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Jean-Michel Arnaud

Jean-Michel Arnaud

Président du groupe Domaines Publics - Directeur des Publications de l'Abécédaire des Institutions

Docteur en gestion, titulaire d’un MBA de l’Université d’Ottawa et diplômé de l’ESLSCA, Jean-Michel débute sa carrière à la DREE dans l’expansion économique puis par la création d’entreprises d’import-export de biens industriels aux Etats-Unis. Il...

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Les trois enjeux de la mobilité durable

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On ne parle désormais plus seulement de transports, mais de mobilité, signe d’une attention plus grande donnée au service et à sa qualité, au-delà de l’infrastructure physique. A l’origine de ce changement de paradigme, une mobilité de plus en plus partagée, connectée, écologique et autonome qui a conduit les pouvoirs publics à une inflexion majeure de leur politique de transports. Le gouvernement français a relevé le gant et prépare une loi d’orientation sur les mobilités (LOM), un texte visant à préparer le pays à ces nouveaux bouleversements.

Dans cette réorientation, c’est sans doute le ferroviaire qui doit s’attendre aux changements les plus radicaux. L’ère des grands travaux et des grandes infrastructures est révolue. La grande vitesse, qui représente 1% des déplacements, attire depuis plusieurs décennies une part substantielle des investissements, laissant les lignes locales, pourtant cruciales aux déplacements du quotidien, se détériorer. Le gouvernement a donc décidé une pause dans la construction de nouvelles lignes à grande vitesse et repoussé sine die certains grands projets. L’ouverture à la concurrence, prévue en 2020 pour le TGV et en 2023 pour les lignes régionales, va également conduire la SNCF, déjà fragilisée, à changer de modèle économique. Le récent rapport de Jean-Cyril Spinetta contient à ce titre des recommandations explosives, notamment sur la remise en question du statut de cheminot.

Cette nouvelle loi doit surtout permettre d’adapter le réseau de transports français aux mutations en cours : celle du partage, avec l’essor du covoiturage, de la voiture et des vélos en libre-service, couplée à l’arrivée de nouvelles technologies. Sans application, pas de service de VTC, de vélos en free-floating (non ramenés à une borne) ou encore de paiement par smartphone.

Les pouvoirs publics devront également se confronter à la question de la voiture autonome, qui nécessite la définition d’un cadre juridique répondant aux questions cruciales de sécurité et de responsabilité. Enfin, le gouvernement devra poursuivre le tournant écologique, qui concerne au premier chef le secteur très polluant des transports. Le virage s’amorce avec l’arrivée des véhicules électriques, mais le faible nombre de bornes disponibles freine son développement. L’investissement progresse aussi s’agissant du vélo, même si dans ces deux domaines la France reste encore loin du nord de l’Europe. Dans le cadre de la LOM, le gouvernement devra aussi apporter des solutions aux territoires mal desservis par les transports en commun, mettant à mal l’égalité des citoyens dans un de leurs droits les plus sacrés : celui de se déplacer.

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