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DE PROFUNDIS

La Santa Maria de Christophe Colomb, au panthéon des épaves retrouvées

Contrairement à l’épave du vol MH 370 de la Malaysia Airlines, celle de la Santa Maria, navire de Christophe Colomb au 15ème siècle, aurait été localisée ! Reposant au fond de l’eau depuis plus de 500 ans, la caravelle refait surface, pour le plus grand bonheur des archéologues…

Réplique de la Santa Maria, navire de Christophe Colomb, à Madère - Photo Mijori / Flickr cc

1492. Christophe Colomb, en quête d’une nouvelle route vers les Indes, voit surgir de la brume des collines recouvertes d’un épais manteau de verdure. Les Bahamas – puis Haïti – et donc l’Amérique, sont ainsi découvertes par le navigateur italien. Une étape fondamentale de l’Histoire, qui résonne encore à nos oreilles, mise en scène par l’ineffable musique de Vangelis dans le film de Ridley Scott (1992).

D’après The Independent, l’équipe de l’archéologue sous-marin Barry Clifford a localisé le navire au nord de la côte haïtienne. Si cette découverte venait à être confirmée, il s’agirait d’un événement capital. Véritable symbole des explorations de l’époque, le bateau pourrait générer un tourisme lucratif, notamment pour la plongée sur épaves. Par ailleurs, la valeur historique du voilier est inestimable.

Les épaves mythiques

La Santa Maria n’est pas le premier bateau mythique à être remis en lumière. Véritable business, la chasse aux épaves a permis de mettre à jour certains navires chargés d’histoire – ou de richesses. Ainsi, en 1907, un navire marchand grec datant du 1er siècle est "retrouv" à quelques kilomètres au large de la ville tunisienne de Mahdia.

Néanmoins, les épaves les plus illustres sont remontées à la surface bien plus récemment. En 1985, le paquebot le plus célèbre du 20ème siècle est repéré par plus de 3 800 mètres de fond en Atlantique Nord. Véritable objet de fantasme, le Titanic repasse de l’ombre à la lumière, de la glace des mers boréales au feu des projecteurs. Le souffle tragiquement romanesque qui entoure son naufrage et les nombreuses fictions qu’il a inspirées ont forgé un imaginaire dramatique et puissant autour de cette épave.

En 1996, les débris du Queen Anne’s Revenge, le fameux navire du pirate anglais Barbe-Noire, sont identifiés dans la crique de Beaufort, en Caroline du Nord. Après avoir écumé les caraïbes, le farouche marin aurait lui-même fait échouer son propre galion en 1718 pour échapper à ses poursuivants.

Enfin, si elle n’est pas la plus médiatique, la découverte de l’épave de l’Astrolabe, en 2007, est sans doute la plus importante au regard de sa portée historique. Surtout pour la France. Affrétée en 1785 à l’initiative du Roi Louis XVI en même temps que la Boussole, le navire d’exploration disparut autour des îles Salomon trois ans plus tard. La plupart des membres de l’expédition commandée par Jean-François de La Pérouse fut massacrée par des indigènes, quand le reste périt du scorbut. Les deux épaves sont identifiées à quelques encablures de Vanikoro une première fois en 1827, une seconde en 1964. Elles sont – enfin – formellement identifiées en 2005 grâce à un sextant caractéristique retrouvé dans l’épave de la Boussole.

D’autres chasses épiques

La liste des épaves qu’il reste à découvrir est longue. Très longue. En revanche, certaines quêtes frappent par leur mystère, ou les difficultés qui les entourent. A ce titre, les recherches actuelles pour retrouver les restes du vol MH 370 de la Malaysia Airlines – disparu le 8 mars dernier – sont exceptionnelles. Par leur coût, le plus élevé dans l’Histoire de l’aviation. Mais surtout par leur infructuosité, au siècle des images satellites, de l’ultra-communication et des sonars perfectionnés. Comment peut-on retrouver un navire en bois vieux de plus de 500 ans et perdre la trace d’un avion bardé d’instruments de mesure et de transmission ?

Il est enfin une quête à ranger au rayon des obstinations, des théories du complot et du droit à l’information. Elle est l’œuvre de Bill Warren, un chasseur d’épaves américain renommé. Depuis 2011, il compte bien prouver aux sceptiques – et accessoirement au monde entier – qu’il peut retrouver…le corps d’Oussama Ben Laden ! Dans le but de mettre fin aux théories qui remettent en cause son décès et son lestage dans les profondeurs de la Mer d’Arabie. Depuis 2011, il tente donc de mettre sur pied des plongées, pour un coût de plusieurs centaines de milliers de dollars, afin de localiser le cadavre et, du moins, prélever une trace d’ADN du défunt terroriste.

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