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VISITE D’ÉTAT

Mexique: un partenaire de poids pour les entreprises françaises?

Le président français est en visite d’État de deux jours au Mexique. François Hollande et Enrique Peña Nieto, tous deux élus en 2012 après l’affaire Florence Cassez, souhaitent tourner la page des tensions diplomatiques pour avancer « main dans la main », selon la formule consacrée par le général de Gaulle il y a 50 ans lors de sa visite à Mexico. Si 400 entreprises françaises sont déjà présentes au Mexique, la France espère encore accroître ses échanges et investissements sur le marché mexicain, fort de 116 millions d’habitants. Une trentaine d’accords et de contrats doivent ainsi être conclus lors de cette visite.

La France espère accroître ses échanges et investissements sur le marché mexicain, fort de 116 millions d’habitants. Photo: dubassy / Shutterstock.com

Dix-huit mois après la création du Conseil stratégique franco-mexicain, né en octobre 2012 avant même que le nouveau président mexicain Enrique Peña Nieto ne soit investi, les relations franco-mexicaines ont avancé d’un nouveau pas.

400 entreprises françaises au Mexique

En visite d’État au Mexique les 10 et 11 avril, François Hollande a voulu tourner la page des tensions diplomatiques avec son partenaire économique afin de donner une nouvelle impulsion à leur coopération bilatérale. Les deux pays ont notamment décidé d’élargir les missions du Conseil stratégique, composé de grands dirigeants français et mexicains, qui ne sera plus seulement consacré au volet économique mais également aux questions politiques, sociales et culturelles.

C’est néanmoins sur le renforcement du partenariat économique que se sont penchés les deux pays lors de cette visite. Avec ses 116 millions d’habitants, un cadre macro-financier stable et une main d’œuvre qualifiée dans certains secteurs-clés, le Mexique bénéficie d’un marché non négligeable pour la France. Environ 400 entreprises françaises se sont déjà implantées au Mexique dans des secteurs diversifiés.

L’aéronautique, un secteur-clé

Avec la présence de grands noms comme Boeing, Airbus, Safran ou Bombardier, le secteur aéronautique se taille un belle part du marché mexicain. "Une des toutes premières propositions [du Conseil stratégique] a été de mettre sur pied un fonds d’investissement destiné à aider les PME et ETI [entreprises de taille intermédiaire] de la filière aéronautique à venir s’installer au Mexique", indique le journal Les Échos. "L’intérêt est double. S’il permet aux Européens, en aidant à créer une filière au Mexique, de venir produire en zone dollar, celle-ci donne la possibilité en même temps à ce pays émergent de monter en gamme et d’avoir à terme des acteurs dans la haute technologie".

Plusieurs contrats ou accord doivent ainsi être conclus. "Le premier contrat qui doit être signé entre les deux pays porte sur le secteur aéronautique, qui est un secteur en pleine croissance : il y a donc la signature d’une vente d’hélicoptères à l’armée mexicaine", explique à JOL Press Gaspard Estrada, analyste politique spécialiste du Mexique.

"Un pôle de compétitivité est également en train de se mettre en place dans la ville de Queretaro, où François Hollande doit se rendre vendredi. Ce pôle sera doté d’un fonds de 250 millions d’euros, visant à permettre aux PME françaises de s’installer au Mexique pour créer une chaîne de valeurs autour de l’aéronautique", ajoute-t-il.

Doubler les échanges commerciaux d’ici 2017

Deuxième économie du continent latino-américain, le Mexique attire de nombreux investisseurs étrangers. Si les États-Unis et la Chine sont des partenaires importants, d’autres pays européens comme l’Allemagne et l’Espagne sont également présents sur le sol mexicain. La France, de son côté, n’est pas encore parvenue à beaucoup peser dans le marché mexicain. 14ème fournisseur du Mexique, elle espère désormais doubler ses échanges commerciaux avec le Mexique, qui étaient de 4 milliards de dollars l’année dernière, d’ici à 2017.

Le Mexique, qui a connu une grave récession en 2009 suite à la crise économique, a vu sa croissance remonter en 2010 avant de retomber à 1,1% en 2013. Elle devrait cependant remonter à 3% en 2014 selon le Fonds monétaire international (FMI), suite aux nombreuses réformes structurelles prises par le gouvernement Peña Nieto.

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