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RENDEZ-VOUS POLITIQUE SUR FRANCE 2

Mots croisés: la présence et l'intégration des Roms en France

L'émission de débat Mots Croisés sur France 2, lundi 30 septembre, était consacrée à la question de la présence et de l'intégration des Roms en France, aux différences culturelles entre les Roms et les Français, aux solutions envisagées pour y remédier et à la responsabilité de l'Union Européenne dans ce dossier.

Capture d'écran France 2

Le journaliste Yves Calvi a donné la parole à Marie-Arlette Carlotti, ministre déléguée aux personnes handicapées et de la Lutte contre l'Exclusion, candidate à la primaire socialiste de Marseille, Henri Guaino, député UMP des Yvelines, ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, Dominique Voynet, maire EELV de Montreuil, Gilbert Collard, député Rassemblement Bleu Marine du Gard, Rama Yade, vice-présidente de l'UDI, et Laurent El Ghozi, cofondateur du collectif RomEurope sur le sujet de la présence et de l'intégration des Roms en France, sur France 2, lundi soir, dans l'émission Mots Croisés.

Cécile Duflot et Manuel Valls : deux lignes au sein du gouvernement

Le journaliste Yves Calvi a questionné les invités sur le conflit opposant la ministre du Logement, Cécile Duflot, et le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls. En niant la volonté d’intégration d’une majorité de Roms, Manuel Valls, avait suscité la polémique, et s’était notamment attiré les foudres de la ministre écologiste qui l’avait accusé de remettre en cause « le pacte républicain ».

« Quant au président de la République, qui vous a dit qu’il n’avait pas rappelé à l’ordre ses ministres ainsi que le Premier ministre ? Vos croyez qu’il est obligé de venir sur un plateau ? Vous savez, ce n’est pas un maître d’école. Et en ce sens, j’estime qu’il revalorise la fonction de président de la République, qui avait bien été entamée précédemment par son prédécesseur », a déclaré la ministre déléguée aux personnes handicapées, Marie-Arlette Carlotti.

« Nous sommes dans un pays où plus personne ne peut rien dire. Moi j’ai écouté le ministre de l’Intérieur, je ne suis pas là pour être son avocat, mais le lynchage médiatique et politique qui s’est abattu sur lui me laisse un peu sidéré », a répondu Henri Guaino, député des Yvelines et ancien conseiller du président Sarkozy.

La vice-présidente de l’UDI et ancienne secrétaire d’Etat aux droits de l’Homme, Rama Yade, a considéré, pour sa part, que Cécile Duflot aurait dû s’en aller si elle pensait vraiment ce qu’elle a dit. Selon elle, « il ne s‘agit pas d’un couac comme on les voit dans un gouvernement régulièrement. Elle a quand même expliqué que Manuel Valls sortait des clous de la République. C’est une accusation lourde et grave qu’on ne réserve en général qu’à l’extrême-droite ».  « Le président devrait sonner la fin de la récréation ».

« Pour une fois, Manuel Valls a raison. (…) Sa vision me paraît être la plus réelle, puisque c’est d’abord la nôtre, et qu’il a raison de la reprendre », a défendu l’avocat frontiste Gilbert Collard.

Les différences culturelles, un problème insurmontable ?

Yves Calvi a également centré le débat sur les déclarations de Manuel Valls qui considère que « ces populations ont des modes de vie extrêmement différents des nôtres, et qui sont évidemment en confrontation avec les populations locales ». Pour Larent El Ghozi, Manuels Valls se trompe sur ce sujet : ce sont essentiellement les flux de pauvreté qui expliquent les différences culturelles.

Henri Guaino regrette que « la France ait renoncé à l’assimilation ». « On ne peut pas faire cohabiter des populations qui ont des codes sociaux radicalement différents (…) La République c’est le refus du communautarisme. »

Dominique Voynet, maire Europe Écologie - Les Verts de Montreuil, qui a mis en place un système d’intégration dans sa ville, a expliqué qu’elle avait dû prendre en charge une centaine de famille après un incendie. « Sur la centaine de familles, seulement une dizaine a été exclues du dispositif car ils ne respectaient pas la règle du jeu minimale, à savoir la scolarisation de leurs enfants, le paiement d’un loyer, le bilan professionnel, et le respect de leurs voisins. »

Le rôle de la Roumanie et de l’Union Européenne

« Ils sont quinze à vingt mille, et donc ce n’est pas un problème insurmontable ». « La question de l’Union Européenne ne doit pas être négligée (…) Le problème c’est la Roumanie qui n’a pas assumé ses responsabilités, et l’UE qui a fait entrer la Roumanie en catimini sans lui demander d’abord de régler le problème des Roms », a expliqué Rama Yade.

« Il faut voir ce qu'est le droit européen : on dit libre circulation, mais la libre-circulation, c'est celle des travailleurs, ou celle des étudiants. (...) Au bout de trois mois, vous ne pouvez rester que si, soit vous disposez de ressources suffisantes, soit si vous avez un contrat de travail », défend Henry Guaino.

« Moi je pense que la France est parfaitement capable d’intégrer progressivement quinze à vingt mille personnes dont 43% d’enfants », a conclu Laurent El Ghozi.

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