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ECONOMIE

L'explosion du franc suisse est une bonne nouvelle !

Sur "Mediapart", le journaliste Philippe Riès ironise sur la réaction indignée des acteurs face à la décision de la BNS de relever la monnaie helvète, qui a pris près de 40 % en quelques heures.

La Banque nationale suisse / Crédit : Yu Lan / Shutterstock.com  <a href="http://www.shutterstock.com/gallery-441847p1.html?cr=00&pl=edit-00">Yu Lan</a> / <a href="http://www.shutterstock.com/editorial?cr=00&pl=edit-00">Shutterstock.com</a>
La Banque nationale suisse / Crédit : Yu Lan / Shutterstock.com Yu Lan / Shutterstock.com

Le franc suisse s'est envolé. Un "tsunami financier" sans précédent selon la presse française et helvétique. Mais pas pour Philippe Riès. Le journaliste de Mediapart estime que "l'abandon d'une manipulation de plus par une Banque centrale doit être salué". "Je suis suisse", intitule-t-il d'ailleurs son article, ce lundi sur le site d'information.

Les collectivités locales françaises... punies !

Pourquoi ce parti pris ? L'auteur du "Jour où la France a fait faillite" estime notamment que les nombreuses collectivités locales françaises qui avaient contracté des emprunts toxiques en francs suisses n'ont que la monnaie de leur pièce.
 
"Ainsi des gogos à la tête des collectivités locales françaises qui avaient fait confiance à feu Dexia pour emprunter à bon compte… en franc suisse. Le président du conseil général de l’Ain vient d’inviter l’État français à la 'vigilance' sur les conséquences de la décision. Autrement dit, un appel au contribuable français à payer pour ses propres âneries ou celles de ses prédécesseurs", tonne l'économiste. Or, plus de la moitié des collectivités ont contracté des emprunts indexés sur la parité avec le franc suisse, confirment Les Échos.

"Non seulement on doit fournir la dope aux marchés en quantité illimitée, mais il faut leur épargner toute mauvaise surprise", résume Philippe Riès. Qui rappelle tout de même l'ampleur des dégâts consécutifs au comportement "irresponsable" des institutions : "Les informations de marché font état de 150 millions de dollars de pertes chez Citigroup et autant pour Deutsche Bank", souligne notamment l'économiste.

Endettement des ménages

Pour rappel, les collectivités locales, banques et autres fonds spéculatifs ne seront pas les seuls à payer l'addition de la BNS, obligée à une décision radicale pour contrecarrer un excédent courant d'un peu plus de 9 % : la hausse brutale du franc suisse met en difficulté les entreprises suisses, qui exportent une grande partie de leur production.Comme le souligne Mathilde Lemoine auprès de BFMTV, les exportations représentent 50 % du PIB de ce pays. Vendredi, les économistes de la banque UBS ont ainsi divisé par quatre leurs prévisions de croissance pour la Suisse, tablant sur 0,5 % pour 2015, contre 1,8 %.

Du côté de l'immobilier, "les citoyens helvétiques qui possèdent des immeubles en France ont vu la valeur de leurs biens fondre de 15 % en francs suisses", ajoute-t-elle. De même, toutes les personnes qui ont contracté des emprunts en francs suisses voient le coût de leur endettement s'envoler. Ce qui n'est pas sans poser de problèmes dans des Etats comme la Pologne ou la Croatie, où des centaines de milliers de ménages détiennent des crédits immobiliers libellés en devise helvétique.

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