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DÉBUT DU RAMADAN

La pratique du jeûne selon les différentes religions

Débute ce mardi 9 juillet le mois du ramadan pour plus d’1,5 milliard de musulmans à travers le monde. Quatrième pilier de l’islam, ce mois de jeûne est surtout considéré comme une façon de se purifier spirituellement. Une pratique commune à toutes les religions ?

Photo : Sploinga/Flickr cc.

Chez les musulmans, le "Saoum" désigne le jeûne pratiqué durant le mois de Ramadan. Le jeûne est un devoir pour tous les musulmans : "vous qui croyez, le jeûne vous est prescrit comme il l’a été à ceux qui vous ont précédé, ainsi atteindrez-vous la piét", dit le Coran. Le jeûne, dans la religion musulmane, consiste à s’abstenir de manger, de boire, de fumer et d’avoir des relations sexuelles, depuis l’aube jusqu’au coucher du soleil : "Mangez et buvez jusqu’à ce que l’on puisse distinguer à l’aube un fil blanc d’un noir. Jeûnez, ensuite, jusqu’à la nuit", peut-on lire plus loin.

L’utilité du jeûne en islam

Jeûner en arabe signifie "s'abstenir", "se retenir de". "Le jeûne préserve de l'enfer, tel un bouclier au combat", explique le prophète Mahomet,  à travers les hadiths (ensemble des traditions relatives aux actes et aux paroles de Mahomet et de ses compagnons). "Celui qui jeûne un jour pour l'amour de Dieu, sera éloigné du feu, de la distance parcourue en 70 années", ajoute-t-il plus loin.

Enfin, dans les recueils d'Abou Sonni et Abou Naim : "Une des portes de Paradis est appelée Porte de Rayane - La Porte des Rafraîchissements. Seuls ceux qui jeûnent la franchissent. Il sera dit : Où sont ceux qui jeûnaient ?  Ils se lèveront alors et entreront. Aucune autre personne ne la franchira. Elle sera refermée à jamais"

Les musulmans jeûnent pour fortifier leur volonté, calmer leurs passions et apprendre à s’en libérer. Par le jeûne, les croyants ont ainsi plus conscience de la souffrance des plus pauvres et sont appelés à se mettre à leur service pendant le mois du ramadan : "La meilleure charité est celle accomplie pendant Ramadan", souligne le Prohète. "Le jeûne et la prière de Ramadan intercéderont pour l'homme le Jour de la Résurrection", lit-on aussi dans les hadiths.

Carême chez les orthodoxes et les catholiques

"Voici ce que dit le Seigneur : Revenez à moi de tout votre cœur, avec des jeûnes, avec des larmes et des lamentations. Déchirez vos cœurs, et non vos vêtements, et revenez au Seigneur votre Dieu, car il est miséricordieux et compatissant, lent à la colère et riche en bont" C’est par ces mots que catholiques et orthodoxes entrent dans le carême. Pendant 40 jours avant Pâques, en référence aux quarante jours de jeûne effectués par Jésus-Christ dans le désert, ces chrétiens sont appelés à faire pénitence.

L'Église catholique demande aux fidèles de jeûner au minimum les jours du mercredi des Cendres, journée d’entrée dans le Carême, et du Vendredi saint, jour de la mort du Christ, trois jours avant Pâques. Par ailleurs, la tradition de manger maigre — c'est-à-dire de s'abstenir de viande et de plat à base de graisse animale — le vendredi se perpétue. L’Église orthodoxe connaît deux carêmes : le carême de Noël, du 15 novembre au 24 décembre (nommé chez les catholiques Avent ou Petit Carême), et le Grand Carême.

Pas de jeûne chez les protestants

Les églises réformées n'imposent pas de pratique de pénitence ou de jeûne. Si dans le luthéranisme on trouve parfois la recommandation de l'abstention de viande le Vendredi saint, le protestantisme n'est pas directif. Cette différence entre les protestants et les autres chrétiens tient au fait que pour eux, le salut s'obtient par la foi seule - "sola fide" - il n'est donc pas besoin d'accomplir des œuvres de pénitence en vue d'obtenir le salut.

Dans une interview, l’aumônière protestante, Isabelle Fievet, à la prison des femmes de Rennes, dans le journal La Croix expliquait en 2010 : "Le Carême ne se vit pas en général chez les protestants pour la bonne raison que, la grâce de Dieu étant gratuite, une préparation à Pâques qui passe par des privations ou autres pratiques méritoires ne se justifie pas. C’est même inconcevable pour nous"

Six jours de jeûnes chez les juifs

Il y a dans le judaïsme sept jours de jeûne. Le but de ce jeûne est d’intensifier la vie intérieure, que ce soit pour l’expiation des péchés, la commémoration de tragédies, l’accompagnement d’une prière particulière ou le souvenir du père ou de la mère. Le plus important, ordonné par la Torah, c'est Yom Kippour. Également appelé le Jour du Grand Pardon, c'est une fête juive considérée comme la plus sainte de l’année juive. C'est le jour d'expiation de tous les péchés, en mémoire de la faute du veau d'or, lorsque Moïse était sur le mont Sinaï, recevant les instructions divines, pendant qu'en bas, son peuple érigeait une idole en or.

Outre ces jeûnes collectifs obligatoires, une coutume assez répandue est de jeûner le jour anniversaire de la mort de son père et de sa mère. Les couples pratiquants jeûnent le matin de leur mariage, jusqu’à la cérémonie.

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