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La Commission européenne a ouvert lundi une enquête sur les avantages fiscaux du groupe Ikéa

Le géant suédois fait l’objet d’une enquête lancée par Bruxelles. Il est soupçonné d’avoir bénéficié d'avantages fiscaux indus de la part des Pays-Bas.

L’Union Européenne continue sa croisade contre l’évasion fiscale. Après la publication d’une liste commune de paradis fiscaux en début de mois, c’est cette fois le numéro un mondial de l'ameublement est dans le collimateur de la Commission européenne. L’organe exécutif soupçonne en effet Ikéa d'avoir bénéficié d'avantages fiscaux indus de la part des Pays-Bas.

"Nous allons procéder à un examen minutieux du traitement fiscal que les Pays-Bas ont appliqué à Inter Ikea", société qui exploite l'activité de franchise d'Ikea. La Commission européenne craint en effet que le groupe Inter Ikea ait obtenu "des avantages fiscaux, dont ne peuvent bénéficier d’autres sociétés soumises aux mêmes règles fiscales aux Pays-Bas".

"Toutes les sociétés, grandes ou petites, multinationales ou non, doivent payer leur juste part d'impôts. Les États membres ne peuvent laisser certaines entreprises payer moins d'impôts en leur permettant de transférer artificiellement leurs bénéfices ailleurs", a expliqué la Commissaire européenne Margrethe Vestager, dans un communiqué.

"La façon dont nous avons été taxés par les autorités nationales a été conforme, de notre point de vue, aux règles de l'UE", a répondu Ikea dans un communiqué à l'AFP, se disant disposé à "coopérer et à répondre aux questions des autorités néerlandaises et de la Commission européenne".

L’affaire, en réalité, n’est pas neuve. Des soupçons de traitement de faveur pèsent sur le groupe depuis deux ans. En février 2016, dans une vidéo intitulée "Taaks Avoyd", le groupe d’eurodéputés écologistes épinglaient Ikéa en parodiant les manuels de montage des meubles en kit Ikea – appliqués ici à l’évasion fiscale.

La vidéo accompagnait la sortie d’un rapport analysant en détail "la stratégie de planification fiscale agressive" du groupe suédois. Ikea aurait ainsi évité près d'un milliard d'euros de taxes entre 2009 et2014. Le groupe aurait notamment fait verser par ses magasins une forme de redevance sur leur chiffre d'affaires à une entreprise dont le siège est localisé aux Pays-Bas.

"C'est un grand succès pour les Verts car c'est nous qui sommes à l'origine de cette enquête", a réagi auprès de l'AFP Sven Giegold, eurodéputé écologiste spécialiste des questions fiscales.

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