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PLAQUE TOURNANTE DE L'IMMIGRATION CLANDESTINE

Sévices et torture dans les camps de migrants libyens

De janvier à avril 2014, 27 000 réfugiés et migrants ont essayé de gagner l’Italie en transitant par la Libye. Ceux qui sont interceptés sont détenus dans des camps gérés par le ministère de l'Intérieur libyen. Certains ont relaté les terribles sévices et violences qu’ils ont subis.

Des milliers de migrants et réfugiés à la frontière maroco-libyenne (Photo: UNFPA/Flickr).

La Libye : Plaque tournante de l’immigration

La Libye est l’arrêt nécessaire des migrants d’Ethiopie ou d’Erythrée qui souhaitent gagner l’Italie via des bateaux de passeurs. Beaucoup ont trouvé la mort à bord de bateaux de fortune pour rejoindre les côtes européennes. Chaque semaine,  des centaines de migrants qui tentent de fuir sont interceptés par les autorités libyennes et placés dans des camps en attendant leur expulsion vers leur pays.

Au vu de l’augmentation conséquente du nombre de migrants, l’Union Européenne et l’Italie financent en partie l’action des garde-côtes libyens qui interceptent les migrants en état d’illégalité. Dans beaucoup de cas, une détention dans un camp en Libye peut durer plusieurs mois.

Des traitements inhumains

Déjà, dans un rapport publié en juin 2013, Amnesty International avait rapporté des cas de violences dans les camps de détention libyens. Un an plus tard, c’est l’Organisation Internationale non gouvernementale Human Rights Watch qui publie les conclusions préliminaires de son enquête menée en avril 2014 et basée sur de nombreux entretiens avec des détenus.

Concernant les traitements à proprement parler, Human Rights Watch relate les témoignages terrifiants des migrants de huit des neuf camps de détention du pays : passages à tabac à l’aide de battes de fer, de bâtons ou de crosses de fusils. Certains se sont fait bruler par les gardiens des camps à l’aide de cigarettes, ou ont reçu des chocs électriques de tasers. 

Plus choquantes encore, les fouilles internes exercées sur les femmes et les jeunes filles, le tout réalisé sous une horde d’insultes raciales. Enfin, dans les cas les plus extrêmes, certains hommes sont suspendus à des arbres par les pieds et fouettés aux jambes et au ventre.

Concernant les conditions de leur détention, l’ONG fait état d’une surpopulation extrême, certains centres accueillent plus de 60 hommes dans un espace de 30 m2. Les mesures d’hygiène et les accès aux soins médicaux sont innexistants.

La fin des subventions européennes et italiennes

Pour sanctionner ces pratiques intolérables, l’Italie et l’Union européenne seront amenées à suspendre leurs aides. Le ministère de l’Intérieur libyen sera chargé de mener une enquête sur les exactions commises dans les centres. Human Rights Watch recommande aussi des vérifications consécutives et indépendantes du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) et de la Mission d’Assistance des Nations Unies en Libye (MANUL). S’il est mis fin aux abus, les aides de l’UE et de l’Italie serviront à améliorer les conditions de détention et leur conformité aux normes internationales d’ici 2014.

De plus, le Département de lutte contre l’immigration illégale du ministère de l’Intérieur libyen devrait prendre d’ici peu des mesures de fermeture des camps de Soroman et Tomena, là où les plus grandes violences ont été recensées. De plus, des instructions destinées aux gardiens des centres ainsi que des limitations du nombre de détenus dans un même local.

 

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