entière.

Point relativement étonnant, si les résidents des ZUS mettent en premier le critère des origines, ils ne sont "que" 29% à déclarer avoir déjà été victime de discrimination à  l’emploi, contre 37% pour l’ensemble des personnes interrogées.

D’une façon générale les personnes sondées font part d’une plus grande discrimination lors de l’entretien par rapport à la réception des CV. Les résidents des ZUS estiment au contraire que la discrimination à l’embauche a lieu davantage lors de l'étude des CV. In fine, ils considèrent massivement que leur CV est écarté directement, ce qui ne leur donne pas l’opportunité de convaincre lors de l’entretien.

Que conclure de ces résultats ?

Les résultats de cette enquête doivent être pris avec mesure. En effet, il important de noter que dans les faits il est très difficile d’être sûr et de prouver que l’on a été écarté sur un critère discriminant comme le sexe, le physique ou les origines. En période de crise les employeurs peuvent se permettre d’être encore plus sélectifs dans leurs choix. Si bien que l’on peut considérer avoir été écarté à cause d’un critère discriminatoire alors qu’en fait il n’en est rien.

C’est bien pour cela que l’on ne doit pas forcément conclure de cette étude que la discrimination à l’embauche est très élevée en France mais plutôt que les chômeurs estiment massivement en être victime. La nuance est importante, même si bien sûr, sur un marché du travail qui fonctionne, qui est dynamique, ce pourcentage de personne estimant avoir été victime de discrimination ne peut atteindre un tel niveau.

De plus, dans le mesure où la loi interdit aux entreprises tout recueil d’informations concernant les origines, la couleur de peau (évidemment l’apparence physique également), il n’est pas possible de connaître le diversité dans le milieu professionnel, par secteur ou par type d’entreprise par exemple. L’étude constitue donc un mauvais signal, mais représente simplement un indicateur qui ne peut réellement être vérifié dans les faits.

 

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