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GRÈCE EN CRISE

Marché immobilier grec: la belle aubaine?

En Grèce, l’effondrement des prix de l’immobilier fait quelques heureux. Pour les étrangers qui rêvaient de s’offrir une retraite sous le soleil, c’est désormais chose possible. Face à l’augmentation des taxes, les propriétaires grecs, résignés, vendent à tours de bras leurs biens immobiliers aux Européens mais aussi – plus récemment – aux Chinois.

Un village de l’archipel de Santorin, dans les Cyclades, Grèce © Roberto Faccenda / flickr-cc

Après avoir résisté un temps à la dégringolade des prix, l’immobilier grec a finalement plié. Depuis deux ans, les prix ont en effet considérablement baissé. Le prix de vente a chuté de 30%, voire 35% pour certains biens. À Athènes, selon le quartier et l’ancienneté du bien, les prix des loyers ont parfois chuté de 50%. Résultat : les Grecs vendent leurs biens et les promoteurs immobiliers cassent leurs prix.

Rage, frustration, résignation

Face à l’augmentation des taxes immobilières et aux récentes mesures fiscales, les propriétaires grecs ont souvent été contraints de se séparer de leurs biens.

Mareike Buchholz Cano, chasseuse immobilière pour l’agence iMove à Athènes depuis plus de quinze ans, résume la réaction de ces propriétaires qui, comme beaucoup de Grecs, ont reçu maisons et terrains, principalement par héritage. "D’abord la rage, ensuite la frustration, puis la résignation. Maintenant, les propriétaires grecs se ruent sur la vente de leurs biens, qu’ils n’ont souvent pas achetés eux-mêmes, mais reçus de leurs ancêtres", sortes de cadeaux empoisonnés.

Sous le soleil

À Athènes et dans les grandes villes du pays, la chute des prix a atteint des sommets, et le prix du mètre carré oscille aujourd’hui autour des 2 000 euros. Dans les îles et sur le littoral, la baisse des prix s’est – légèrement – moins fait sentir, atteignant plutôt les 15-20%.

"La beauté du pays, la culture, la météo, le soleil, les plages" sont les principales raisons qui poussent les expatriés à venir s’installer en Grèce, explique Mareike Buchholz Cano. La relative stabilité politique du pays, membre de l’Union européenne, et – nul besoin de le rappeler – la forte baisse des prix, continuent d’attirer chaque année les touristes et poussent les étrangers à investir.

Français, Belges, Suisses, Italiens, Russes, mais aussi, plus récemment, Chinois ou Grecs de l’étranger, viennent ainsi trouver demeure près des eaux turquoise des Cyclades ou des sites historiques du Péloponnèse. Les côtes sauvages de l’Eubée ou les rives antiques de Nauplie, à seulement deux ou trois heures de l’aéroport d’Athènes, attirent également ces Européens en manque de soleil. D’autres cherchent enfin la tranquillité et la nature "sauvage" des îles difficiles d’accès, comme Patmos ou Amorgos.

"On se partage les biens et les clients"

800 000 euros pour une grande propriété blanche traditionnelle de 400 mètres carrés, sur un terrain de plus de 8 000 mètres carrés à Kythnos… Il y a trois ans, une telle villa aurait dépassé le million d’euros. Et les maisons de moins de 100 mètres carrés trouvent aujourd’hui preneurs à moins de 150 000 euros. Des prix cassés, avec lesquels les promoteurs immobiliers doivent s’accommoder.

Si Mareike admet que "la concurrence entre promoteurs est rude", elle remarque cependant que "la crise a aussi eu un impact positif sur les relations entre les agents immobiliers. Alors qu’avant chacun travaillait pour soi, de manière plutôt agressive, maintenant, il y a plus de collaboration et des synergies se développent", ajoute-t-elle, avant de conclure : "On se partage les biens, et les clients"

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