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CANDIDATS À L'IMMIGRATION

Dans les forêts marocaines, les migrants congolais s'entassent

Ils sont plusieurs centaines, stationnés dans les forêts les plus proches de la frontière espagnole, attendant leur chance pour franchir la dernière étape avant l'Europe. Les Congolais ont parcouru une longue route avant le Maroc et doivent parfois rester plusieurs mois dans des conditions très précaires.

La frontière espagnole de Melila, que cherchent à franchir les migrants congolais. Photo : noborder network/Flickr / cc

Ils sont de plus en plus nombreux. Fuyant les conflits dans leur pays, en République démocratique du Congo, ils se dirigent vers leur eldorado, l’Europe. Avant de se risquer au dernier grand voyage, la traversée de Méditerranée, ils s’entassent dans les forêts qui bordent les frontières du Maroc, près de l’enclave espagnole de Melilla.

Une vie de misère dans la forêt

Leur histoire a été révélée par le site Œil d’Afrique. Une fois arrivés sur place, les ressortissants de la RDC se retrouvent en petits groupes. Pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois, ils attendent et préparent leur plan d’action pour traverser la frontière.

"Ils sont nombreux, hommes, femmes et enfants qui attendent longtemps dans la brousse sans franchir le territoire espagnol, surveillé jours et nuits par des gardes armés jusqu’aux dents", explique ainsi le site Œil d’Afrique, qui révèle l’histoire de Lubaki, un jeune Congolais qui vit depuis dix mois dans la forêt sans être parvenu pour le moment à traverser la frontière.

Une vie miséreuse mais justifiée. Les Congolais ayant migré gardent l’espoir d’une vie meilleure en Europe. "Chez nous au Congo-Kinshasa, les gens vivotent. C’est difficile de trouver un travail bien rémunéré et la vie y est dure", explique Romain, un de ces migrants tandis que Lino renchérit, "travaillant à Kinshasa, je ne gagnais que 20 dollars par mois. Un salaire qui ne me permettait pas de m’acheter un pantalon dans une boutique".

Le Maroc décide d’améliorer les conditions de vie des migrants

Leur plus grande difficulté : ne pas se faire intercepter par la police marocaine. Les forêts accordent à ces Congolais la discrétion nécessaire pour éviter les procédures de contrôle qui deviennent de plus en plus fréquente, à mesure de l’arrivée massive de ces migrants.

"Ils ne vivent pas dans la forêt parce qu’ils le veulent, mais par crainte des tracasseries policières, car ils sont généralement en situation irrégulière au Maroc", explique ainsi Cheick Mohamed Sylla, membre d’une organisation de défense des droits des migrants.

Face à ce constat, le royaume marocain a décidé de prendre des mesures pour améliorer les conditions de vie des migrants congolais. "Le roi Mohamed VI a, début septembre, donné des injonctions fermes au gouvernement marocain pour faire cesser les refoulements et autres tracasseries auxquelles les migrants africains sont confrontés", explique Œil d’Afrique.

"A la suite du rapport du CNDH, conseil national des Droits de l’Homme, le souverain chérifien a ordonné la régularisation de certaines catégories des migrants sans papier", explique encore le site avant de conclure, "finis les refoulements intempestifs, les rafles et d’autres violences".

> Lu sur Oeil d'Afrique

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