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TROP A DROITE POUR LA GAUCHE?

Immigration africaine, regroupement familial: Manuel Valls mal à l’aise

Alors qu’un sondage Ifop pour le JDD paru dimanche 18 août créditait le ministre de l’Intérieur de 61% d’opinions favorables, loin devant les autres membres du gouvernement, Manuel Valls a dû se défendre ce mardi matin, face à Jean-Jacques Bourdin, sur BFM TV – RMC de propos qu’il aurait tenus, lors du séminaire gouvernemental, sur l’immigration africaine et le regroupement familial. Un sujet délicat qui a mis le ministre dans l’embarras…

Manuel Valls a dû se défendre ce mardi matin sur BFM TV – RMC de propos qu’il aurait tenu, lors du séminaire gouvernemental, sur l’immigration africaine et regroupement familial - Capture d'écran BFM TV

Le co-président du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon, affirmait, dans une interview au JDD, ce dimanche, que Marine Le Pen avait "contamin" le ministre de l'Intérieur et que ce dernier "chassait sur les terres" de la présidente du Front national. Des propos abondement commentés mais que viendraient alimenter des confidences de ministres au sortir du séminaire de rentrée du gouvernement à l'Elysée, consacré à la "France de 2025".

Des positions fermes sur des questions délicates

"Il a franchi un cap hallucinant", aurait confié anonymement un ministre aux journalistes de Libération. "a pose un vrai problème politique", aurait rajouté un autre. Au cours des discussions des membres du gouvernement sur le thème du "vivre ensemble", Manuel Valls aurait, en effet, abordé la question de la poussée démographique, notamment africaine qui obligerait "d’ici à dix ans à repenser notre politique migratoire". Et d'ajouter que la "question du regroupement familial pourrait être revue".

"La démographie est très importante en Afrique notamment, cela change le rapport à ce continent avec qui il faut réinventer un partenariat", confirmait, par ailleurs le ministre de l'Intérieur au Parisien, après le séminaire. Et d’insister, en pointant du doigt la religion musulmane : "La France et l’Europe doivent démontrer que cette religion, à qui l’on demande de faire ce que d’autres ont fait en plusieurs siècles, est compatible avec la démocratie".

Des propos mal assumés

Pourtant le lendemain, lors de sa grande rentrée médiatique, au micro de Jean-Jacques Bourdin, Manuel Valls s'est dit "gêné par la question" du journaliste sur ces propos prononcés la veille. "Je suis très respectueux du secret" des discussions qui se tiennent en Conseil des ministres, a-t-il indiqué.

"J'ai dit, et ce n'est pas la première fois, qu’il faut rebâtir un partenariat avec l'Afrique, notamment sur la question migratoire", a-t-il expliqué, estimant que ses propos ont été "déformés" dans la presse. "L'ensemble de nos politiques migratoires devront être reposées (...) parmi d'autres, la question du regroupement familial peut être posée"

Si les journalistes du Parisien rapportaient que certains ministres avaient considéré que ces positions avaient "jeté un froid polaire", lors des débats, force est de constater qu’ils ne feront que conforter tous ceux qui le jugent trop à droite. Sur BFMTV ce dimanche, le secrétaire national du Parti de gauche, Alexis Corbière, avait estimé que Manuel Valls était "un faux dur". "Il se construit la posture du dur du gouvernement. Mais c'est un faux dur. Il est dur avec les faibles et faible avec les forts et c'est ce qu'on lui reproche", avait-il expliqué.

Le gouvernement tente de calmer le jeu

De son côté le gouvernement ne veut pas faire le jeu de la presse et préfère expliquer à qui veut l’entendre que les propos du ministre de l’Intérieur n’ont causé aucun malaise : "Il n’y a pas de problème Manuel Valls. Il y a des solutions à apporter aux Français de manière collective sur tous les sujets dont chaque ministre est charg", a déclaré sur Europe 1, le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll.

"Il y a un ministre de l’Intérieur qui est un homme politique, qui avait été candidat à la primaire (socialiste) et qui fait son travail et qui fait de la politique sur des sujets qui le concernent", a insisté ce proche du président.

Pour lui, "il y a eu des propos sur l’immigration qui avaient été anticipés par la présentation générale (du ministre des Affaires étrangères) Laurent Fabius, qui avait expliqué que l’Afrique allait connaître une démographie extrêmement importante (...) qu’il risquait d’y avoir des niveaux démographiques extrêmement élevés dans certains pays tout en disant que c’est ce qui était prévu aujourd’hui". Tout va très bien madame la Marquise, tout va très bien, tout va très bien…

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