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Des inquiétudes sur la qualité de l’eau en France

Dans le cadre des Etats Généraux de l’Alimentation, l’UFC-Que Choisir tire la sonnette d’alarme sur l’impact de l’agriculture productiviste sur la ressource aquatique française.

L’UFC Que-Choisir s’alarme de l’état calamiteux des rivières et des nappes phréatiques en France. Dans une campagne d’alerte intitulée "S. Eau S" Alors que débute ces jours-ci la deuxième phase des Etats généraux de l’alimentation, l’association de consommateurs pointe du doigt des décennies d’agriculture productiviste ayant eu un impact très négatif sur les réserves d’eau du territoire. Aussi, le rapport publié mardi 17 octobre demande notamment une réforme de la politique publique de l’eau et la stricte application du principe "préleveur-pollueur-payeur".

D’après le rapport, les ressources aquatiques sont dans un état "calamiteux" : "Dans la moitié du territoire français, les pesticides sont présents dans les cours d’eau à des doses supérieures à la norme autorisée dans l’eau potable". La qualité des eaux la norme de qualité nécessaire pour l’eau potable (0,1 microgramme/litre) est dépassée sur 53 % des points de mesure. C’est aussi le cas dans 31 % des nappes souterraines, qui sont pourtant plus protégées à court et à moyen terme contre ces pollutions. Et pire, "les contaminations en nitrates ont progress".

L’association avait déjà mené une première campagne d’information à ce sujet en 2005, "mais force est de constater que les dégradations environnementales sont toujours aussi massives". "Nous voulons lancer plus qu’un coup de gueule, une mobilisation citoyenne, prévient Alain Bazot, président de l’UFC-Que choisir. Nos réseaux sont très remontés : malgré les promesses, rien ne bouge dans la politique agricole qui est privilégiée par les pouvoirs publics, au contraire. La qualité de l’eau se dégrade et, le public ne s’en rend pas vraiment compte"

Malgré plans et mises en garde, "l’utilisation des pesticides a augmenté de 18 % sur les quinze dernières années", énumère Michel Debiais, administrateur national de l’UFC en charge des questions environnementales. Une politique du déni qui a un coût "astronomique" très majoritairement supporté par les consommateurs : Via leur facture d’eau, ils "payent 88 % de la redevance ‘pollution’ et 70 % de la redevance ‘prélèvement’, soit 1.9 milliards d’euros par an". Pour Michel Debiais , "cette injustice correspond à une subvention implicite à l’agriculture intensive" L’association rappelle aussi qu’il est 2,5 fois moins couteux de prévenir les pollutions que de dépolluer.

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