Connexion

HOMOPHOBIE

Equateur: des gays traités en clinique comme des toxicos

En Equateur, plusieurs jeunes lesbiennes ont été internées de force dans des cliniques anti-gays dont le but est de « guérir l’homosexualité ». Victimes de torture physique et psychologique dans ces centres clandestins, les jeunes femmes ont raconté leur calvaire.

Zulema Constante, jeune Equatorienne internée de force dans une clinique anti-gay en mai dernier - Photo: capture d'écran DR Shane Arreaga Sesme/ Youtube

Des centres clandestins pour "désintoxiquer" les homosexuels

 C’est un "phénomène de grande ampleur" qui éclabousse à nouveau l'Equateur. Denisse Freire, une jeune Equatorienne a été internée de force par sa mère dans une clinique anti-gay, après lui avoir révélée son homosexualité. "Ma mère m'a découverte dans ma chambre avec une copine du collège et elle m'a internée parce que j'étais lesbienne. On devait soi-disant me soigner", raconte la jeune femme de 25 ans, qui dévoile les méthodes de tortures de ces établissements clandestins:  "Ils me torturaient avec des électrochocs, m'empêchaient de me baigner pendant trois jours, me donnaient à peine à manger, me frappaient beaucoup, me pendaient par les pieds", confie-t-elle. 

Un phénomène national ?

Interrogée par l’AFP, la ministre de la Santé, Carina Vance a déclaré que cette clinique n’était pas un "cas isol" en Equateur - pays où l'homosexualité était considérée comme un crime jusqu'en 1997 -  et qu’il existait "une mafia, [un] réseau qui opère au niveau national". Eau glacée, administration de substances dopantes, sévices sexuels...ces structures usent des pires méthodes pour "guérir l’homosexualit".   "Deux lesbiennes ont aussi dénoncé ce que ces cliniques appellent la 'thérapie sexuelle', qui consiste à être violée par un homme", a indiqué la ministre, militante pour les droits des homosexuels.

Deux personnes auraient perdu la vie à la suite de ces "traitements" l'an dernier, à Machla (province d'Oro) et à Guayaquil. Depuis plus de dix ans, des collectifs gays luttent contre ces  ces centres clandestins. 

"Guérir l’homosexualit": le témoignage poignant de Zulema Constante

Déjà au mois de mai dernier, Zulema Constante, autre victime internée de force dans une clinique clandestine avait partagé son témoignage. Après avoir annoncé à ses parents qu’elle était lesbienne, la jeune femme de 22 ans a été rejettée par sa famille, puis internée de force dans l' établissement "Comunidad Terapéutica Femenina Esperanza", situé à neuf heures de route de sa ville, Tena, dans la région amazonienne de l'Équateur.

Après sa disparition, les militants LGBT ont dénoncé l’affaire et l'ont relayé sur les réseaux sociaux. Face à la pression des organisations,  Zulema Constante a finalement pu sortir le 5 juin dernier. Lors d’un point presse, la jeune femme a partagé son témoignage, dénonçant les mauvais traitements physiques et psychologiques dont elle a été victime: "Elle a été endoctrinée avec les préceptes religieux pour la convaincre que son orientation sexuelle était une maladie" rapporte le site d’ABC News.

Fermeture de 30 centres depuis 2011

Grâce à son témoignage, la clinique -  dont la propriétaire était une fonctionnaire du Ministère de la Santé - a pu être fermée. Ce centre fait partie des 200 établissements de désintoxication, dont plus de la moitié est illégale en Equateur. Selon Silvia Buendia, l’avocate de Zulema, ces cliniques appartiennent à une "mafia évangélique fanatique" qui détient les gens contre leur gré avec le consentement des familles. Depuis 2011, environ 30 centres ont été fermés.  

Noter
0