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PSYCHODRAME AMÉRICAIN

Budget: bras de fer autour d'Obamacare

Le Texan conservateur Ted Cruz s’est lancé mardi 24 septembre dans un marathon verbal de plus de vingt-et-une heures devant le Sénat pour protester contre « Obamacare » - la réforme la plus emblématique du Président Obama -, et ainsi empêcher des millions d’Américains d’obtenir une assurance-santé. Cette loi fait l’objet d’un bras de fer entre républicains et démocrates au Congrès qui doivent voter le budget d’ici le 30 septembre afin d'éviter de paralyser l'Etat fédéral.

Les républicains protestent contre la réforme de santé dite "Obamacare" - la plus emblématique du président Barack Obama - qui fournirait à tous les Américains une assurance-santé. - will1ill/Flickr, cc

Le député conservateur du Tea Party, Ted Cruz, 42 ans, est resté debout plus de vingt-et-une heures devant le Sénat américain, quasi-seul et chaussé de confortables tennis noires au lieu de ses habituelles bottes en cuir d’autruche. Un acte désespéré pour protester contre la réforme de santé dite "Obamacare" - la plus emblématique du président Barack Obama - qui fournirait à tous les Américains une assurance-santé.

Et ce n’est pas une tentative isolée chez les républicains, puisqu’en mars 2013, son collègue Rand Paul a occupé l’hémicycle pendant 13 heures afin de protester contre la politique de l’administration Obama sur les drones. Le record est détenu par un élu du Sud qui a accaparé la parole pendant plus de 24 heures souhaitant bloquer la loi sur les droits civiques, en 1957.

Un rejet massif d’Obamacare par les républicains

Ce marathon verbal ne constitue pas à proprement parlé la technique d’obstruction parlementaire dite "de flibustier" qui permet à un sénateur de monopoliser la parole sans discontinuité pendant des heures visant à bloquer l’adoption d’une loi, puisqu’un autre vote était déjà prévu pour mercredi en milieu de journée.  

Cette situation traduit toutefois la forte opposition des républicains à la loi sur la santé. Et tandis que les extrémistes l’analysent comme "un pas de géant vers le socialisme athée", rapporte le journal Courrier International, d’autres refusent d’admettre que l’Obamacare pourrait être un succès attribué aux démocrates.

Paralyser les services fédéraux ?

Soit pour empêcher l’adoption de cette réforme, certains républicains n’hésitent pas à menacer de paralyser l’Etat fédéral en bloquant la loi sur le budget de 2014. Si elle n’est pas votée impérativement par le Sénat d’ici le 30 septembre, les services fédéraux pourraient cesser de fonctionner. Une situation catastrophique où le gouvernement cesserait de payer ses fonctionnaires et fermerait ses services.

Chaque année le même psychodrame se déroule avant de voter le budget entre les sénateurs et les démocrates. Néanmoins cette année, les républicains, majoritaires à la Chambre des représentants, font monter la pression sur la loi Obamacare. Cela semble être l’ultime recours pour abattre la réforme clé du Président Obama, puisque tous les autres recours contre cette loi ont déjà été épuisés, la réforme ayant été déjà votée il y a trois ans et jugée constitutionnelle en 2012.

La Chambre des représentants – contrôlée majoritairement par les républicains – a déjà voté un budget "bouche-trou", qui "supprime clairement les financements de l’Obamacare" a réagi le démocrate Harry Reid, chef de la majorité au Sénat. Le Sénat à majorité démocrate devra alors amender ce texte en rétablissant les crédits finançant la réforme de santé pour que le dernier volet de la réforme de la santé s’applique dès le 1er octobre – date à laquelle les Américains sans couverture maladie doivent s’inscrire sur Internet pour en obtenir une subventionnée. La loi entrera en vigueur dès le 1er janvier 2014

Ils n’iront certainement pas jusque-là…

Pour autant, les républicains savent très bien qu’ils n’iront pas jusqu’à bloquer les fonds de l’Obamacare et ne pas voter le budget 2014. Le républicain John McCain a lui-même déclaré "Je sais qu’en fin de compte, nous ne supprimerons pas les fonds de l’Obamacare".

Ils ne souhaitent en effet pas retenter l’amère expérience de 1995 où suite à la fermeture des services fédéraux, le démocrate Bill Clinton a été reconduit à la présidence, et les républicains ont vu leur image écornée.

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