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BRISER LE SILENCE

313 femmes signent un manifeste contre le viol

En 1971, elles étaient 343 à avoir signé le manifeste dit « des salopes », publié dans « Le Nouvel Observateur ». Elles avaient osé affirmé qu'elles s'étaient fait avorter. Quarante ans plus tard, dans le même magazine, elles sont 313 derrière la militante féministe Clémentine Autain, à briser le silence sur le tabou du viol. « Je déclare avoir été violée » fait la une de ce mercredi 21 novembre.

La une du Nouvel Observateur, le 21 novembre 2012

Fin d’un tabou ?

Les 313 signataires du manifeste, lancé à l’initiative de Clémentine Autain, sont âgées de 18 à 87 ans. C’est à la suite de l’affaire DSK que la militante d’"Osez le féminisme" a l’idée de briser le silence qui continue à perdurer autour du viol. Elle-même victime de viol à l’âge de 22 ans, elle rassemble ainsi les voix de ces femmes qui, comme elle, ont connu cette humiliation, cette violence. Sur Europe 1, elle déclare : "Une parole s'est libérée, il y a eu un déferlement de propos misogynes à l’époque [de l’affaire DSK], mais aussi des femmes qui ont commencé à parler. Quelque chose est sorti du tabou et s'est situé sur le terrain social et politique".

"Je déclare avoir été violée"

Issues de toutes les catégories socioprofessionnelles, certaines de ces 313 femmes sont connues. Comme l’ancienne championne de tennis Isabelle Demongeot, l’auteur Frédérique Hébrard ou encore Marie-Laure de Villepin, l’ancienne épouse de l’ex-premier ministre. "Il est temps de libérer la parole, condition sine qua non pour en finir avec le viol. Nous voulons briser le silence sur ces millions de femmes violées. Je déclare que je suis l'une d'elles. Je déclare avoir été violée. Le dire publiquement, ensemble, est un acte politique", écrivent-elles dans le manifeste.

En France, un viol a lieu toutes les huit minutes

Le manifeste cherche aussi à combattre les idées reçues. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, 80% des viols sont commis par un proche de la victime : conjoint, amant, membre de la famille, patron. En France, un viol a lieu toutes les huit minutes, et chaque année, ce sont 75 000 femmes qui en sont victimes. C’est pour combattre ce problème massif et banalisé que la militante de gauche a décidé de poser en premier sa signature.

"Il faut que les pouvoirs publics entendent notre cri d'alarme et soient capables d'accompagner le personnel de justice, les professionnels de la police, de les former et de faire en sorte qu'il y ait un grand mouvement d'éducation populaire dans la société pour changer le regard sur le viol", a insisté Clémentine Autain. Aujourd’hui, seul un viol sur huit environ fait l’objet d’une plainte.

Le 25 novembre prochain aura lieu la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes.

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