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« LE 1ER TOUR DE FRANCE : TOUT A COMMENCÉ EN 1903 »

1903: voici les premiers bâtisseurs du Tour de France!

La fabuleuse épopée des coureurs du premier Tour de France n'avait jamais été racontée. A l'occasion de la 100e édition du Tour de France, débuté le 29 juin, JOL Press publie les extraits de « Le premier Tour de France : Tout a commencé en 1903 », de Jean-Paul Vespini (Éditions Jacob-Duvernet).

Maurice Garin avec son masseur et son fils en 1903 cc.

Pour la première fois, en 1903, une soixantaine de pionniers s'élancent sur les routes de France pour courir ce qui va devenir l'événement le plus extraordinaire de toute l'histoire du cyclisme. Sur six étapes de 400 kilomètres, les concurrents du premier Tour de France, ouvriers, menuisiers, forgerons ou bouchers, se livrent une guerre farouche pour remporter la victoire.

Héros, roublards, grands seigneurs ou tricheurs, ces premiers géants de la route sont accompagnés, soutenus, mais aussi critiqués ou méprisés par des journaux et des reporters précurseurs. Des journalistes, tel Géo Lefèvre, Alphonse Baugé, Léopold Alibert ou Maurice Martin, au champion Maurice Garin et à ses challengers (Hippolyte Aucouturier, Marcel Kerff, Arthur Pasquier…), en passant par le patron du Tour, Henri Desgrange, toute l'ambiance de la course est recréée, avec ses personnages pittoresques et colorés et ses sans-grades héroïques. 

Le premier Tour de France : Tout a commencé en 1903 est le résultat de mois de recherches minutieuses dans les archives : il offre un récit haletant, palpitant et très détaillé de cet événement historique. On vit la lutte intense des coureurs, on pédale à leur côté, et c'est en direct qu'on assiste à la bataille de l'information du premier Tour de France !

Extraits de Le premier Tour de France : Tout a commencé en 1903, de Jean-Paul Vespini (Jacob Duvernet)

Les premiers coureurs du Tour n’ont peur de personne, ils ne craignent ni la pluie, ni le froid, ni la nuit : vive le premier Tour ! L’aventure les tente, ils portent tous une veste, une casquette et des pantalons longs. C’est dans cette tenue de ville qu’ils rêvent de gloire et… d’un peu d’argent. Voici les premiers bâtisseurs du Tour de France, occupés à se faire masser et à vérifier leur matériel dans l’immense grange mise à leur disposition à côté de l’auberge Au Réveil-Matin, où flotte une forte odeur d’embrocation. Tous ces courageux, vieux briscards du vélo ou néophytes, viennent tenter leur chance. 

Chacun ou presque est très vite affublé d’un curieux surnom, qui révèle son métier ou décrit son style. Voici les Parisiens Alexandre Fourreaux, dit « le menuisier volant », qui a si souvent arpenté les rues de la capitale avec, sur son dos, un établi d’1,80 m de long, ou encore François Monachon, 32 ans, « le pédaleur du talon », un coureur expérimenté qui a déjà participé aux Six Jours en Amérique. Voici le Tourquinois Émile Pagie, 20 ans, surnommé « le prince des mineurs », Lucien Pothier, 20 ans lui aussi, dit « le boucher de Sens », qui sera la grande révélation de l’épreuve (il terminera sur la deuxième marche du podium à Paris), très élégant avec sa chemise blanche recouvrant son pantalon.

Autour d’eux les « chevaliers de la plaque sensible » se bousculent. Ils sont presque aussi nombreux que les reporters qui, au sommet de l’Alpe d’Huez allaient attendre quelques années plus tard, en 1952, l’arrivée de Fausto Coppi pour l’immortaliser. Les deux photographes les plus connus, Simons de la Vie au grand air, l’hebdomadaire sportif de référence – L’Équipe magazine de l’époque ! – et Schweitzer de La Revue Sportive, se précipitent chaque fois qu’un nouveau concurrent entre dans l’auberge. L’épopée du Tour commence ici, dans la capture sublime de ces instants historiques, avec ces premiers gestes figés en « noir et blanc » imprégnés à la lumière des flashes au magnésium, au milieu d’un brouhaha coloré, autour d’une grange, symbole de la naissance, comme l’étable de Bethléem. Le Tour, c’est Noël en juillet… 

Hommes et femmes les observent, s’efforcent de reconnaître les cracks. Mais pour l’heure, les deux super favoris, Maurice Garin et Hippolyte Aucouturier, se moquent du bruit et de l’excitation extérieure, ils dorment dans leur chambre, retenue longtemps à l’avance. Le repos, voilà le secret de la victoire. Maurice Garin ne l’ignore pas, lui qui remporta Paris-Roubaix en 1898. Savez-vous ce qu’il fit la veille ? Il passa sa journée à dormir !

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