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PRATIQUES SUPERSTITIEUSES

Inde: le projet de loi «anti-superstition» présenté au parlement

Le défunt Narendra Dabholkar, figure du rationalisme indien, a soulevé dans le débat public la question de la superstition et de la magie noire, sujets tabous dans la société indienne. Depuis son assassinat le 20 août dernier, son projet de loi « anti-superstition », pour lequel il s'est battu pendant des années, a été remis à l'ordre du jour. Il sera examiné au parlement de l'État du Maharashtra.

Narendra Dabholkar - Photo DR Ulhaas Kotkar/Youtube

Pratiques superstitieuses et magie noire : un commerce juteux en Inde

Le meurtre de Narendra Dabholkar, a suscité une vague d’indignation à travers le pays. Celui qui s'activait depuis des années pour la mise en place d’une loi contre les pratiques superstitieuses et la magie noire, est tombé, le 20 août dernier,  sous les balles de deux individus à Pune, deuxième ville de l'État indien du Maharashtra, à l’ouest de l’Inde. Les auteurs du meurtre qui se sont enfuis à moto n’ont pas encore été identifiés.

Figure du rationalisme indien

Perçu par de nombreux Indiens comme un révolutionnaire, ce médecin de profession dirigeait une revue hebdomadaire proche de l’Association rationaliste indienne et militait au sein du Comité pour l’éradication de la superstition (CES), rappelle le quotidien Libération.

Depuis 25 ans, cette figure de proue du rationalisme indien luttait contre les faux gourous et les sorciers de la magie noire qui avaient fait de la superstition et des rituels dangereux leurs fonds de commerce.

Grève générale au lendemain du meurtre de Narendra Dabholkar

Au lendemain de son assassinat, plusieurs partis politiques ont condamné ce meurtre prémédité, appelant à une grève générale. Plusieurs villes de l’Etat du Maharashtra ont été le théâtre de nombreuses manifestations poussant le ministre-président de l’Etat, Prithviraj Chavan, à offrir une rançon de 15 000 dollars à celui qui aurait des informations sur les assassins.

Accusé d'être un anti-religieux

Face à l'ampleur de la mobilisation, le gouvernement a également remis sur la table le projet de loi anti-superstition et anti magie noire que Narendra Dabholkar défendait depuis huit ans. 

Critiqué par les groupes hindouistes qui l’accusaient de mener une campagne anti-religion, Narendra Dabholkar avait déclaré à l’AFP qu’il n’y avait, dans l'ensemble du projet de loi, "pas un seul mot sur Dieu ou la religion""La Constitution indienne permet la liberté de culte et personne ne peut nous l'enlever", arguait-il soulignant qu’il s’attaquait à la "fraude et aux pratiques d'exploitation".

Avancée majeure dans la société indienne

Ce projet de loi, en examen à l’Assemblée depuis août 2011, a été promulgué le 21 août dernier sous forme d'ordonnance par le gouverneur de l'État du Maharashtra. Si l’assemblée vote le texte, il s'agira de la première loi interdisant et sanctionnant les pratiques superstitieuses et la magie noire en Inde.

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