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HORIZON 2030

Après le changement d’émir, quel avenir pour le Qatar?

Le transfert de pouvoir entre l’actuel émir du Qatar, Hamad ben Khalifa Al-Thani, et son fils le cheikh Tamim ne saurait tarder. Si la transition devrait se faire en douceur et sans rupture majeure, les années à venir s’annoncent pourtant décisives pour le Qatar, qui ne pourra plus désormais compter seulement sur ses ressources pétrolières.

Baie de Doha, Qatar © Lazy Sam / flickr-cc

En juillet 2008, le Qatar publiait un document stratégique fondateur, la "Vision Nationale du Qatar 2030". Ce plan d’avenir d’une trentaine de pages expose les ambitions, attentes et objectifs du pays pour les vingt prochaines années.

"Justice économique et sociale pour tous"

Dans le préambule, Tamim ben Hamad Al-Thani, prince héritier de l’émir, rappelle que la Vision 2030 vise à "rassembler les énergies collectives" pour faire du Qatar "un pays dynamique et prospère dans lequel il y ait une justice économique et sociale pour tous, et où la nature et l'homme sont en harmonie"

Fondée sur les "valeurs islamiques et familiales fortes" du Qatar, qui lui serviront de "boussole morale et éthique", la Vision 2030 dresse les objectifs du pays, qui devra "utiliser sagement ses ressources naturelles" et investir dans les infrastructures mondiales pour "créer une économie dynamique où le secteur privé joue un rôle de premier plan"

"Je demande à tous de travailler dur et d'utiliser votre expertise pour aider à atteindre les objectifs de la Vision 2030 et de faire progresser le développement de notre nation. Ainsi, nous allons construire un brillant avenir pour le peuple du Qatar", conclut le cheikh Tamim.

Le Qatar place ses pions

Depuis 2003, le cheikh Tamim sait qu'il succèdera un jour à son père. Et il s'y prépare activement. Président du conseil d’administration du Fonds souverain qatari, membre du Comité international olympique, commandant en chef adjoint des forces armées du Qatar… Le fils de l’émir cumule les fonctions prestigieuses, et se fait connaître sur la scène internationale – il est notamment l’actionnaire principal du club de football parisien, le Paris Saint-Germain.

Depuis une dizaine d’années, le petit État au cœur de la région du Golfe entend jouer un rôle sur la scène économique et politique internationale, au-delà des seules frontières du Moyen-Orient. Grâce à une stratégie orientée vers le soft power, aux investissements massifs dans les domaines du sport et des médias, le Qatar souhaite s’ériger comme nouvelle puissance. Afin de penser à l’après-pétrole, l’accent est donc mis sur le déploiement de nouvelles stratégies pour continuer le développement "réfléchi et durable" du pays.

Nouveaux défis

Avant 2030, le Qatar devra faire face à de nouveaux défis. Après l’organisation des Mondiaux de handball en 2015, le pays organisera la Coupe du monde de football en 2022. Et l’enjeu – sportif et politique – est de taille. Il y a quelques années, l’émir déclarait même qu’"il est plus important d’être reconnu au Comité International Olympique (CIO) qu’à l’Organisation des Nations Unies", car "tout le monde respecte les décisions du CIO".

En 2022, le monde entier aura donc les yeux rivés sur le petit État. D’ici là, le Qatar cherche avant tout à moderniser son image. Il devra donc conjuguer ses efforts avec les valeurs islamiques de la société qatarie et la vision conservatrice d’une frange de la population, qui ne voit pas forcément d’un bon œil cette modernisation accélérée.

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