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L’UE reste de marbre après l'accord de gouvernement avec l'extrême-droite en Autriche

Le nouveau gouvernement autrichien a prêté serment lundi à Vienne, après les élections législatives d'octobre dernier. Pour la première fois en 18 ans le Parti de la liberté (FPÖ) fait partie de la coalition au pouvoir.

Le conservateur Sebastian Kurz (ÖVP) et le Parti de la liberté d'Autriche (FPÖ) ont scellé vendredi leur accord de coalition. "Nous sommes parvenus à un accord de gouvernement pour les cinq prochaines années afin d'apporter le changement promis", a annoncé au terme d'une dernière journée de négociations M. Kurz, qui doit devenir à 31 ans le plus jeune dirigeant au monde. L'extrême-droite autrichienne a obtenu trois ministères régaliens au sein de ce nouveau gouvernement (la Défense, les Affaires étrangères et l'Intérieur).

Cette union était largement prévue. Responsable de la diplomatie autrichienne depuis 2013, M. Kurz était un des principaux défenseurs de la fermeture aux migrants de la route des Balkans en 2016 et s'était rapproché pendant sa campagne électorale des thématiques du FPÖ, notamment sur l'immigration (il dénonce "l’invasion de masse"). Il avait également appelé à pour davantage de subsidiarité au sein de l’Union (plus de compétences pour les Etats membres) "chaque fois que cela est possible".

Certaines propositions du nouveau gouvernement suscitent d’ores et déjà l’émoi à Bruxelles – comme l’engagement pris par la coalition autrichienne d’accorder la double nationalité aux habitants du Sud-Tyrol italien. L’annonce a fait vivement réagir le secrétaire d’Etat italien aux affaires étrangères, Benedetto Della Vedova, qui a dénoncé un retour au "nationalisme ethnique". Il a par ailleurs appelé à des sanctions contre la nouvelle union de la droite et de l’extrême droite autrichienne. Depuis 1997, une procédure de sanctions existe en effet contre un Etat qui violerait la liberté, la démocratie, l’état de droit ou les droits de l’homme.

De plus en réaction à une autre crise politique autrichienne – en 2000 cette fois, lorsque les conservateurs s’étaient déjà alliés au FPÖ – le traité de Lisbonne a ajouté une procédure de mise sous surveillance. Celle-ci peut être déclenchée, à majorité des quatre cinquièmes du Conseil européen, s’il existe un "risque clair de violation grave par un Etat membre des valeurs" de l’Union Européenne. Un tel recours est toutefois très improbable aujourd'hui, dans un contexte général de montée des partis populistes et antimigrants.

Le nouveau gouvernement autrichien a confirmé hier son engagement européen. Un éventuel référendum sur une sortie de l'UE a été écarté.

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