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L’ONU dénonce le « nettoyage ethnique » dont sont victimes les Rohingya

Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme dénonce un « nettoyage ethnique » de la communauté musulmane birmane Rohingya. Des centaines de milliers ont fuit les violences en Birmanie dans les pays voisins – en particulier le Bangladesh.

L’ONU tire la sonnette d’alarme. Le traitement de la minorité musulmane rohingya par la Birmanie est une forme de "nettoyage ethnique", a estimé ce lundi le Haut-Commissaire aux droits de l’homme Zeid Ra’ad Al Hussein. "La Birmanie ayant refusé l'accès aux enquêteurs (...), l'évaluation actuelle de la situation ne peut pas être entièrement réalisée, mais la situation semble être un exemple classique de nettoyage ethnique". "Nous avons reçu de multiples rapports et des images satellites montrant des forces de sécurité et des milices locales brûlant des villages rohingyas, et des informations cohérentes faisant étant d’exécutions extrajudiciaires, y compris de tirs sur des civils en fuite", a-t-il ajouté.

Environ 370 000 Rohingyas ont trouvé refuge dans les pays voisins pour fuir les violences dans l'ouest de la Birmanie depuis fin août, ont indiqué mardi les Nations unies. "On estime à 313.000 le nombre de Rohingyas arrivés au Bangladesh depuis le 25 août", a précisé Joseph Tripura, porte-parole du Haut-Commissariat aux réfugiés. Les autorités locales et organisations internationales sont débordées la marée humaine. Malades, blessés pour certains, affaiblis et affamés, les réfugiés arrivent complètement démunis dans une zone où les camps miséreux sont déjà surpeuplés.

Considérés comme des étrangers au sein d'une Birmanie à plus de 90% bouddhiste, les Rohingyas sont apatrides même si certains vivent dans ce pays depuis des générations. Ils sont aujourd’hui persécutés par l’armée et la majorité bouddhiste birmane. Leur situation n’a pas mobilisé l’attention de la dirigeante de fait, et ancienne militante des droits de l’homme, Aung San Suu Kyi, qui a traité cette minorité de "terroristes" en réponse à des journalistes en fin de semaine dernière.  En réaction à ces propos le dalaï-lama, figure principale du bouddhisme, a exhorté la dirigeante birmane à trouver une solution pacifique à la crise.

Devant la flambée des violences, les rebelles rohingyas ont déclaré dimanche 10 septembre un cessez-le-feu unilatéral d'un mois, le gouvernement birman répondant toutefois qu'il ne négociait pas avec des "terroristes". A la demande du Royaume-Uni et de la Suède, le Conseil de sécurité de l'ONU a donc décidé de se réunir pour évoquer ce dossier.

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