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BANDE DESSINÉE

Marvel Comics lance sa première superhéroïne musulmane

Le célèbre éditeur américain de bandes dessinées, Marvel Comics, vient d’annoncer le lancement, en février prochain, d’une nouvelle « Miss Marvel ». Cette fois-ci, la super-héroïne s’appelle Khamala Khan et prend les traits d’une jeune ado d’origine pakistanaise et de confession musulmane.

Photo: DR Adrian Alphona / Marvel Comics

En février 2014, la maison d’édition américaine Marvel Comics relance la série "Miss Marvel" avec une nouvelle superhéroïne.

L’héroïne du prochain comic book s’appelle Kamala Khan, a 16 ans, vit dans le New Jersey et peine à conjuguer le fait d’être une ado américaine baignant dans les coutumes conservatrices de sa famille musulmane d’origine pakistanaise.

Elle succède à une autre Miss Marvel créée par la même maison d'édition et qui avait pris dans les années 70 les traits d’une militaire blonde, Carol Danvers, membre de l'US Air Force qui développait des supers pouvoirs après avoir reçu des gênes d’aliens.

"L’islam fait partie de l’identité de Kamala"

"Kamala est une adolescente qui a de nombreuses opportunités et un incroyable potentiel, mais les attentes de ses parents lui mettent beaucoup de pression. Lorsqu'elle découvre soudain ses pouvoirs, elle a l’opportunité de devenir comme son idole, Captain Marvel, et remet en question ses valeurs conservatrices" indique Marvel Comics dans un communiqué de presse.

"Son frère est très conservateur. Sa mère est parano à l’idée qu'elle puisse toucher un garçon et tomber enceinte. Son père veut qu’elle se concentre sur ses études pour devenir médecin", explique Sana Amanat, l'une des rédactrices de Miss Marvel, au quotidien américain The New York Times.

"Ce livre ne prêche pas sur la religion"

Mais "même si l’Islam fait partie de l’identité de Kamala, ce livre ne prêche pas sur la religion ou sur la foi islamique en particulier. Il raconte ce qui se passe quand vous vous débattez avec les étiquettes qui vous sont imposées, et comment cela forme votre conscience", explique Sana Amanat.

"C’est un combat avec lequel nous avons tous été confrontés sous une forme ou une autre, et ce n’est pas seulement particulier au personnage de Kamala parce qu’elle est musulmane. Sa religion n’est qu’un aspect des nombreuses façons dont elle se définit", ajoute-t-elle.

Un manque de diversité dans la BD ?

C’est après une conversation entre Sana Amanat et Steve Wacker, un autre rédacteur de Marvel Comics, qu’est né le personnage de Kamala Khan. "Je lui racontais quelques anecdotes amusantes de mon enfance, ayant grandi en tant que musulmane américaine", a déclaré Sana Amanat au New York Times. "Steve] a trouvé ça drôle".

Les deux rédacteurs ont alors remarqué le manque de bandes dessinées mettant en scène des super-héros féminins et, plus encore, de bandes dessinées présentant des personnages ayant des spécificités culturelles.

Les auteurs s’attendent à des critiques négatives

Le lancement en février prochain de cette nouvelle série risque de faire polémique, et les auteurs en sont conscients. "Je m’attends à une certaine négativit", a indiqué Mme Amanat au quotidien américain, "non seulement des gens qui sont anti-musulmans, mais des gens qui sont musulmans et qui voudraient que le personnage soit dépeint d’une manière particulière", a-t-elle ajouté.

En 2011, lorsque Marvel Comics avait annoncé que Miles Morales, un adolescent d’origine latino-américain, serait l’alter ego de Spider-Man dans le cadre d’une série alternative sur le personnage, la nouvelle avait provoqué un tollé notamment pour ceux qui croyaient que le personnage de Peter Parker serait définitivement remplacé.

Les 99 super-héros musulmans

En 2010, la maison DC Comics, concurrent de Marvel Comics, lançait une collaboration entre The 99, un groupe de 99 super-héros musulmans créés en 2006 par l'entrepreneur koweitien Naïf al-Mutawa, et d'autres super-héros américains (Superman, Batman et Wonder Woman).

Comme les super-héros américains, leur but était de sauver la Terre du Mal grâce à leurs pouvoirs surnaturels. Barack Obama, lors d’un sommet sur l’entrepreneuriat, avait salué l’initiative

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