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Japon : le gouvernement au secours de la consommation

Face à un retour de la récession en novembre et une déflation durable, le gouvernement de Shinzo Abe prévoit de prendre plusieurs mesures relancer la consommation intérieure dans le pays, dont une augmentation du salaire minimum et un coup de pouce aux petites retraites. Le ministre de la revitalisation économique, Akira Amari, a annoncé, mardi 24 novembre, les grandes lignes d’un « plan d’urgence pour une économie forte pouvant donner de l’espoir. »

Le gouvernement japonais, aux prises avec une économie de nouveau en récession, s'apprête à dévoiler une série de mesures pour redynamiser son économie par la consommation. Des indicateurs révélés vendredi soulignent la fragilité de la conjoncture japonaise. En novembre, la consommation des ménages s’est contractée de – 2,5 % sur un an. La production industrielle a chuté de – 0,6 %. L’inflation a ralenti pour le quatrième mois d’affilée, de 2,9 % à 2,7 %. Malgré la dépréciation du yen, qui a perdu près de 45 % de sa valeur face à l’euro depuis décembre 2012, l’économie japonaise ne décolle pas. La hausse de la TVA en avril, de 5 à 8 %, a pénalisé la consommation des ménages, traditionnel moteur de la croissance japonaise (61 % du PIB en 2013, selon la Banque mondiale).

Réaffirmant l’ambition du premier ministre Shinzo Abe de porter le produit intérieur brut (PIB) à 600 000 milliards de yens (4 588 milliards d’euros) d’ici à cinq ans et de sortir l’archipel de quinze ans de déflation, ce projet est axé sur la relance de la consommation et l’investissement des entreprises. Il sera inclus au plan, présenté le 26 novembre, pour "une société promouvant la participation active des 100 millions de citoyens".

Il y a deux semaines, le premier ministre a obtenu l’aval des électeurs pour poursuivre la série de réformes portées par le gouvernement sous la charmante dénomination d’Abenomics. Le plan table notamment sur un relèvement du salaire minimum : le projet prévoit une hausse de 3 % du salaire minimum. Variable selon les départements, cette rémunération s’établissait en moyenne à 780 yens (6 euros) de l’heure en 2014. Le gouvernement souhaite également prolonger l’accès à l’assurance chômage au-delà de 65 ans, pour encourager les personnes plus âgées à continuer de travailler. Une enveloppe de 30 000 yens (229 euros) est également prévue pour chacune des 10 millions de personnes touchant une petite retraite.

Une augmentation des salaires est considérée comme un préalable indispensable pour relancer la consommation intérieure et espérer sortir le Japon de quinze ans de déflation. Mais le plan gouvernemental n'ouvrira cependant pas de nouveaux chantiers de réforme que des analystes jugent indispensables pour sortir le Japon du marasme – notamment une relance de la productivité des salariés japonais. De même, nombreux sont ceux qui estiment regrettable que le gouvernement ne s'attaque pas à la réforme du marché du travail, trop rigide.

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