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TENSIONS GÉOPOLITIQUES

Nouvelles manœuvres militaires du Japon

Dans un climat de regain de tensions avec la Corée du Nord, mais également avec la Chine, le Japon a annoncé ce jeudi 12 décembre vouloir améliorer sa capacité d’action militaire. Déplacements de troupes, accroissement de la mobilité, Tokyo multiplie les efforts pour être opérationnel… le moment venu.

Hélicoptère des forces armées japonaises. (Photo : Jerry Gunner / Flickr)

"Pour la première fois, le Japon sera en mesure d’avoir de la mobilité, de déployer rapidement des forces de façon intégrée", affirme le ministre de la Défense japonais, Itsunori Onodera. Le ministre poursuit en évoquant la nécessité de capacité d’action sur des "les lointaines", ou encore en cas de "menace d’un missile nord-coréen". Les deux références montrent à quel point le Japon prend au sérieux l’attitude de ses voisins.

Du reste, ces déploiements militaires et changements stratégiques répondent à un déplacement des zones névralgiques à risque. Depuis la Guerre Froide, les troupes nippones sont essentiellement installées au nord du pays, comme pour contrer un danger soviétique maintenant désuet.

Un affrontement géopolitique inquiétant

Le changement géographique des positions militaires japonaises s’inscrit ainsi dans un contexte géopolitique conflictuel avec la Chine, ajouté à la menace permanente que représente la Corée du Nord.

Depuis l’été 2012, les relations diplomatiques sino-japonaises se sont largement distendues. En cause, les revendications de souveraineté des deux camps sur trois îles. Trois petits cailloux volcaniques, appelés Îles Senkaku (en japonais) ou Diaoyu (en chinois). D’une importance symbolique, exagérée par le nationalisme territorial dont font preuve les deux Etats, ces îlots possèderaient également un sous-sol aux richesses considérables. Des ressources hydrocarbures semblent planer sur l’envenimement progressif du conflit.

Le Japon et la Chine jouent sur une politique d’intransigeance dans ce dossier, fréquemment exacerbée par les provocations de part et d’autre. Tokyo avait nationalisé trois de ces îles en septembre 2012. Un an plus tard, l’incursion de bateaux de garde-côtes chinois avait relancé les hostilités (octobre 2013).

Les mouvements – quoique classiques – des forces japonaises risquent donc de faire monter encore plus d’un cran les tensions.

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