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DANS LE DAILY TELEGRAPH

«Credit crunch»: comment la crise a changé le quotidien des British?

Il y a quatre jours, vendredi 9 août, la crise économique ou, plus précisément, le « credit crunch » - resserrement du crédit – comme ils disent les Grand-Bretons, a fêté ses six ans. Happy Birthday le « credit crunch » !

Pour « célébrer » l’occasion, Harry Wallop, journaliste économique au Daily Telegraph de Londres, s’est livré à un exercice des plus intéressants : armé d’une dose d’humour « so British », il s’est demandé en quoi la crise avait pu bouleverser les modes de vie outre-Manche.

"Dinez à la maison à deux pour 10 livres" - une offre spécial de Marks & Spencer (crédit: M&S)

Les faits sont connus mais pourquoi ne pas les rappeler… Le 9 août 2007, BNP Paribas empêchait, unilatéralement, ses investisseurs de retirer leurs fonds. Cette décision inattendue est le premier signe d’un resserrement du crédit – le fameux "credit crunch". Juste un mois plus tard, Northern Rock s’effondrait et, pour la première fois en 150 ans, on assistait à une panique bancaire au Royaume-Uni.

La suite du scénario outre-Manche est connue… Le resserrement du crédit est devenu une crise financière qui s’est elle-même métamorphosée en une terrible et profonde récession. Les entreprises ont fait faillite, le chômage s’est envolé – et ceux qui sont parvenus à conserver leurs jobs ont dû consentir à des gels de salaire conséquents et sans précédents. Les taux d’intérêt ont été taillés en pièces et les épargnants ont frôlé la ruine.

Le 9 août 2007 marque le début d’une ère d’incertitude et d’austérité, une ère qui, sans doute, a changé le monde. C’est la thèse d’Harry Wallop.

Pour la démontrer, le journaliste du Daily Telegraph apporte quinze preuves. Une démonstration cocasse mais des plus sérieuses. Jugez par vous-mêmes…

1 The £10 Friday feast ou le diner coquet du vendredi soir à 10 livres (13 euros)

Le "credit crunch" serait ainsi une heure de gloire pour les micro-ondes. Plutôt que se rendre le vendredi soir au restaurant, les Britanniques préfèrent désormais rester à la maison, quitte à y recevoir des amis. Les supermarchés – et Marks & Spencer en premier lieu – ont, dès lors, multiplié les offres "tout compris", un plat et une bouteille de vin pour 10 livres. Une aubaine pour les classes moyennes.

2 Bricks and marriage ou la pierre et les mariages

 Les maisons anglaises auraient, elles aussi, subi les conséquences du "credit crunch" mais sans doute pas comme on pourrait spontanément l’imaginer. Plutôt que de déménager pour vivre dans un plus grand espace – malgré l’effondrement du marché de l’immobilier -, les Anglais ont préféré engager des travaux d’aménagement de l’espace qu’ils occupent et c’est ainsi que vérandas, extensions en tout genre, aménagements des combles, etc. se sont multipliés, modifiant l’aspect physique de nombreuses habitations. C’est le style "credit crunch".

Parallèlement, le "credit crunch" pourrait expliquer une réduction de 23% du taux de divorce. Plutôt que de se payer un coûteux divorce, bien des couples en difficulté ont sans doute préférer se rappeler qu’ils s’étaient promis fidélité et assistance "pour le meilleur et pour le pire". Pour le meilleur et pour le "credit crunch"…

3 Sobriety – ou sobriété…

Au cours des six dernières années, la consommation d’alcool serait passée de 9,2 litres d’alcool pur par Britannique et par an en 2007 à "seulement" 8 litres en 2012. La raison, la hausse des prix et la baisse des revenus – et une TVA passée de 17,5% à 20%.

Harry Wallop pour sa liste : la pollution de l’air aurait diminué, la mode serait au jardinage utile – fruits et légumes -, la fréquentation des dentistes en aurait pris un sacré coup, les restaurants ne vendraient quasiment plus de desserts… En hausse aussi, la durée des publicités à la télévision, le nombre d’animaux abandonnés ou la vente de robes de chambre pour les soirées économiques à la maison… En baisse, la consommation de bains moussants et…

15 La fréquentation des prostituées…

D’après le conseil municipal de Westminster et le ministère de la santé, les prostituées auraient été contraintes de diminuer de moitié leurs tarifs. On imagine que les clients auront apprécié…

Il faudra désormais attendre un retournement durable de la conjoncture pour savoir ce qu’il restera de ces nouvelles, plus ou moins bonnes, habitudes.

> Lu dans le Daily Telegraph

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