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La Tunisie annonce des mesures sociales après plusieurs jours de contestation sociale

Le gouvernement tunisien a annoncé une batterie de mesures sociales après une semaine de contestation contre l'austérité.

Il y a 7 ans, le président Zine el Abedine Ben Ali quittait le pouvoir et le pays après un important mouvement sociale nommé la "révolution du jasmin". Cet évènement imprévu a marqué le début de la séquence historique dite du "printemps arabe" et le début de la transition démocratique de la Tunisie. En dépit de progrès politiques applaudis par la communauté internationale, la grogne reste vive dans ce pays touché par l'austérité et qui peine à se remettre de la chute du tourisme, provoquée par de sanglants attentats jihadistes.

Dans ce contexte tendu, des troubles sociaux ont commencé début janvier, alimentés par le chômage, la corruption et des mesures d’austérité dans le budget 2018. Le mouvement de contestation sociale a démarré par des manifestations sporadiques dans plusieurs villes avant de dégénérer en émeutes nocturnes le 8 janvier. Le bilan s’est progressivement alourdi : "Au total, 937 personnes sont en détention préventive" pour des actes de violences, vol ou vandalisme, a précisé le porte-parole du ministère de l’intérieur, Khlifa Chibani. Dans le même temps, 105 membres des forces de l’ordre ont été blessés dans des heurts.

A la veille de l'anniversaire de la révolution – le 14 janvier – le gouvernement a finalement décidé de répondre à une part des inquiétudes des manifestants via une série de mesures sociales, dont la hausse des allocations. Les aides aux familles nécessiteuses passeront ainsi de 150 dinars (50 euros) à 180 et 210 dinars (60 et 70 euros) en fonction du nombre d'enfants – soit une augmentation d'au moins 20%. Cette aide devrait toucher plus de 120.000 bénéficiaires pour un coût dépassant 70 millions de dinars (23,5 millions d'euros).

Dans le même temps le président tunisien Béji Caïd Essebsi a rencontré les responsables des partis au pouvoir, de la puissante centrale syndicale UGTT et du patronat, pour discuter des moyens de sortir de la crise. Nombre de Tunisiens estiment en effet avoir gagné en liberté mais perdu en niveau de vie depuis la chute de Ben Ali. Avec un chômage à 15% et une inflation aux alentours de 6%, le climat social tunisien est orageux.

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