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LOI SUR LA CROISSANCE

«Mettre en échec» la loi Macron, «un devoir» pour Cécile Duflot

Dans une tribune publiée dans le Journal du dimanche, l’ex-ministre Cécile Duflot qualifie le projet de loi du ministre de l'Economie Emmanuel Macron de « grand bond en arrière » en matière d'environnement et de « renoncement social ».

 L'ex-ministre Cécile Duflot qualifie le projet de loi Macron de "net recul écologique" (Crédit : Matthieu Riegler, CC-by / Wikimedia Commons)

Dans une tribune publiée dans le Journal du dimanche, l'ex-ministre du Logement Cécile Duflot fustige le projet de loi Macron qui n’est selon elle qu' "un catalogue fourre-tout de vieilles idées des années 1980 enfouies dans les cartons de Bercy".

"Non, la loi Macron n'est pas moderne. Elle est même d'un certain point de vue un grand bond en arrière, une occasion manquée de changer de modèle", écrit-elle.

Elle conteste le "coup de jeune pour notre sociét" représenté par le projet de loi, comme l'avait affirmé François Hollande lors de ses voeux du 31 décembre.

Un "net recul écologique"

"Beaucoup de critiques, souvent justes, ont ainsi pointé les risques sociaux du texte. Mais chose peu dite, ce projet de loi peut également marquer un net recul écologique du quinquennat", dit la responsable d'Europe Ecologie-Les Verts.

Elle juge ainsi que la partie qui vise à "simplifier" le droit de l'environnement constitue dans les faits "un passage en force".

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"La méthode proposée est dangereuse. Elle permet d'alléger par ordonnances toutes les mesures du code de l'environnement qui viendraient soi-disant gêner l'activité et la croissance"

Selon elle, le droit de l'environnement est "un droit de protection face à la logique de march".

Le projet de loi "porte aussi atteinte à la transition énergétique" avec des dispositions qui encouragent l'exportation de centrales nucléaires ou organisent la concurrence entre le rail et la route en libéralisant le transport par autocars, estime Cécile Duflot.

Le "devoir" de "mettre en échec cette loi"

L'ancienne ministre voit encore dans l'extension de l'ouverture des commerces le dimanche une "véritable régression", "une menace pour la cohésion sociale".

"La modernité réelle serait d'inventer un nouveau modèle social écologique, capable de répondre aux deux grands défis de notre époque : le dérèglement climatique et la montée des inégalités", indique-t-elle.

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"La lucidité oblige à constater que ce texte emprunte le chemin inverse. C'est pourquoi mettre en échec cette loi est un devoir pour tous ceux qui ont encore de l'espoir et veulent inventer le siècle qui vient."

Le Parti socialiste réagit

La porte-parole du Parti socialiste, Juliette Méadel, invite dans un communiqué l'ancienne ministre écologiste à agir et construire.

"Le projet de loi n'a pas été examiné au Parlement, votre énergie et vos idées sont les bienvenues pour le faire progresser", déclare-t-elle.

"A quoi cela vous servira de "mettre en échec et de refuser" ? Contribuez plutôt avec le groupe socialiste, à améliorer le texte, en l'amendant, en débattant sur le fond, en proposant plutôt qu'en détruisant... Cela sera plus constructif"

Le projet examiné à partir de fin janvier

Présenté le mois dernier en conseil des ministres, le projet de loi Macron doit être examiné à partir de fin janvier au Parlement.

Les "frondeurs" du Parti socialiste, mais aussi l'ancienne premier secrétaire Martine Aubry, ont violemment critiqué plusieurs de ses dispositions, tout particulièrement celles sur le travail du dimanche.

Des députés de l'opposition, comme les UMP Hervé Mariton et Frédéric Lefebvre, ont fait savoir qu'ils pourraient voter le texte

Source Reuters

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