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Double attentat particulièrement meurtrier à Mogadiscio

Les terroristes d’Al-Shebab ont orchestré un double attentat au camion piégé dans la capitale somalienne causant plus de 300 morts et 300 blessés. Cet acte sanguinaire et un terme au « printemps somalien » - une accalmie politique et économique qui a suivi l’élection du président Mohamed Abdullahi Mohamed.

Samedi soir à Mogadiscio, la capitale de la Somalie a été victime d’un attentat particulièrement meurtrier. Un camion piégé a explosé dans le district de Hodan, devant l'hôtel Safari, un établissement populaire au sein d’un quartier commercial très animé qui n'est d'ordinaire pas fréquenté par des responsables gouvernementaux. "Nous avons confirmation que 300 personnes sont mortes dans les explosions. Ce bilan va s'alourdir encore car certaines personnes sont toujours portées disparues", d’après le directeur des services ambulanciers Amin.

"Tous les hôpitaux de Mogadiscio sont remplis des victimes de l'explosion. Ce qui s'est passé hier (samedi) est une tragédie sans précédent" a-t-il ajouté. Cet attentat n'a pour l’heure pas été revendiqué. Mais il a été attribué aux islamistes somaliens shebab, liés à Al-Qaïda, qui lancent fréquemment des attaques et attentats-suicides dans Mogadiscio et ses environs. Ils ont été chassés de Mogadiscio par une coalition panafricaine en août 2011. Depuis leur éviction de la capitale, les Shebab ont juré la perte du fragile gouvernement central somalien.

Le président somalien, Mohamed Abdullahi Farmajo, dit "Farmajo" a visité dimanche l'hôpital Erdogan, où il a donné son sang pour les victimes. Il a ensuite fermement condamné l’attentat : "C'est une attaque horrible menée par les shebab sur des civils innocents, qui ne visait pas des responsables gouvernementaux somaliens spécifiques. Cela montre combien ces éléments violents sont sans pitié, pour viser sans distinction des gens innocents qui ne faisaient que s'occuper de leurs affaires". Dimanche, des centaines d’habitants sont descendus dans les rues afin d’exprimer leur indignation et leur soutien au gouvernement.

"On a identifié deux camions piégés et bourrés d’explosifs militaires mais aussi sans doute des composants chimiques inflammables, introuvables en Somalie" expliquait une source près de l’enquête. Cela marque une gradation sensible dans l’horreur pour les Shebab. Cette attaque a brutalement mis fin à sept petits mois de calme dans un pays ravagé par 25 ans de guerre civile. Cette embellie, qui avait suivi l’élection surprise de l'ex-Premier ministre Farmajo, devenu 9ème président de la Somalie en Février dernier, avait été surnommée le "printemps somalien".

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