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NOUVELLE ORGANISATION

Lutte anti-terrorisme, développement régional: à quoi sert le «G5» du Sahel?

Après le G7 ou le G20, voici le G5, un groupe de cinq pays du Sahel, cette région menacée par le déploiement d'organisations terroristes. C’est pour garantir la sécurité et le développement démocratique de la région que le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Burkina Faso et le Tchad ont décidé de créer cette nouvelle instance.

En 2011, l'instabilité libyenne avait poussé les États du Sahel à demander l’assistance des pays occidentaux pour lutter contre le terrorisme. Photo: Magharebia / flickr-cc

C’est à Nouakchott, en Mauritanie, qu’a eu lieu dimanche 16 février la première réunion des cinq chefs d’État du Sahel.

Mohamed Ould Abdel Aziz (Mauritanie), Ibrahim Boubacar Keïta (Mali), Blaise Compaoré (Burkina Faso), Mahamadou Issoufi (Niger) et Idriss Deby Itno (Tchad) ont jeté les bases du "G5 du Sahel", une nouvelle organisation qui souhaite établir un partenariat entre les pays du Sahel autour des questions de développement et de sécurité de cette région instable de l’Afrique.

"Sécurité et développement"

Les cinq présidents se sont retrouvés dimanche lors d’un mini-sommet au palais des Congrès de la capitale mauritanienne sous le thème "sécurité et développement" pour mettre en place ce nouveau groupe présenté comme "un cadre institutionnel de coordination et de suivi de la coopération régionale" sous l’égide du président mauritanien, qui vient par ailleurs de prendre la tête de l’Union africaine.

Face aux multiples crises ayant frappé ces derniers mois la région du Sahel et devant l’escalade de la menace terroriste, les dirigeants de ces cinq pays ont annoncé leur souhait de coordonner leurs interventions et leurs stratégies dans la région, et d’organiser le dialogue avec leurs partenaires internationaux.

Une instance de coordination autour des mêmes défis

Le chef d’État mauritanien a toutefois souligné les avancées enregistrées jusqu’alors dans le combat contre le terrorisme, rappelant "la libération effective du nord du Mali, puis le retour à l’ordre constitutionnel dans ce pays frère avec l’appui de l’ensemble de ses partenaires"

Il a par ailleurs précisé que le "G5 du Sahel" n’avait pas vocation à remplacer d’autres organisations sous-régionales existantes mais bien de permettre "la coordination entre les cinq pays qui partagent les mêmes défis", à savoir "liquider la pauvret" afin de "créer les conditions pour liquider le terrorisme et le crime organis", comme l’a précisé le président du Niger.

"Dans son discours d’ouverture, […] le président mauritanien a largement évoqué les menaces sécuritaires que la région endure depuis plus d’une décennie"indique un envoyé spécial au site malien Malijet.com"Soulignant que ce sommet intervient à un moment crucial pour la région sahélo-saharienne, Mohamed Ould Abdel Aziz a indiqué que la persistance de ce fléau dans l’espace sahélien représente un défi d’autant plus majeur qu’il vient s’ajouter, en les accentuant, aux contraintes du développement durable et de la lutte contre la pauvret", ajoute le journaliste.

"Le sanctuaire du terrorisme"

Début février, le ministre de l’Intérieur du Niger appelait déjà à intervenir dans le grand sud libyen pour "radiquer la menace terroriste", proposition également évoquée fin janvier par l’ancien chef d’état-major des armées françaises. La région est en effet devenue depuis quelques années un "sanctuaire du terrorisme international"confiait à JOL Press le politologue et directeur de l’Observatoire des pays arabes, Antoine Basbous.

De nombreux groupes terroristes armés liés à Al-Qaïda, notamment AQMI (Al-Qaïda au Maghreb islamique), opèrent toujours dans la région, menaçant la stabilité des pays comme le Niger, le Mali ou la Mauritanie qui ont été à plusieurs reprises le théâtre de divers trafics, enlèvements et attaques-suicides.

Le G5 compte sur l’aide internationale

Dans un communiqué, les cinq chefs d’État ont indiqué qu’un secrétariat permanent avait été créé pour élaborer "un programme prioritaire d'investissements et un portefeuille de projets structurants accordant une large priorité à la sécurité, à l'ancrage de la démocratie et à la participation des populations à la promotion des zones les moins développées".

Ils espèrent pour cela pouvoir compter sur l’aide et le financement de leurs partenaires internationaux. À la fin 2013, la communauté internationale avait promis à ces pays plus de 8 milliards d’euros pour des investissements dans le domaine de la sécurité et du développement. "C’est pour voir comment utiliser précisément cette enveloppe que le G5 voit aujourd'hui le jour"précise RFI.

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